PARIS : Santé mentale – France 2 donne la parole à un…
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PARIS : Santé mentale – France 2 donne la parole à une jeunesse en souffrance
L’émission ‘Ça Commence Aujourd’hui’ du 6 mai sur France 2 abordera la santé mentale des jeunes, un enjeu de société majeur.
La santé mentale des adolescents et des jeunes adultes s’impose comme un défi sociétal de premier plan. Anxiété, harcèlement, troubles alimentaires, phobies ou surexposition aux crises mondiales dessinent le contour d’une souffrance souvent invisible, alimentée par la pression sociale et un environnement de plus en plus anxiogène.
Pour briser le silence, l’émission « Ça Commence Aujourd’hui », présentée par Faustine Bollaert sur France 2, consacrera son édition du mercredi 6 mai prochain à ce sujet crucial. Intitulée provisoirement « Angoisses des ados : comment les accompagner dans ce monde qui les inquiète tant ? », elle donnera la parole à trois jeunes qui témoigneront de leur combat quotidien. Ils seront accompagnés en plateau par les experts Natacha Espié, psychologue, et Laurent Karila, psychiatre, ainsi que par Miel, créatrice de contenu et cofondatrice d’un projet dédié à la santé mentale.
Mathéo, 17 ans : l’anxiété et l’agoraphobie comme quotidien
Le parcours de Mathéo, scolarisé à domicile en Haute-Savoie, illustre l’impact profond du harcèlement scolaire sur le long terme. Son témoignage révèle des angoisses multiples qui entravent sa vie de tous les jours.
« Depuis plusieurs années, je souffre d’anxiété qui se manifeste de différentes manières. D’abord par de l’agoraphobie : j’ai peur de sortir de chez moi ne serait-ce que pour faire quelques mètres. Je suis aussi très angoissé par l’actualité, surtout par la guerre et je souffre d’hyper vigilance : dans la rue je fais attention à tout ce qui pourrait se passer. Ces troubles se sont développés car j’ai vécu du harcèlement quand j’étais petit, à l’école primaire. Je suis un traitement pour le TDAH depuis 3 ans qui améliore mon état, et le fait de parler m’aide beaucoup, ça m’enlève un poids, c’est pourquoi témoigner dans Ça Commence Aujourd’hui serait à la fois un défi mais aussi une grande fierté ».
Louise, 19 ans : de l’anorexie à la reconstruction
Pour Louise, étudiante en hôtellerie à Strasbourg, la pression liée à la performance scolaire et à l’avenir a été le déclencheur d’un trouble alimentaire sévère, qui cachait un mal-être plus profond.
« En classe de terminale, la pression a commencé à être trop forte : la perspective des examens et de l’avenir, c’était trop… J’avais peur d’échouer et de rater ma vie (…). C’est là que l’anorexie est arrivée, j’avais perdu 20 kilos et j’étais méconnaissable. J’ai été hospitalisée en unité psychiatrique. J’ai repris un peu de poids mais ma tête, elle, n’était pas soignée du tout. J’avais des idées noires en permanence, j’avais peur d’affronter le monde extérieur (…) Je me suis accrochée et j’ai malgré tout décroché mon bac avec mention, ça a été ma plus grande victoire. Ensuite j’ai fait une année de service civique dans un ehpad et ça a été une vraie révélation. Ce travail m’a permis notamment de sortir du cadre scolaire. Aujourd’hui, ma santé mentale est toujours fragile mais je me sens mieux ».
Lycia, 20 ans : le poids du militantisme et du harcèlement
Animatrice à Marseille, Lycia décrit comment le harcèlement scolaire et une hypersensibilité face aux violences du monde l’ont conduite à un état de détresse psychologique extrême.
« J’ai été victime de harcèlement scolaire, des gens m’avaient fait une sale réputation et c’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser à la condition des femmes. Je suivais énormément de comptes militants, je faisais toutes les manifestations. J’avais l’impression que ces drames pouvaient arriver à ma propre mère, ou à moi-même. J’avais des ruminations constantes, du mal à dormir, je faisais des cauchemars, des crises d’angoisse. J’ai fini par faire une tentative de suicide. Tout s’accumulait : le passé au collège, une rupture amoureuse, ma fragilité, mon hypersensibilité… Je voyais des images d’horreur et je n’arrivais pas à me raisonner. Je culpabilisais de vouloir me préserver alors que d’autres vivaient ça. Aujourd’hui, j’essaie de trouver un équilibre (…) je suis toujours engagée mais je réussis à prendre de la distance pour ne plus me laisser consumer. »
Un combat pour rendre visible l’invisible
Ce besoin de libérer la parole est également porté par Miel, 18 ans, créatrice de contenu et cofondatrice de l’application Lyynk. Touchée personnellement par ces problématiques, elle a fait de la santé mentale des jeunes son combat.
« Je suis créatrice de contenu sur les réseaux depuis que j’ai 10 ans (…) mais aujourd’hui, mon titre le plus important est celui de cofondatrice d’un projet pour la santé mentale des jeunes. Si ce sujet me touche autant, c’est parce que je me reconnais profondément en eux. J’ai moi-même traversé des périodes de doute, de solitude et j’ai tenté d’en finir. Très tôt, j’ai compris que ces souffrances étaient souvent invisibles, et pourtant tellement dévastatrices. Aujourd’hui, mon combat, c’est de faire de la santé mentale une priorité et non pas un sujet honteux (…) parce que derrière chaque jeune en difficulté, il y a une vie qui mérite d’être entendue. »
Ces témoignages poignants soulignent l’urgence d’une écoute collective et d’un accompagnement adapté pour une génération confrontée à des défis inédits.


