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PARIS : Entrepreneuriat – La performance redéfinie, la créativité prime sur la rentabilité

Une étude OpinionWay pour CCI France et le MEDEF révèle que les Français redéfinissent la réussite entrepreneuriale, privilégiant la créativité et l’épanouissement.

PARIS – Alors que la France a enregistré un nombre record de créations d’entreprises en 2025, une nouvelle vision de la réussite entrepreneuriale émerge. Loin de se limiter aux seuls indicateurs financiers, les Français plébiscitent désormais la créativité, l’épanouissement personnel et l’ancrage territorial. C’est ce que révèle une vaste enquête OpinionWay, commandée par CCI France et le MEDEF à l’occasion de l’événement GO Entrepreneurs 2026, et menée en février auprès d’un échantillon représentatif de plus de 1 000 personnes.

Un désir d’entreprendre au plus haut depuis la crise sanitaire

L’envie de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale n’a jamais été aussi forte. L’étude indique que 29 % des Français envisagent de créer, de reprendre une entreprise ou de se mettre à leur compte, un chiffre en hausse de 8 points depuis 2021 et qui retrouve pour la première fois son niveau d’avant la crise du Covid-19. Rapporté à la population adulte, cela représente un vivier de près de 15,7 millions d’entrepreneurs potentiels.

Cet élan est particulièrement prononcé chez les jeunes générations : 53 % des 18-24 ans et 48 % des 25-34 ans se disent prêts à franchir le pas. La volonté de concrétiser ce projet est également forte, puisque plus de la moitié de ces aspirants (52 %) souhaitent se lancer dans les deux prochaines années, soit un potentiel de 8,1 millions de nouvelles activités à court terme.

Un entrepreneuriat ancré en France et en proximité

L’attachement au territoire national est un marqueur fort de cette nouvelle vague entrepreneuriale. Une écrasante majorité des sondés (83 %) choisirait la France pour y implanter son activité, contre seulement 16 % qui opteraient pour l’étranger.

Cette préférence pour l’Hexagone se double d’une logique de proximité. Si l’Île-de-France (12 %), la Provence-Alpes-Côte d’Azur (10 %) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (10 %) forment le trio de tête des régions les plus attractives, l’analyse détaillée montre que les entrepreneurs privilégient avant tout la région où ils résident déjà. Ce phénomène témoigne d’une volonté de dynamiser son propre environnement et de s’inscrire dans une économie locale.

La performance réinventée : l’humain avant le profit

Le changement le plus significatif mis en lumière par l’étude réside dans la redéfinition même de la performance. Interrogés sur ce qui caractérise un entrepreneur « performant », les Français placent la créativité et la capacité à innover en première position (49 %), juste devant le sentiment d’être heureux et épanoui (48 %). La capacité à préserver un équilibre de vie (39 %) et le niveau de rémunération (39 %) arrivent ensuite à égalité.

Cette hiérarchie des valeurs se reflète dans les attentes vis-à-vis des entreprises. Une large majorité (78 %) estime que la performance doit être mesurée à l’aune de critères extra-financiers comme la satisfaction des clients, la résilience ou l’utilité réelle du service. Les critères purement financiers (rentabilité, croissance du chiffre d’affaires) ne sont cités que par 64 % des répondants. De plus, 52 % des Français se déclarent prêts à accepter une baisse de revenus pour créer une entreprise à impact social ou environnemental positif.

Les freins psychologiques et un sentiment de dévalorisation

Malgré cet enthousiasme, des obstacles importants demeurent. Le principal frein reste la peur de l’instabilité financière, citée par 53 % des personnes interrogées. Cependant, les barrières psychologiques pèsent lourd : 28 % évoquent le sentiment de « ne pas être fait pour ça », tandis que 57 % avouent que la peur de ne pas être assez performant les freine. Ce syndrome de l’imposteur est particulièrement visible chez les plus jeunes.

Enfin, l’étude révèle un paradoxe français : alors que l’entrepreneuriat est en plein essor, deux tiers des sondés (65 %) estiment que la France ne valorise pas suffisamment la contribution des entrepreneurs à l’économie et à la société. Ce sentiment de manque de reconnaissance, couplé à une vision de la performance qui reste indissociable de la dimension humaine – 72 % pensent qu’une intelligence artificielle ne pourrait pas être un entrepreneur performant –, dessine les contours d’un écosystème en pleine mutation, en quête d’un modèle de réussite plus complet et plus humain.

L’étude complète est disponible sur le site de GO Entrepreneurs (https://www.go-entrepreneurs.com/fr/paris). Le réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie (https://www.cci.fr) et le MEDEF (https://www.medef.com) sont les commanditaires de cette enquête.