PARIS : José CASTANO : « Adieu ma France, qui te sauvera ? »
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PARIS : José CASTANO : « Adieu ma France, qui te sauvera ? »
Dans une tribune intitulée « La France de mon enfance », l’auteur José Castano livre une vision nostalgique et amère de la France actuelle.
Dans un texte empreint d’une profonde mélancolie, l’essayiste José Castano dresse le portrait d’une France qu’il ne reconnaît plus, une nation qui aurait, selon lui, renié son histoire, ses valeurs et son âme.
Sa tribune s’ouvre sur une citation du Général Marcel Bigeard, qui donne le ton d’une réflexion crépusculaire : « Adieu ma France… Tu n’es plus celle que j’ai connue, le pays du respect des valeurs, de l’hymne et du drapeau […]. Mais qui te sauvera ? ».
Une France idéalisée, Mère Patrie d’une enfance fraternelle
L’auteur évoque d’abord son enfance, de l’autre côté de la Méditerranée, où la France apparaissait comme un « pays de lumière, un mirage chatoyant ».
Il se souvient d’une fierté partagée avec ses camarades de jeux, « les Mohamed, les Levy », unis dans un même amour pour une Mère Patrie idéalisée.
Cette France, c’était celle des livres d’histoire, « constellée de gloires, peuplée de saints et de rois, de héros surgis des brumes du temps ».
En classe, raconte-t-il, les élèves vibraient à l’unisson pour les figures héroïques nationales.
« Nous encouragions Vercingétorix et Jeanne d’Arc de toutes nos petites forces […] à chasser l’envahisseur hors des frontières sacrées », écrit-il. Cet amour filial, instinctif et absolu, transcendait les pages sombres de l’Histoire, car « un enfant ne dresse pas la liste des défauts de sa mère […]. Elle est sa mère, donc elle est parfaite ».
De l’effondrement de 1940 à l’abdication des valeurs
Selon José Castano, cette vision enchantée a commencé à se fissurer avec une série de traumatismes nationaux.
Il cite « l’effondrement de 1940 », suivi par ce qu’il perçoit comme l’oubli du rôle de l’Armée d’Afrique, la chute de l’Indochine et « l’agonie de l’Algérie française » culminant avec « l’exode d’un peuple déraciné ».
Ces événements marquent pour lui le début d’un cycle de renoncements.
« Depuis, nous sommes ivres, non de gloire, mais de défaites accumulées, de reculs successifs, d’abandons en cascade », déplore-t-il.
Il décrit une France qui aurait tout abandonné : « nos certitudes, nos repères, nos héritages ». Une nation qui, selon ses mots, « se déchire de sa propre main ».
La faillite des élites et la perte de confiance
Face à cette succession de désillusions, le peuple se serait réfugié dans une « citadelle de pierre », endurcissant son cœur pour ne plus souffrir. L’auteur fustige une classe politique qu’il juge responsable de cette déliquescence.
« Le temps des imposteurs est revenu, vêtu de mensonges et de vanités », accuse-t-il, dénonçant promesses non tenues, reniements et scandales.
Il interpelle directement les présidents successifs, de Valéry Giscard d’Estaing à Emmanuel Macron, leur reprochant d’avoir, sous couvert de « diversité, d’inclusion et de « vivre ensemble » », laissé s’installer un « laxisme judiciaire » et une « immigration mal maîtrisée ».
Le résultat, selon lui, est la transformation de quartiers paisibles en « zones de délinquance où la populace inculte et grossière règne en maître ».
Il conclut ce réquisitoire par un constat d’épuisement : « Il ne reste en nous qu’une lassitude immense, un découragement sans fond ».
Une nation en quête de sens, entre repentance et vide spirituel
José Castano s’interroge sur la transmission des valeurs fondamentales.
« Nous parle-t-on encore de Patrie ? Ose-t-on seulement enseigner à nos enfants ce que ce mot sacré signifie ? ».
Il cite Joseph de Maistre pour dénoncer une histoire officielle qu’il estime falsifiée : « L’Histoire, depuis trois cents ans, n’est qu’une conspiration contre la vérité ».
L’auteur critique également ce qu’il nomme le « mythe d’une culpabilité nationale perpétuelle », une culture de la repentance et de l’autoflagellation qui empêche la France d’assumer son passé.
Il convoque Péguy pour qui « il y a des contritions plus sales que les péchés ».
Cette perte de fierté s’accompagnerait d’un vide spirituel, illustré par une prophétie de Chateaubriand : « Déchristianisez la France, vous aurez l’Islam ! ».
Pour Castano, la France a « déserté ce qu’elle était, offrant le vide en héritage ».
Empruntant au philosophe Pierre Manent un diagnostic final, il affirme que « la France n’a pas été vaincue, elle s’est rendue ».
Sa tribune se clôt sur une interrogation angoissée, écho de la citation liminaire, laissant le lecteur face à une nation décrite comme « méconnaissable, fragmentée […] sans mémoire, sans repères ».
Et cette question en suspens : « Oui… ma France… Toi que nous avons tant aimée… Qui te sauvera ? ».
via Press Agence.


