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BORDEAUX : Jean-François FAURE : « Or et cryptos : déclarer ses actifs est un enjeu fiscal majeur »
À l’aube de la déclaration d’impôts, le spécialiste Jean-François Faure décrypte les obligations fiscales liées à l’or et aux cryptomonnaies.
La campagne 2026 de déclaration des revenus s’ouvre prochainement et, avec elle, son lot d’interrogations pour de nombreux contribuables. Face à un intérêt grandissant pour les actifs alternatifs comme l’or physique et les cryptomonnaies, la question de leur imposition devient centrale. Pour beaucoup, le passage de l’investissement à la déclaration fiscale reste une zone d’ombre, source d’erreurs potentielles. Jean-François Faure, PDG de la plateforme AuCoffre (https://www.aucoffre.com/), spécialisée dans l’achat et la conservation de métaux précieux et d’actifs numériques, alerte sur les pièges à éviter et livre ses conseils pour aborder cette étape en toute sérénité.
Un engouement croissant pour les actifs alternatifs
L’attrait pour l’or et les cryptomonnaies ne se dément pas chez les particuliers. Selon Jean-François Faure, ce phénomène s’explique par une conjonction de facteurs. « Nous observons une quête de diversification et de protection du patrimoine face à l’inflation et aux incertitudes économiques. L’or, valeur refuge par excellence, rassure par sa matérialité et sa résilience historique », analyse-t-il. « Les cryptomonnaies, quant à elles, attirent une population plus jeune, séduite par l’innovation technologique et le potentiel de rendement élevé, malgré une volatilité importante ». Cette démocratisation de l’investissement entraîne mécaniquement une augmentation du nombre de contribuables concernés par des obligations déclaratives spécifiques, souvent méconnues.
Déclaration fiscale : un casse-tête pour les néophytes
La principale difficulté réside dans la compréhension des règles fiscales propres à chaque classe d’actifs. « L’erreur la plus fréquente est l’omission pure et simple. Certains investisseurs pensent, à tort, que la nature décentralisée des cryptomonnaies ou la détention physique de l’or les exonère de toute déclaration. C’est une grave méprise », insiste Jean-François Faure. Il rappelle que seules les plus-values réalisées sont imposables. La simple détention d’or ou de cryptomonnaies n’entraîne pas de fiscalité, mais toute cession contre une monnaie fiduciaire (comme l’euro) ou son utilisation pour acheter un bien ou un service doit être déclarée. Pour les cryptomonnaies, les plus-values sont soumises par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %. Pour l’or d’investissement, le contribuable a le choix entre une taxe sur les plus-values de 36,2 % (avec un abattement pour durée de détention) ou une taxe forfaitaire sur le capital total de la transaction. « La complexité des calculs, notamment pour tracer le prix d’acquisition de chaque fraction de cryptomonnaie, est un autre écueil majeur qui peut conduire à des déclarations erronées », ajoute le dirigeant.
Vers une fiscalité en constante évolution
Le cadre réglementaire et fiscal des actifs numériques est un domaine en pleine construction. Les autorités françaises et européennes renforcent progressivement les dispositifs pour mieux encadrer ces nouveaux marchés et lutter contre la fraude. « Il ne faut pas s’imaginer que ces actifs évoluent dans un vide juridique. La traçabilité s’améliore constamment et l’administration fiscale dispose d’outils de plus en plus performants », prévient le PDG d’AuCoffre. Les échanges d’informations entre les plateformes et les États se systématisent, rendant toute tentative de dissimulation de plus en plus risquée. Il est donc impératif pour les investisseurs de se tenir informés des évolutions législatives pour rester en conformité.
Conseils pratiques pour une déclaration sereine
Pour éviter les mauvaises surprises, Jean-François Faure recommande une approche rigoureuse et proactive. « Le premier conseil est de tenir un registre précis de toutes les transactions : date, nature de l’opération, prix d’achat et de vente, frais engagés. Cette discipline est la clé d’une déclaration juste ». Il est également essentiel de conserver tous les justificatifs. Pour les cas complexes, le recours à un expert-comptable ou un avocat fiscaliste peut s’avérer un investissement judicieux. « Enfin, en cas de doute, la transparence est toujours la meilleure option. Il vaut mieux déclarer spontanément une situation, même imparfaitement, que de risquer un redressement fiscal assorti de pénalités importantes », conclut-il. La période déclarative doit être anticipée comme une étape à part entière de la stratégie d’investissement, garantissant à la fois la conformité légale et la pérennité de son patrimoine.

