PARIS : Souffrance psychique au travail – Le Sénat se…
Partager :

PARIS : Souffrance psychique au travail – Le Sénat se saisit du dossier via une mission d’information
Le Sénat examine la souffrance psychique au travail via une mission qui auditionnera la Direction générale du travail le 8 avril prochain.
Face à une augmentation préoccupante des cas d’épuisement professionnel, le Sénat a lancé, à l’initiative du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE), une mission d’information intitulée « La souffrance psychique au travail : un défi sociétal et collectif à relever ». Présidée par la sénatrice des Landes Monique Lubin (SER) et ayant pour rapporteure Annick Girardin (RDSE – Saint-Pierre-et-Miquelon), cette mission a débuté ses travaux le 4 février 2026 avec l’ambition de dresser un état des lieux complet et de proposer des solutions concrètes.
Un mal-être professionnel en augmentation
Les récents bouleversements dans l’organisation du travail, accélérés par la crise sanitaire, ont mis en lumière une dégradation de la santé mentale des actifs. Selon les constats de la mission, plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : le délitement des collectifs en entreprise, les injonctions contradictoires subies par les employés, les conflits de valeurs ou encore une fragilité psychologique générale exacerbée.
Le travail, traditionnellement perçu en France comme un vecteur d’accomplissement personnel, peut désormais conduire à des situations de « burnout ». Ce dernier est défini comme un épuisement à la fois physique, émotionnel et mental, résultant d’un surinvestissement professionnel devenu préjudiciable à la santé. La mission sénatoriale souligne que ce phénomène touche tous les secteurs, affectant aussi bien les salariés du privé que les agents de la fonction publique et les travailleurs non-salariés.
Prévenir, accompagner et reconnaître
Les objectifs de la mission d’information sont multiples. Il s’agit d’abord d’examiner en profondeur l’appréhension de ce risque par les entreprises, les pouvoirs publics et le système de santé. Les travaux porteront sur l’évaluation des politiques de prévention mises en place, mais aussi sur les modalités d’accompagnement des victimes pour faciliter leur maintien ou leur retour à l’emploi.
Un point central des investigations concernera les conditions de reconnaissance de l’épuisement professionnel comme maladie professionnelle. Actuellement, cette reconnaissance n’est possible qu’au cas par cas, via une procédure dérogatoire complexe impliquant un comité régional. La mission explorera les pistes pour une meilleure prise en charge, en s’appuyant sur l’écoute des victimes, les bonnes pratiques nationales et les exemples étrangers, tout en rappelant que la dimension professionnelle de ce trouble multifactoriel reste prédominante et engage la responsabilité des employeurs.
Des auditions clés pour éclairer les débats
Pour nourrir sa réflexion, la mission d’information procédera à une série d’auditions. La prochaine session se tiendra le mercredi 8 avril 2026 et verra se succéder des acteurs majeurs de la régulation du travail.
À 16 h 30, la mission entendra Christelle Akkaoui, sous-directrice des conditions de travail, de la santé et de la sécurité au travail, ainsi que Quentin Boucher, chef du bureau des acteurs de la prévention en entreprise, tous deux de la Direction générale du travail (DGT).
Puis, à 17 h 30, ce sera au tour de Philippe Charpentier, chef du service des politiques sociales, salariales et des carrières, et d’Alexis Dousselain, chef du département de l’organisation, des conditions et du temps de travail, représentant la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP).
Ces auditions, ouvertes à la presse, pourront être suivies en direct et seront disponibles en vidéo à la demande sur le site internet du Sénat. L’ensemble des informations relatives à la mission y est également consultable.
via Presse Agence.


