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PARIS : Me Lèguevaques : « Un système de rente privée au dé…

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PARIS : Me Lèguevaques : « Un système de rente privée au détriment de l’intérêt général »

Face à des hausses de péages jugées excessives, la plateforme MyLeo lance une action collective inédite visant le remboursement des automobilistes.

Les tarifs des péages autoroutiers connaissent une augmentation continue depuis plusieurs années, avec des hausses de +4,75 % en 2023, +3 % en 2024, et des augmentations plus modérées de +0,92 % en 2025 et +0,86 % en 2026. Dans un contexte économique où le pouvoir d’achat est une préoccupation majeure, la légalité de ces augmentations successives est aujourd’hui remise en question. Une nouvelle action collective, baptisée Péage Autoroute (https://myleo.legal/fr/products/peage-autoroute) et orchestrée par la plateforme juridique MyLeo, a été lancée ce jour pour permettre aux usagers d’obtenir la restitution des sommes qu’ils estiment indûment perçues par les sociétés concessionnaires.

Un quasi-monopole aux profits records

Le réseau autoroutier français, qui s’étend sur 12 379 km, est majoritairement exploité par des acteurs privés. Trois grands groupes, Vinci, Eiffage et Abertis, issus de la privatisation des années 2000, contrôlent à eux seuls 72 % du réseau, soit plus de 9 000 km d’autoroutes concédées. Cette situation de quasi-monopole a permis de générer des bénéfices jugés excessifs par plusieurs institutions publiques. La Cour des comptes a ainsi pointé une « surrentabilité », le Sénat un « déséquilibre persistant » en faveur des concessionnaires, et l’Inspection générale des finances une « rémunération excessive du capital ».

Les chiffres publiés sont éloquents : depuis 2006, ces sociétés ont généré un chiffre d’affaires cumulé estimé entre 170 et 180 milliards d’euros, pour des bénéfices nets compris entre 40 et 50 milliards. Pour la seule année 2023, le secteur a enregistré 12,3 milliards d’euros de revenus, dont 3,8 milliards ont été redistribués aux actionnaires sous forme de dividendes. Les projections indiquent que jusqu’à 76 milliards d’euros supplémentaires pourraient être versés d’ici la fin des concessions en 2036.

Un coût direct pour des millions d’usagers

Cette rentabilité a un coût direct pour les 14 millions de conducteurs abonnés au télépéage, qui permet de tracer précisément les dépenses. Les usagers réguliers, tels que les actifs effectuant des trajets domicile-travail, les professionnels de la route ou les transporteurs, sont les plus pénalisés. Parmi eux, environ 1,82 million de « gros rouleurs », parcourant plus de 20 000 km par an, voient leur budget péage atteindre en moyenne 780 euros annuels, soit près de 3 900 euros sur une période de cinq ans.

« Les péages ne sont que la partie visible du problème. Derrière les hausses successives, se met insidieusement en place un système de rente privée au détriment de l’intérêt général et du portefeuille des automobilistes », déplore Me Christophe Lèguevaques, avocat au Barreau de Paris et fondateur de la plateforme MyLeo.

Une base juridique jugée fragile

L’action collective ne conteste pas le principe du péage, mais les modalités de calcul de ses augmentations. Le mécanisme repose sur une indexation quasi automatique sur l’inflation, une pratique généralement interdite en droit français. Une exception a été introduite spécifiquement pour les péages autoroutiers en 2013, mais ses détracteurs estiment qu’elle manque d’un encadrement juridique solide. De plus, l’action soulève un manquement présumé des sociétés concessionnaires à leurs obligations d’inventaire des investissements, lesquels sont censés justifier une partie des hausses de tarifs mais seraient insuffisamment documentés.

Une action collective pour rééquilibrer le rapport de force

Face à ce constat, l’action collective a pour triple objectif de dénoncer les failles du système, de permettre aux usagers, particuliers comme professionnels, d’obtenir le remboursement des sommes considérées comme trop-perçus, et de rééquilibrer durablement la relation entre les automobilistes et les géants de l’autoroute.

Cette initiative est portée par MyLeo (https://myleo.legal/fr/), une plateforme dédiée aux actions collectives conjointes. Fondée par Me Christophe Lèguevaques, elle a pour ambition de faciliter l’accès à la justice pour tous et de mobiliser les citoyens et les entreprises face aux injustices. Selon ses fondateurs, la plateforme vise à devenir un outil majeur pour que les justiciables puissent faire entendre leur voix et faire respecter leurs droits face aux puissances économiques et politiques. L’inscription à l’action est ouverte sur le site de la plateforme.