MARSEILLE : Christophe MADROLLE : « Concilier protection et…
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MARSEILLE : Christophe MADROLLE : « Concilier protection et développement économique en Méditerranée »
Le Parlement de la Mer a dressé le bilan de ses actions depuis 2022 et dévoilé ses ambitions pour un avenir durable de l’espace maritime régional.
Ce mercredi 1er avril, le Parlement de la Mer de la Région Sud tenait son assemblée générale à Marseille. Présidée par Christophe Madrolle, conseiller régional et Président de la Commission Biodiversité, mer et littoral, au nom de Renaud Muselier, la séance a réuni les principaux acteurs du monde maritime régional, dont François de Canson, Vice-Président de la Région, et François Fouchier, Délégué Régional du Conservatoire du Littoral. L’objectif : présenter un bilan chiffré des trois années d’actions et tracer la feuille de route pour les défis à venir, en conciliant impératifs écologiques et dynamisme économique.
Dans un document de synthèse, Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, a rappelé la vision qui guide cette initiative : « Notre ligne est claire : faire de la mer un levier de développement, sans jamais la dégrader. L’économie et l’écologie ne s’opposent pas, elles avancent ensemble. […] A nous de prendre notre part, pour que la mer reste une chance pour les générations qui viennent ».
Un bilan concret pour la protection du littoral
Depuis sa création en 2022, le Parlement de la Mer a supervisé des investissements significatifs. Au total, 30 millions d’euros ont été mobilisés dans le cadre du plan « Escales Zéro Fumée » pour financer la connexion électrique des navires à quai, réduisant ainsi la pollution de l’air dans les ports. Parallèlement, 6,6 millions d’euros d’aides régionales ont soutenu les ports de plaisance dans leur démarche de certification « Ports Propres ». Cette initiative, pionnière en région Sud, a conduit à la publication d’une norme ISO en juin 2024, déjà adoptée par 77 ports régionaux.
La protection de la biodiversité a été un autre axe majeur, avec la création en 2023 de la Garde régionale marine. Chaque été, 30 gardes sont déployés pour surveiller les 18 aires marines protégées du territoire. La préservation des écosystèmes fragiles passe aussi par des actions comme la charte « Pour des plages de caractère », qui incite les communes à conserver les banquettes de posidonies, essentielles pour lutter contre l’érosion côtière.
Soutenir une économie maritime durable et locale
Le Parlement de la Mer a également œuvré pour structurer les filières traditionnelles. Une nouvelle labellisation « 100% Sud » avec une signalétique « Valeurs du Sud » sera déployée dans les ports pour valoriser les produits de la pêche locale, garantir leur traçabilité et soutenir les circuits courts. Un travail de fond a aussi été mené sur la problématique du crabe bleu, une espèce envahissante. Des recherches sont en cours pour développer des engins de pêche adaptés et créer une filière de valorisation économique.
La transition énergétique de la plaisance est également au cœur des préoccupations, avec un lobbying actif pour développer une filière bioéthanol et la création d’une première station dédiée sur le Vieux-Port de Marseille.
Réguler le tourisme pour préserver l’attractivité
Face à la pression touristique croissante, la Région a mis en place des outils de gestion des flux. L’expérimentation de quotas sur réservation dans la calanque de Sugiton a permis de réduire la fréquentation de près de 80 %. L’outil numérique VisitFlux est progressivement déployé pour informer et orienter les visiteurs en temps réel.
Le développement des mobilités douces est une autre priorité. La véloroute du littoral, un projet de 500 km de pistes cyclables entre le Gard et Nice, avance, tandis que des offres comme le Pass Sud Azur Explore et la valorisation de lignes TER, telle que celle de la Côte Bleue (+25 % de fréquentation le week-end), encouragent un accès au littoral sans voiture. L’enjeu social n’est pas oublié, avec un soutien à la création de logements pour les travailleurs saisonniers, comme le projet de 28 lits à Bormes-les-Mimosas.
Cap sur l’innovation et les énergies du futur
L’avenir de l’économie maritime régionale se dessine autour de projets industriels d’envergure. La filière de l’éolien offshore flottant est en plein essor, avec la mise en service de la ferme pilote Provence Grand Large en 2024. L’objectif est d’atteindre 5 800 MW installés dans le golfe du Lion d’ici 2050, positionnant le Grand Port Maritime de Marseille comme une plaque tournante de cette industrie.
Enfin, la Région s’investit dans la connaissance et la protection des grands fonds marins avec le lancement d’un pôle d’excellence, en partenariat avec l’État. S’appuyant sur les écosystèmes de Toulon et Brest, il vise à renforcer la souveraineté française et à développer une filière économique de pointe dans le domaine sous-marin.
via Presse Agence.


