PARIS : Philippe de Villiers : « Les Français ne savent plu…
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PARIS : Philippe de Villiers : « Les Français ne savent plus où est exercé le pouvoir, il s’est évaporé »
L’homme politique analyse la forte abstention comme la conséquence d’une dilution du pouvoir politique national au profit d’entités supranationales.
Invité sur la chaîne d’information CNEWS, l’homme politique Philippe de Villiers a livré une analyse sans concession de la désaffection démocratique qui frappe la France, symbolisée par des taux d’abstention record lors des dernières consultations électorales. Pour lui, la cause est à chercher dans un sentiment d’impuissance des citoyens, qui ne perçoivent plus où se situent les véritables leviers de décision. « Les Français ne vont plus voter parce qu’ils ne savent plus où est exercé le pouvoir, il s’est évaporé », a-t-il déploré.
Un pouvoir politique délocalisé
Selon Philippe de Villiers, la souveraineté nationale, fondement historique du contrat démocratique français, s’est progressivement vidée de sa substance. Il soutient que les décisions majeures qui impactent la vie des citoyens ne sont plus prises au sein des instances élues de la République, comme l’Élysée ou le Palais Bourbon, mais par des entités extérieures, non soumises au suffrage universel direct.
Il cible notamment les institutions de l’Union Européenne, dont les directives, règlements et décisions de justice s’imposent au droit national. « Le pouvoir réel n’est plus à Paris. Il est à Bruxelles, à Francfort, à Luxembourg. Les Français ont le sentiment, à juste titre, que leur bulletin de vote n’a plus le pouvoir de changer les grandes orientations économiques, budgétaires ou sociétales, car celles-ci sont déjà encadrées, voire dictées, par des traités et des instances supranationales », analyse-t-il. Cette perception d’un pouvoir « évaporé » ou « délocalisé » serait, selon lui, la racine principale du désengagement civique.
L’abstention, symptôme d’une démocratie désincarnée
Pour l’ancien ministre, la montée de l’abstention n’est donc pas le fruit d’un simple désintérêt pour la politique, mais bien une conséquence logique et rationnelle de cette perte de souveraineté. Le vote, autrefois acte citoyen par excellence, serait devenu pour beaucoup un « rite sans efficacité ».
« Pourquoi participer à une élection si le programme du candidat élu sera, en fin de compte, contraint par la Commission européenne, la Banque Centrale Européenne ou la Cour de Justice de l’Union Européenne ? », interroge-t-il implicitement. Cette dépossession crée un fossé entre les promesses des candidats et leur capacité réelle à agir, alimentant la méfiance et le sentiment que « tous les politiques se ressemblent » et sont impuissants. L’abstention devient alors un acte de lucidité passive face à une démocratie perçue comme une façade.
Un appel à la réappropriation de la souveraineté
En filigrane de son constat pessimiste, Philippe de Villiers esquisse une critique virulente du système politique actuel, qu’il juge complice de cette dilution du pouvoir. Il appelle à une prise de conscience collective sur la nécessité de réaffirmer la primauté de la décision nationale pour restaurer le lien de confiance entre les électeurs et leurs représentants.
Pour lui, seule une réappropriation claire et assumée des leviers de souveraineté permettrait de redonner du sens au vote et, par conséquent, de remobiliser un électorat qui a le sentiment d’avoir perdu le contrôle de son propre destin. L’intervention de Philippe de Villiers, dont l’intégralité est visible sur le site de CNEWS (https://www.cnews.fr/), s’inscrit dans le débat persistant sur la crise de la représentation politique et l’avenir de la démocratie en France.


