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PARIS : Amandine SANVISENS : « Les animaux sauvages ne sont…

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PARIS : Amandine SANVISENS : « Les animaux sauvages ne sont pas des acteurs »

À l’occasion des avant-premières du film « L’enfant du désert », l’association PAZ dénonce l’exploitation d’animaux sauvages dans le cinéma.

Alors que le film « L’enfant du désert » de Gilles de Maistre sera projeté en avant-première ce dimanche 29 mars à Enchastrayes, Pra Loup et La Foux-d’Allos, dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’association de défense des animaux PAZ (Projet Animaux Zoopolis) monte au créneau pour dénoncer l’utilisation d’animaux sauvages captifs sur les tournages. Selon l’organisation, pas moins de 19 animaux, dont sept autruches, sept bébés autruches, deux fennecs et un vautour percnoptère, ont été dressés pour les besoins de cette production. Une pratique que l’association juge cruelle et anachronique.

« Pour quelques minutes à l’écran, les animaux sont privés de liberté toute leur vie et subissent la violence du dressage. Quand le monde du cinéma va-t-il comprendre que les animaux sauvages ne sont pas des acteurs ? », interroge Amandine Sanvisens, co-fondatrice de PAZ.

Un réalisateur au cœur de la controverse

L’association cible particulièrement le réalisateur Gilles de Maistre, l’accusant d’un double discours. Ses précédents succès comme « Mia et le lion blanc » ou « Le loup et le lion » dénonçaient respectivement la chasse en enclos et l’exploitation dans les cirques. Pourtant, d’après PAZ, le cinéaste utiliserait lui-même les méthodes qu’il critique. « La cause animale est avant tout un filon qui lui assure le succès », affirme l’association dans son communiqué. Pour « L’enfant du désert », les autruches proviendraient d’un élevage marocain destiné à l’industrie du cuir.

PAZ pointe également du doigt les méthodes de dressage, notamment « l’imprégnation », qui consiste à séparer les très jeunes animaux de leur mère pour les habituer à l’homme. Une technique jugée traumatisante qui s’oppose au message de respect de la nature véhiculé par les films.

Un combat pour une évolution de la loi

Le collectif milite activement pour que l’interdiction d’exploiter des animaux sauvages, déjà actée pour les cirques itinérants à partir de 2028 par la loi du 30 novembre 2021, soit étendue à l’ensemble de la création artistique. « Les animaux exploités pour le cinéma vivent exactement les mêmes contraintes que ceux des cirques : la captivité à vie, le dressage et des transports éprouvants », insiste Amandine Sanvisens.

Leur combat trouve un écho croissant sur la scène politique et médiatique. L’association a initié des tribunes dans Le Monde et Le Nouvel Obs, signées par des artistes comme Arielle Dombasle et David Hallyday. De plus, depuis 2023, une douzaine de parlementaires de différents bords politiques, dont Laurence Rossignol, Charles de Courson ou encore Jean-Philippe Tanguy, ont interpellé le gouvernement par le biais de questions écrites pour demander une évolution de la législation.

Des alternatives et des pratiques opaques

PAZ souligne qu’il est aujourd’hui possible de se passer d’animaux réels grâce aux effets visuels (CGI), à l’animatronique ou aux banques d’images. Le guépard visible dans « L’enfant du désert » a d’ailleurs été créé à partir de cette dernière technique, la production ayant refusé de transporter un animal depuis l’étranger, selon l’association.

L’organisation rappelle également les controverses entourant certains dresseurs renommés du cinéma français. Elle cite notamment le cas de Pierre Cadéac, filmé en 2022 en train de frapper un aigle, ou celui de Thierry Leportier, mis en cause par une enquête du Hollywood Reporter en 2013 pour des faits de maltraitance sur le tournage de « L’Odyssée de Pi ».

Suite à des échanges avec les co-producteurs Mediawan et Studio Canal, PAZ note un engagement partiel de ce dernier à ne plus produire de films de Gilles de Maistre, mais sans renoncer à leur distribution. L’association poursuit son dialogue avec les acteurs du secteur et demande aux chaînes de télévision, qui ont une obligation de financement du cinéma français, de cesser de soutenir les productions exploitant des animaux sauvages. L’ensemble des campagnes de l’association est détaillé sur son site internet (https://zoopolis.fr/).