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PARIS : Sophie Briante Guillemont : « Le respect du droit international n’est pas accessoire »
La sénatrice Sophie Briante Guillemont alerte sur l’escalade au Proche-Orient et appelle la France à défendre fermement le droit international.
Le Palais du Luxembourg a été le théâtre d’un débat de haute importance le 26 mars 2026, portant sur la dégradation rapide de la situation géopolitique au Proche et au Moyen-Orient. Dans un contexte marqué par une intensification des hostilités, Sophie Briante Guillemont, sénatrice représentant les Français établis hors de France, a pris la parole au nom du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE). Son intervention a mis en lumière les périls d’une crise qui menace désormais l’équilibre mondial et la sécurité des ressortissants français dans la région.
Une escalade régionale aux conséquences humaines dramatiques
L’inquiétude est profonde au sein de la chambre haute face à l’engrenage de violence qui s’est enclenché. Depuis les frappes sur l’Iran décidées par les États-Unis et Israël, la région entière semble basculer dans une instabilité chronique. Le Liban, pays historiquement lié à la France, paie un tribut particulièrement lourd. Entravé par la présence et les activités du Hezbollah, le pays du Cèdre fait face à un bilan humain effroyable, avec plus d’un millier de personnes ayant déjà perdu la vie.
La sénatrice a dressé un inventaire glaçant de cette opération qu’elle qualifie de dramatique. Outre les victimes libanaises, plus de 1 500 civils ont été touchés par les bombardements en Iran. Le territoire israélien n’est pas épargné, comptant près d’une vingtaine de victimes et des milliers de déplacés fuyant les zones de combat. Face à ce constat, Sophie Briante Guillemont a insisté sur la nécessité absolue d’exiger une sortie de crise rapide auprès des acteurs qui ont initié ces opérations de manière unilatérale.
La France garante du droit international et de la souveraineté
En présence du Premier ministre et de la ministre des armées et des anciens combattants, la représentante du RDSE a rappelé les piliers de la diplomatie française. Selon elle, Paris doit impérativement peser dans le concert des nations « pour protéger ses ressortissants, pour défendre la souveraineté du Liban, pour maintenir la FINUL, pour soutenir les efforts de désescalade, et surtout, pour rappeler que le droit international vaut pour tous, y compris pour nos alliés », a martelé Sophie Briante Guillemont.
Cette exigence de respect des règles internationales n’est pas négociable pour le groupe RDSE. La sénatrice a souligné que l’indépendance de la parole française est sa force principale. Elle estime que la France ne peut rester spectatrice alors que les principes fondamentaux du droit des gens sont mis à rude épreuve par des stratégies militaires dont les issues sont plus qu’incertaines.
Les menaces sur la sécurité énergétique mondiale
L’un des points majeurs soulevés lors de ce débat concerne les répercussions économiques globales du conflit. Sophie Briante Guillemont a mis en garde contre un embrasement qui pourrait paralyser les flux énergétiques. Le détroit d’Ormuz, zone névralgique par laquelle transite environ 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures, se trouve au cœur des tensions.
La guerre, loin de la perspective d’un conflit éclair, semble s’enliser sur le territoire iranien. Bien que le régime de Téhéran apparaisse affaibli, il demeure en place, prolongeant une incertitude majeure sur les marchés mondiaux. La sénatrice craint qu’une crise énergétique prolongée ne se transforme rapidement en une crise économique mondiale majeure, affectant directement le pouvoir d’achat et la stabilité des nations européennes.
Protection des Français et soutien humanitaire au Liban
Concernant la situation des ressortissants français, Sophie Briante Guillemont a tenu à saluer l’action du Quai d’Orsay et du Centre de crise. Ces services ont permis le rapatriement de plusieurs milliers de citoyens français installés dans la région. Toutefois, la sénatrice s’est faite l’écho des préoccupations des Conseillers des Français de l’étranger. Ces derniers estiment avoir souffert d’un manque d’information chronique depuis le déclenchement des hostilités, une défaillance qu’il convient de corriger pour assurer une gestion de crise optimale.
Sur le plan humanitaire, la France a réagi en doublant son aide au Liban. Si Sophie Briante Guillemont juge ce geste positif, elle a toutefois nuancé son enthousiasme : « ce ne peut être qu’un minimum au regard de l’ampleur de la catastrophe », a-t-elle estimé devant ses collègues sénateurs. L’urgence sur le terrain nécessite une mobilisation internationale d’une tout autre envergure pour éviter un effondrement total de la société libanaise.
Pour une diplomatie européenne forte et indépendante
En conclusion de son intervention, la sénatrice a réaffirmé la nécessité pour la France de tenir une ligne de conduite souveraine. Selon le groupe RDSE, les récentes initiatives américano-israéliennes prouvent que les intérêts stratégiques de nos alliés historiques ne sont plus nécessairement alignés sur les nôtres. Cette divergence menace directement l’ordre international établi après les grands conflits du 20ème siècle.
Sophie Briante Guillemont a conclu en affirmant que la France ne doit pas se limiter à un rôle de commentateur des événements mondiaux. Elle doit au contraire « peser de tout son poids diplomatique, aux côtés de nos partenaires européens, pour empêcher une extension généralisée du conflit », a conclu la sénatrice. Cet appel à une action européenne coordonnée et ferme vise à redonner à la diplomatie ses lettres de noblesse face à la logique des armes.

