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PARIS : Yann Jéhanno : « Le marché immobilier se stabilise…

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PARIS : Yann Jéhanno : « Le marché immobilier se stabilise, mais l’attentisme domine »

Le réseau Laforêt Immobilier observe un marché plus rationnel au premier trimestre 2026, marqué par une pause et des disparités territoriales.

Après une fin d’année 2025 marquée par un rebond significatif, le marché immobilier français connaît une phase d’ajustement au premier trimestre 2026. Selon une analyse du réseau Laforêt Immobilier, une tendance à l’attentisme s’installe depuis plusieurs semaines, freinant la dynamique observée précédemment. Yann Jéhanno, président de Laforêt Immobilier, décrypte un marché qui, sans s’effondrer, devient plus complexe, contrasté et surtout plus rationnel, influencé par les contextes politique et géopolitique actuels.

Une demande prudente face à une offre en reconstruction

La demande de biens immobiliers, bien que toujours active, a changé de nature. Les acquéreurs potentiels font preuve d’une prudence accrue, prenant davantage de temps pour mûrir leur projet et comparer les offres. L’ère des décisions impulsives et des achats à tout prix semble révolue. Les candidats à l’accession sont plus vigilants sur la qualité des biens, leur performance énergétique et leur localisation, conscients que le marché n’est plus exclusivement entre les mains des vendeurs.

Parallèlement, l’offre de biens à vendre, qui avait atteint des niveaux historiquement bas durant les périodes de forte tension, commence à se reconstituer progressivement. Davantage de propriétaires, rassurés par les niveaux de prix atteints, mettent leur logement sur le marché, contribuant à un rééquilibrage bienvenu entre le nombre de biens disponibles et le nombre d’acheteurs.

Stabilisation des prix et retour de la négociation

Conséquence directe de ce rééquilibrage, la flambée des prix semble marquer le pas. On assiste à une stabilisation générale des transactions et des valorisations. Cette accalmie met fin à plusieurs années de hausse continue dans de nombreux secteurs. Les délais de vente, qui s’étaient considérablement raccourcis, tendent désormais à s’allonger, revenant à des moyennes plus classiques.

Cette nouvelle configuration redonne du pouvoir aux acheteurs. Les marges de négociation, quasi inexistantes ces dernières années sur les biens les plus recherchés, font leur grand retour. Les acquéreurs n’hésitent plus à discuter les prix affichés, surtout si le bien présente des défauts ou nécessite des travaux de rénovation, instaurant un dialogue plus équilibré avec les vendeurs.

Un marché à plusieurs vitesses influencé par le contexte

Selon l’analyse de Laforêt Immobilier, cette phase de temporisation est largement influencée par des facteurs externes. D’une part, la campagne pour les élections municipales crée une incertitude locale, incitant certains acteurs, vendeurs comme acheteurs, à reporter leurs projets en attendant de connaître les futures orientations politiques de leur commune. D’autre part, le contexte géopolitique international pèse sur le moral des ménages et leur confiance en l’avenir, favorisant une attitude d’épargne de précaution au détriment de l’investissement.

Yann Jéhanno insiste sur les fortes disparités territoriales qui caractérisent ce nouveau cycle. Les dynamiques ne sont pas uniformes sur l’ensemble du territoire. Tandis que certaines métropoles très prisées connaissent un simple ralentissement, d’autres zones, notamment rurales ou périurbaines, pourraient voir des ajustements de prix plus marqués. Le marché se segmente, rendant l’analyse locale plus pertinente que jamais. Une vision détaillée de ces évolutions sera présentée à la fin du mois dans le billet de tendance complet du réseau pour ce premier trimestre.