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PARIS : Le travail des femmes dans les enquêtes syndicales…

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PARIS : Le travail des femmes dans les enquêtes syndicales et les recensements

L’analyse des sources statistiques et syndicales de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle révèle une prise en compte partielle du travail des femmes.

Dans ce numéro, les travaux d’Agnès Hirsch soulignent les mécanismes d’invisibilisation à l’œuvre éclairant ainsi les inégalités persistantes observées aujourd’hui. Ces travaux invitent à renforcer les dispositifs et méthodes statistiques afin de mieux rendre compte des réalités contemporaines du marché du travail.

Tous les recensements effectués entre 1876 et 1891, fondés sur une unité de référence par ménage, privilégient la profession du chef de ménage en même temps qu’il efface, invisibilise le travail des autres membres du foyer placés dans une situation de dépendance, épouse, domestiques, enfants déjà travailleurs.

Le recensement de 1896 rompt avec cette mesure et adopte une approche par profession, conduisant à faire entrer 3,2 millions d’individus dans la population active, dont près de deux millions de femmes. Pour autant, des différences subsistent, avec une pluralité d’activités (ou pluriactivité) des femmes, qui n’est pas comptabilisée, contrastant avec le modèle masculin d’une activité principale.

Dans les enquêtes syndicales, les revendications salariales illustrent le regard porté par les hommes sur le travail des femmes. Le modèle du salaire d’appoint justifie l’inégalité salariale. Les revendications d’égalité salariale sont vues comme un moyen de dissuader l’emploi des femmes, dont la seule plus-value serait leur salaire, plus faible que celui des hommes.

Qu’en est-il dans les années 2020 ? La mesure du travail des femmes s’est améliorée. Les statistiques sur le marché du travail distinguent la situation des femmes et celle des hommes, que ce soit pour le salaire, le chômage, les secteurs d’activité et les métiers. Cette visibilité des femmes sur le marché du travail met en lumière les inégalités entre femmes et hommes. Pour autant, les inégalités salariales persistantes témoignent d’un fonctionnement du marché du travail en partie hérité du passé, où les femmes occupent des emplois moins rémunérés que les hommes et où l’interaction entre la sphère domestique et la sphère productive concerne les femmes plus que les hommes.

SOURCE : Lettre hebdo – Ministère du Travail et de l’Emploi.