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TOULON : Guillaume MARCHESSAUX : « Le crabe bleu, une menac…

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TOULON : Guillaume MARCHESSAUX : « Le crabe bleu, une menace à transformer en opportunité »

L’écologue Guillaume Marchessaux décryptera le 28 mars au Télégraphe l’invasion du crabe bleu et les pistes pour transformer ce fléau.

La prolifération du crabe bleu en Méditerranée, une espèce exotique envahissante, constitue une menace grandissante pour les écosystèmes côtiers et les économies locales. Face à ce défi majeur, l’association marseillaise Opera Mundi organise une conférence exceptionnelle le 28 mars prochain à 18 heures au Télégraphe, à Toulon. L’événement accueillera Guillaume Marchessaux, chercheur en écologie marine à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), qui partagera son expertise sur les moyens de réguler cette invasion et de la transformer en une opportunité.

Un prédateur vorace venu d’Amérique

Originaire des côtes atlantiques américaines, le crabe bleu (Callinectes sapidus) s’est progressivement installé dans les eaux méditerranéennes, trouvant dans les lagunes et les estuaires un terrain de reproduction idéal. Décrit comme un crustacé très vorace, il représente l’une des pires menaces pour la biodiversité locale. En se nourrissant d’une grande variété de proies (mollusques, autres crustacés, petits poissons), il exerce une pression considérable sur les espèces autochtones, dont certaines sont déjà fragilisées, et perturbe en profondeur l’équilibre des chaînes alimentaires. Sa capacité d’adaptation et sa forte fécondité favorisent une expansion rapide, rendant son contrôle particulièrement complexe.

Double impact : écologique et économique

Au-delà du désastre écologique, l’invasion du crabe bleu a des conséquences économiques directes et sévères, notamment pour la pêche artisanale. Les pêcheurs constatent non seulement une raréfaction de leurs prises traditionnelles, concurrencées ou dévorées par le crabe, mais subissent également des dégâts matériels importants. Les pinces puissantes du crustacé déchirent les filets et les casiers, entraînant des coûts de réparation et de remplacement élevés qui pèsent lourdement sur la rentabilité de leur activité. L’impact se fait donc sentir sur toute une filière qui dépend de la santé des écosystèmes lagunaires.

Vers des solutions intégrées et pragmatiques

Comment endiguer cette prolifération ? C’est la question centrale qu’abordera Guillaume Marchessaux. Spécialiste des espèces marines invasives, ce chercheur basé à l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (MIO) de Marseille se distingue par son approche pluridisciplinaire. Il combine les analyses écologiques et biologiques avec des études sociologiques, travaillant en étroite collaboration avec les acteurs locaux, en particulier les pêcheurs. Parmi les solutions envisagées, une piste se révèle particulièrement prometteuse : la valorisation du crabe bleu comme ressource. Encourager activement sa pêche et sa transformation culinaire permettrait de réguler sa population tout en créant une nouvelle filière économique. Cette stratégie vise à transformer un problème environnemental en une opportunité, alliant la protection de la biodiversité au développement d’une gastronomie locale innovante.

Une saison pour nourrir la réflexion

Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la 11ème saison de conférences d’Opera Mundi (2025-2026), intitulée « Nourrir et relier les mondes ». Après avoir célébré ses dix ans en 2025, l’association continue de promouvoir une culture du débat et des idées, en croisant les regards des sciences, des arts et de la société sur les grandes mutations de notre époque. La soirée toulonnaise, qui sera suivie d’un « Apero Mundi » convivial, est une occasion pour tous de s’informer et de réfléchir aux liens complexes entre alimentation, environnement et sociétés humaines.

Les réservations sont ouvertes sur les sites d’Opera Mundi (www.opera-mundi.org) et du Télégraphe (www.letelegraphe.org).