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PARIS : Yann JEHANNO : « Les bases d’une reprise durable so…

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PARIS : Yann JEHANNO : « Les bases d’une reprise durable sont posées »

Le réseau Laforêt dévoile son bilan 2025 qui montre une reprise du marché immobilier, avec des transactions en hausse, mais un équilibre fragile.

Après deux années de forte correction, le marché immobilier français de l’ancien a retrouvé des couleurs en 2025, mais sa convalescence reste fragile. Selon le bilan annuel publié par le réseau Laforêt, l’activité a redémarré, portée par une stabilisation des conditions de crédit et un ajustement des prix, mais le secteur évolue encore dans un climat d’incertitude économique et fiscale.

Un rebond des transactions porté par des taux stabilisés

Le principal indicateur de cette reprise est le volume des transactions, en hausse de 16 % sur douze mois au niveau national. Avec plus de 900 000 ventes attendues sur l’année 2025, le marché renoue avec ses standards historiques. Ce rebond s’explique par un double phénomène. D’une part, la correction des prix cumulée de 7 % sur la période 2023-2024 a permis de resolvabiliser une partie des acquéreurs. D’autre part, la stabilisation des taux de crédit immobilier autour de 3,10 %, après un pic à 4,20 % fin 2023, a redonné de l’air au pouvoir d’achat des ménages.

En conséquence, la demande a progressé de 18 % sur l’année, tirée par des acheteurs qui avaient reporté leur projet. L’offre de biens à vendre s’est également reconstituée (+10 %), bien qu’elle reste insuffisante pour répondre à l’ensemble des besoins, créant un déséquilibre notable dans les zones les plus tendues comme Paris, où la demande (+20 %) surpasse largement la croissance de l’offre (+8 %).

Une reprise à plusieurs vitesses

Cette reprise n’est cependant pas uniforme et révèle des fractures au sein du marché. Les primo-accédants, soutenus par des dispositifs comme le Prêt à Taux Zéro (PTZ) et des taux plus accessibles, gagnent du terrain : ils représentent désormais 35 % des transactions, contre 30 % un an plus tôt. Les secundo-accédants demeurent la principale force d’achat (48 %), finançant souvent leur projet par la vente d’un précédent bien.

Le grand absent de cette reprise reste l’investisseur privé. Ne représentant plus que 17 % des transactions, contre plus d’un quart il y a quelques années, leur retrait a des conséquences directes. Encadrement des loyers, coûts de la rénovation énergétique et pression fiscale sont autant de freins qui expliquent ce désengagement.

Des dynamiques contrastées selon les territoires

La hausse des prix, bien que modérée au niveau national (+1,8 % à 3 398 €/m²), masque de fortes disparités géographiques. Les grandes métropoles comme Lyon (+3,5 % à 4 783 €/m²) et Bordeaux (+3,0 % à 4 621 €/m²) affichent un dynamisme soutenu. Paris connaît une progression similaire à la moyenne nationale (+1,8 % à 9 640 €/m²), tandis que Marseille (+1,7 %) ou Rennes (+2,8 %) suivent la tendance.

À l’inverse, certaines villes marquent le pas, à l’image de Lille qui stagne (+0,2 %), et d’autres sont encore en phase de correction, comme Biarritz (-1,0 %) et Dijon (-1,4 %). Cette reprise des prix, si elle venait à s’accélérer, pourrait rapidement redevenir un obstacle pour les ménages les plus modestes.

Le marché locatif, une crise silencieuse

Le retrait des investisseurs a un impact direct et sévère sur le marché de la location, qui traverse une crise profonde. L’année 2025 a été marquée par un effet ciseau dévastateur : alors que la demande locative bondissait de 11 %, l’offre de biens disponibles chutait de 13 %. Ce déséquilibre criant est alimenté par le report des ménages ne pouvant accéder à la propriété et par le choix de certains propriétaires-bailleurs de vendre leur bien plutôt que de le relouer, face aux contraintes réglementaires et fiscales.

Perspectives 2026 : la prudence reste de mise

Pour l’année 2026, Laforêt anticipe une poursuite de la reprise des volumes de vente, mais avec une progression des prix qui devrait rester contenue, alignée sur l’inflation. Cependant, cette trajectoire dépendra largement de la capacité des pouvoirs publics à offrir un cadre réglementaire et fiscal stable et lisible. L’incertitude actuelle entretient l’attentisme et pourrait freiner la dynamique engagée.

« Le logement s’inscrit désormais comme un enjeu structurant des municipales de 2026 et des présidentielles de 2027. Les bases d’une reprise durable sont posées. À condition que le cadre réglementaire se stabilise, le marché dispose des ressorts nécessaires pour poursuivre son rebond », conclut Yann Jéhanno, Président de Laforêt.