PARIS : Municipales 2026 – La percée de LFI, une « grande illusion » selon une étude Ifop
Une analyse de l’Ifop pour Le Figaro et la Fondation Jean-Jaurès nuance la « percée » de La France insoumise, dont le poids électoral national reste très limité.
Au soir du premier tour des élections municipales, le 15 mars dernier, un récit s’est rapidement imposé : celui d’une « magnifique percée » de La France insoumise (LFI), selon les mots de Jean-Luc Mélenchon, et d’un « pari stratégique réussi » pour de nombreux commentateurs. Cinq jours plus tard, une analyse détaillée réalisée par l’Ifop pour Le Figaro et la Fondation Jean-Jaurès, à partir des données du ministère de l’Intérieur, vient tempérer cet enthousiasme et dresse le portrait d’une victoire en trompe-l’œil.
Un poids électoral national très modeste
L’étude révèle d’abord la faible implantation territoriale du mouvement. Avec des listes présentes dans seulement 247 communes de métropole, La France insoumise n’a recueilli que 2,7 % des suffrages exprimés à l’échelle nationale. Ce chiffre met en perspective les succès médiatisés dans certaines grandes villes.
Si l’on se concentre uniquement sur les 247 communes où le parti était en lice, le score moyen des listes LFI s’établit à 12,4 %. Une performance honorable, mais qui doit être analysée au regard des résultats passés et de la sociologie de ces territoires, souvent très favorables à la gauche radicale.
Des scores en recul par rapport aux scrutins nationaux
La comparaison avec les élections précédentes est éclairante. Dans ces mêmes communes, le score moyen de 12,4 % est nettement inférieur à ceux obtenus par LFI lors des élections européennes de 2024 (18,4 %) et, plus encore, du premier tour de l’élection présidentielle de 2022 (31,6 %). L’analyse souligne que ce résultat « n’apparaît pas particulièrement fort dans des villes très favorables au mélenchonisme », d’autant qu’il correspond au niveau d’intentions de vote national actuellement mesuré pour Jean-Luc Mélenchon, situé entre 11 % et 12 % selon une précédente étude Ifop-Le Figaro datant de fin février 2026.
Toutefois, une note positive pour le parti est la comparaison avec le scrutin municipal de 2020. Dans les 35 communes où une comparaison est possible, le score de LFI a plus que doublé en six ans, passant de 6,2 % en 2020 à 13,7 % en 2026.
Une géographie du vote très concentrée
Les bons résultats de La France insoumise sont géographiquement très ciblés. Seules trois grandes métropoles ont vu une liste insoumise dépasser le seuil des 20 % : Toulouse (28 %), Limoges (25 %) et Lille (23 %). Ailleurs, comme à Avignon (19 %), Rennes (19 %) ou Montpellier (15 %), les scores ne permettent pas d’envisager une victoire.
L’étude pointe que l’essentiel des performances se concentre dans des banlieues populaires, sociologiquement et culturellement acquises au mouvement. Ainsi, six des dix meilleurs scores de LFI ont été enregistrés dans des communes de ce type.
Un bilan concret limité face aux concurrents
Finalement, la « percée » se traduit par un faible nombre de victoires et d’élus. Au soir du premier tour, LFI n’est arrivée en tête que dans cinq communes, parmi lesquelles Saint-Denis et Roubaix, soit dix fois moins que le Rassemblement National (53).
En termes d’élus, le bilan est encore plus maigre : un seul conseiller municipal élu dès le premier tour pour LFI, contre 24 pour le RN et ses alliés, et environ 350 pour le Parti socialiste et ses partenaires. Dans les grandes villes où la gauche était unie (Paris, Lyon, Marseille), les listes LFI dissidentes ont été largement devancées, oscillant autour de 12 % contre 30 % pour les listes d’union. Enfin, les deux maires LFI sortants, à Faches-Thumesnil (Nord) et Grabels (Hérault), abordent le second tour en position délicate.
L’analyse complète est disponible sur le site de la Fondation Jean-Jaurès (https://www.jean-jaures.org/publication/la-victoire-lfi-aux-elections-municipales-la-grande-illusion/).
via Press Agence.