LONDRES : Florival MUCAVE : « Nos membres ne se rendront pa…
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LONDRES : Florival MUCAVE : « Nos membres ne se rendront pas à Londres »
Le Mozambique claque la porte du Sommet Africa Energies de Londres, dénonçant des pratiques discriminatoires envers les professionnels noirs.
Coup de tonnerre sur la planète énergie ! Dans un geste qui foudroie l’arène londonienne, l’industrie pétrolière et gazière du Mozambique dégaine le carton rouge et annonce son retrait fracassant du Sommet Africa Energies, prévu en mai prochain. La raison ? Un hors-jeu inacceptable, un tacle par-derrière aux valeurs d’équité et de respect. Le géant africain monte au créneau pour dénoncer des pratiques discriminatoires qui écarteraient délibérément les talents noirs du terrain de jeu international.
L’onde de choc est immense, portée par la voix de Florival Mucave, le président de la Chambre africaine de l’énergie du Mozambique, qui mène la contre-attaque avec une détermination sans faille. Pour lui, le match ne peut plus se jouer avec des règles truquées.
Un carton rouge pour discrimination
L’accusation est frontale, sans détour. Dans le viseur : les organisateurs du sommet, Gayle Meikle et Daniel Davidson du Frontier Energy Network. Il leur est reproché un refus obstiné de jouer la transparence sur la diversité de leurs équipes et, plus grave encore, de maintenir une politique qui revient à exclure les professionnels noirs. Une faute grave qui a fait déborder le vase.
« En 2026, ce n’est pas le comportement que nous attendons de quiconque utilise le nom de l’Afrique et de notre secteur pétrolier et gazier. L’attitude de Gayle Meikle et Daniel Davidson envers le recrutement de professionnels noirs est perçue comme offensante par de nombreux Mozambicains et Africains. Nos membres ne se rendront pas à Londres », assène Florival Mucave, un uppercut verbal qui sonne comme un KO.
Le Mozambique, un poids lourd qui quitte le ring
Ce boycott n’est pas anodin. Car le Mozambique n’est pas un acteur de second plan. C’est un titan en devenir, un poids lourd de la scène gazière mondiale, abritant des réserves colossales qui redessinent la carte énergétique du continent. En claquant la porte, le pays rappelle que son influence est désormais incontournable. Une décision qui pèse d’autant plus lourd que le pays a lui-même connu les conséquences d’un manque de dialogue avec ses populations locales. « Le Mozambique ne sait que trop bien ce que cela signifie lorsque les citoyens ne sont pas satisfaits du secteur pétrolier et gazier. Nous en avons vu la conséquence avec le soulèvement dans le nord qui a bloqué d’importants projets gaziers », rappelle M. Mucave.
Le retour des champions sur le terrain
Pendant que la bataille se joue sur le front diplomatique, le Mozambique engrange les victoires sur son propre sol. La machine est relancée, plus puissante que jamais. Le projet Mozambique LNG, piloté par le mastodonte TotalEnergies, a repris sa course folle en janvier 2026. Plus de 4 000 travailleurs, dont 3 000 Mozambicains, sont sur le pont pour une première production de GNL attendue en 2029. Un chantier pharaonique avec déjà 4 milliards de dollars de contrats attribués à des entreprises locales.
Dans le même élan, le projet Rovuma LNG d’ExxonMobil est sorti de sa pause forcée et file vers une décision finale d’investissement cette année. En parallèle, Eni, après le succès de son usine flottante Coral Sul, pousse son nouveau champion, Coral Norte, qui devrait entrer en service en 2028. Une démonstration de force qui prouve que le Mozambique a les cartes en main pour imposer sa vision.
Jouer collectif pour l’avenir de l’Afrique
Au-delà de la polémique, c’est un message puissant que le Mozambique envoie à toute l’industrie. L’heure n’est plus à l’exclusion, mais à l’inclusion. Il s’agit de bâtir un secteur où les jeunes talents africains, formés et compétents, ont leur place au plus haut niveau.
« Nous ne voulons pas d’environnements où les jeunes Mozambicains seraient victimes de discrimination uniquement en raison de la couleur de leur peau, et non de leurs qualifications ou de leurs mérites issus de l’expérience », martèle Florival Mucave. Il conclut par un avertissement solennel, appelant l’industrie à ne pas « détruire la bonne volonté dont les Africains ont fait preuve à son égard ces dernières années en soutenant des plateformes que les Africains considèrent comme insultantes pour leurs enfants ». Un appel vibrant pour un sport plus juste, où le talent et le mérite sont les seuls juges de paix.