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LE CAP : NJ Ayuk : « Nous avons besoin de partenariats qui…

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LE CAP : NJ Ayuk : « Nous avons besoin de partenariats qui développent les industries locales »

La stratégie d’engagement local de Chevron en Afrique est un modèle, mais le défi reste de traduire les promesses en un impact économique réel.

Alors que les compagnies pétrolières internationales (CPI) multiplient les rapports sur leurs engagements en matière de développement durable en Afrique, une question cruciale se pose : ces engagements se traduisent-ils par un impact concret sur le terrain ? Pour les acteurs majeurs comme Chevron, présent de longue date sur le continent, la réponse se trouve dans la capacité à transformer les principes d’engagement local en participation économique, en développement d’infrastructures et en transfert de technologies. L’exemple de ses opérations au Nigeria et en Angola illustre à la fois les succès et les attentes croissantes des décideurs africains, un sujet qui sera au cœur des débats lors de l’African Energy Week 2026.

Un modèle d’engagement local en Angola et au Nigeria

Les rapports de Chevron mettent en lumière des investissements significatifs dans les communautés, la protection de l’environnement et la formation de la main-d’œuvre locale. En Angola, où sa filiale Cabinda Gulf Oil Company opère depuis près de 70 ans, plus de 90 % des employés sont angolais. Cet effort de localisation de l’emploi s’accompagne d’un investissement de plus de 250 millions de dollars, en partenariat, dans des programmes sociaux touchant la santé, l’éducation et le développement économique.

Au Nigeria, la stratégie se concentre sur les chaînes d’approvisionnement locales. Au cours des dix dernières années, Chevron a dépensé en moyenne 1 milliard de dollars par an auprès de fournisseurs nigérians, injectant plus de 10 milliards de dollars dans l’économie via des contrats avec des entreprises nationales. Ces investissements soutiennent directement le cadre nigérian de développement du potentiel local et renforcent les compétences nationales en ingénierie, logistique et services pétroliers.

Au-delà de la responsabilité sociale, l’enjeu de l’intégration économique

Cependant, les rapports d’engagement des CPI sont souvent critiqués pour leur focalisation sur des projets de responsabilité sociale d’entreprise (RSE) au détriment d’une intégration économique plus profonde. Les décideurs politiques africains attendent désormais une participation locale accrue dans le développement même des projets, les marchés publics et la construction des infrastructures énergétiques.

Le portefeuille de Chevron illustre ce défi. En Angola, le projet de raccordement gazier Sanha Lean est un exemple de réussite : en reliant les gisements offshore à l’usine Angola LNG, il permet de monétiser le gaz associé qui aurait été brûlé à la torche, renforçant ainsi la chaîne de valeur gazière du pays et sa sécurité énergétique à long terme. Avec des programmes d’exploration actifs au Nigeria, des participations en Guinée équatoriale et des évaluations en Namibie et en Algérie, la pression s’intensifie sur Chevron pour que chaque projet génère un impact économique tangible et durable pour les pays hôtes.

« L’Afrique n’a pas besoin de nouveaux rapports de développement durable »

Cette exigence de résultats concrets est vivement exprimée par les leaders du secteur. « L’Afrique n’a pas besoin de nouveaux rapports de développement durable qui restent sur les étagères », déclare NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie. « Ce dont nous avons besoin, ce sont des partenariats qui développent les industries, forment les travailleurs africains et permettent de conserver une plus grande partie de la valeur de nos ressources sur le continent. L’African Energy Week offre aux parties prenantes une plateforme non seulement pour promouvoir des projets, mais aussi pour garantir que les engagements en matière de développement durable se traduisent par des résultats mesurables ». Il ajoute que Chevron montre la voie par ses actions concrètes. « Nous avons besoin de partenariats qui développent les industries, et c’est exactement ce que fait Chevron », insiste-t-il.

Former une génération d’entrepreneurs et de leaders

L’impact le plus significatif, selon M. Ayuk, réside dans le développement du capital humain. Les programmes de formation de Chevron ont un effet multiplicateur qui va au-delà du secteur énergétique. « Les initiatives de formation et de développement de Chevron à travers l’Afrique ont considérablement autonomisé les communautés locales. De nombreuses personnes formées par Chevron ont ensuite occupé des postes dans la fonction publique, apportant à leur travail des compétences renforcées et des bonnes pratiques », explique-t-il.

Un grand nombre de ces anciens stagiaires se sont également tournés vers le secteur privé, où ils dirigent aujourd’hui des entreprises de premier plan, démontrant la valeur des compétences acquises. En fin de compte, l’indicateur clé du succès de l’engagement local sera la capacité des géants mondiaux de l’énergie à bâtir des industries locales pérennes. « En encourageant l’esprit d’entreprise, Chevron incite de nombreux Africains à créer et à gérer leur propre entreprise », conclut M. Ayuk.