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LA SEYNE-SUR-MER : Santé - L'intersyndicale annonce une grève illimitée pour sauver la psychiatrie

LA SEYNE-SUR-MER : Santé – L’intersyndicale annonce une grève illimitée pour sauver la psychiatrie

Face au départ de trois médecins, une grève illimitée débute ce jeudi pour défendre le pôle psychiatrique du centre hospitalier intercommunal.

Le Centre Hospitalier Intercommunal Toulon La Seyne (CHITS) traverse une zone de turbulences. L’annonce du départ de trois médecins psychiatres affectés au secteur de l’Ouest Toulonnais, et plus particulièrement à l’hôpital de La Seyne-sur-Mer, a mis le feu aux poudres. Face à cette menace pour l’offre de soins de proximité, une intersyndicale unie regroupant la CGT, la CFDT et le syndicat SUD a décidé d’agir. Ces organisations dénoncent une situation critique et alertent sur les conséquences directes de cette défection médicale sur le fonctionnement quotidien de l’établissement varois.

Une grève illimitée et un rassemblement matinal

Pour faire entendre leurs revendications, les représentants du personnel ont voté un mouvement de grève illimité qui prend effet à compter du jeudi 19 mars. Afin de marquer le début de cette mobilisation sociale, un rassemblement est organisé dès 6h30 du matin devant les portes de l’hôpital de La Seyne-sur-Mer. Cette action vise à interpeller la direction de l’établissement, mais également les pouvoirs publics et les usagers. « Face au risque de rupture de la continuité de prise en charge des patients et de la possibilité de fermeture d’unité de soins, nous avons lancé un mouvement de grève illimité », soulignent conjointement Nathalie Blasco et Eric Roque, co-secrétaires généraux de l’Union Syndicale Départementale Santé et Action Sociale CGT du Var.

Des négociations jugées insuffisantes par les syndicats

Avant d’en arriver à ce point de rupture, des discussions ont pourtant eu lieu en interne. Face à la situation, la direction générale et la Commission Médicale d’Établissement (CME) ont récemment échangé avec les praticiens de la spécialité. Dans le même temps, les représentants de l’intersyndicale ont été reçus par la directrice des soins et le Directeur des Ressources Humaines. L’objectif de ces rencontres était d’obtenir des garanties solides sur l’avenir du service de psychiatrie. Cependant, le compte n’y est pas pour les organisations syndicales qui qualifient les réponses apportées d’insuffisantes. Selon le tract diffusé aux personnels, la direction n’a pu fournir « aucune garantie de la continuité des soins ni la stabilité des équipes ».

Des craintes majeures pour l’organisation des services

Le mot d’ordre diffusé par les syndicats est limpide : pas de médecins équivaut à pas de soins. Les départs médicaux annoncés font peser de lourdes incertitudes sur l’organisation globale du pôle. L’intersyndicale liste ainsi une série de craintes imminentes, au premier rang desquelles figure le risque de fermeture pure et simple de lits, de services entiers, voire du secteur psychiatrique de La Seyne-sur-Mer dans sa globalité. Au-delà de l’aspect structurel, c’est le devenir des équipes soignantes qui inquiète profondément. Les syndicats redoutent des mouvements de personnel contraints et pointent du doigt l’incertitude planant sur l’avenir des agents sous contrats à durée déterminée (CDD). Surtout, les professionnels estiment que cette situation menace directement la qualité et la sécurité de la prise en charge des patients souffrant de pathologies mentales.

Des revendications claires pour sauver l’offre de soins

« Les professionnels de psychiatrie ne peuvent plus travailler dans l’incertitude et le manque de moyens », prévient le document intersyndical distribué au sein du centre hospitalier. Pour sortir de cette crise, le collectif a formulé une liste d’exigences précises soumises à la direction. Il réclame en premier lieu des mesures immédiates afin de garantir une présence médicale suffisante pour assurer la sécurité des admissions et des suivis. À plus long terme, l’intersyndicale exige la mise en œuvre d’un plan de recrutement massif de psychiatres, seul levier capable de pérenniser l’activité. Les soignants demandent également l’attribution de moyens adaptés pour les équipes en première ligne. Enfin, la revendication fondamentale porte sur le maintien strict d’une offre de soins de proximité pour l’ensemble de la population du secteur. Le bras de fer commence pour préserver ce maillon essentiel du service public hospitalier.

via Press Agence.