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FRANCE : Municipales 2026 - Une startup analyse les émotions des villes pour éclairer le débat publi

FRANCE : Municipales 2026 – Une startup analyse les émotions des villes pour éclairer le débat public

À l’approche des élections, la startup Wassati propose aux collectivités une technologie pour décrypter les émotions citoyennes et mieux orienter les politiques publiques.

À l’approche des élections municipales de 2026, le débat public local pourrait bien changer de nature. Face à une crise de confiance grandissante, illustrée par une abstention record et un sentiment de déconnexion entre élus et habitants, une startup française propose de déplacer le curseur de l’analyse politique. Plutôt que de sonder les opinions, Wassati entend « lire » les émotions d’un territoire — colères, fiertés, inquiétudes ou aspirations diffuses — pour offrir aux décideurs une boussole plus fine et plus humaine.

Une lecture au-delà des opinions

Le constat de départ, partagé par de nombreux observateurs, est celui d’une rupture profonde entre l’action publique et le vécu des citoyens. Selon le CEVIPOF, 84 % des Français estiment que le pays va dans la mauvaise direction, un chiffre qui traduit un désalignement durable. À l’échelle locale, cela se manifeste par une fatigue démocratique, malgré la multiplication des outils de consultation. Pour y remédier, Wassati a développé une approche fondée sur ce qu’elle nomme « l’intelligence collective augmentée ». En croisant l’analyse des conversations en ligne, les dynamiques de terrain et l’intelligence artificielle, la startup établit un véritable bilan émotionnel territorial. L’objectif n’est pas de quantifier une opinion, mais de comprendre les frustrations latentes, les fiertés silencieuses et les attentes non formulées qui conditionnent l’acceptabilité des projets publics.

Des cas concrets à Arras et Toulon

L’analyse menée à Arras a par exemple révélé un très fort attachement au patrimoine local, mais aussi des frustrations persistantes liées à un manque d’animation et à des difficultés de mobilité. Ces informations permettent d’identifier des priorités d’action directement connectées au ressenti des habitants. À Toulon, la démarche a été poussée plus loin avec l’identification de plusieurs profils d’engagement, ou « personas ». Parmi eux, le « Gardien du Silence » s’est révélé être le profil dominant, particulièrement sensible aux incivilités et aux nuisances sonores. Cette segmentation fine permet de dépasser une approche uniforme pour proposer des réponses ciblées et personnalisées.

La parole aux habitants : quatre profils toulonnais

L’étude de Toulon a permis de cartographier des archétypes de citoyens, chacun porteur d’une vision et d’attentes spécifiques.

Le premier est le Gardien du Silence, l’amoureux déçu de son quartier : « Je paie 1800 € de taxe foncière, j’adore le Mourillon, mais impossible de dormir avant 1h du matin à cause des rodéos. Si ça continue, je vends ». Son point de friction n’est pas tant le bruit que le sentiment d’impunité, et il attend avant tout une considération visible de la part des autorités.

Le deuxième est l’Animateur de Nuit, le créatif frustré : « À 22h, Toulon s’éteint. Mes amis partent à Marseille pour sortir. On a le cadre, on a l’envie, mais on n’a pas l’autorisation de vivre ». Il exprime un sentiment d’ennui et le besoin d’espaces de liberté encadrée pour retenir les jeunes talents.

Vient ensuite la Sentinelle du Littoral, la militante en puissance : « Je ramasse du plastique tous les dimanches sur la plage du Mourillon. La mairie nettoie, oui, mais on ne traite pas la source. J’ai des idées, mais personne à qui les donner ». Elle souffre d’un gaspillage de son énergie citoyenne et attend des outils de co-construction pour agir concrètement.

Enfin, le Pragmatique du Centre est l’électeur pivot, qui juge sur pièces : « La ville est plus belle, c’est sûr. Mais pour aller bosser à La Garde, je mets 45 minutes. C’est bien de rénover les façades, mais il faut que ça circule ». Son attente se concentre sur l’efficacité prouvée des services publics, au-delà de l’esthétique.

Un appel aux candidats pour 2026

Forte de ces analyses, Wassati souhaite désormais passer à une phase d’expérimentation à grande échelle. La startup lance un appel pour identifier dix têtes de liste de tous horizons politiques désireux de participer à un programme pilote pour les municipales de 2026. L’ambition, non partisane, est de démontrer qu’une autre manière de concevoir le débat public est possible, en partant de l’écoute des émotions d’un territoire pour co-construire des solutions plus justes et mieux acceptées.

Wassati, pionnière de l’intelligence collective augmentée, a été fondée par des experts en sciences sociales et en data science. Financée notamment par la région Hauts-de-France et Bpifrance, elle vise à réconcilier la décision politique avec l’expérience intime des habitants.

Plus d’informations sont disponibles sur le site de Wassati (https://www.wassati.com) et sur sa page LinkedIn (https://www.linkedin.com/company/wassati/).

via Press Agence.