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NICE : Élections municipales - Nice Front Populaire appelle à faire barrage à l'extrême droite

NICE : Élections municipales – Nice Front Populaire appelle à faire barrage à l’extrême droite

Écartée du second tour, la liste Nice Front Populaire fustige l’absence d’union à gauche et appelle à faire barrage à l’extrême droite.

L’échec du rassemblement de la gauche niçoise

Le couperet institutionnel est tombé pour la liste Nice Front Populaire. Au lendemain du premier tour des élections municipales, la formation politique dresse le bilan d’une campagne électorale qu’elle qualifie de « dynamique, populaire et constructive ». Avec un total de 10 767 voix réunies sur son nom, la liste a séduit de nombreux citoyens, réalisant des scores notables et arrivant fréquemment en tête dans les quartiers populaires de la cité azuréenne. Dans son communiqué, le mouvement tient à exprimer de chaleureux remerciements à ses soutiens et militants, et assure la population de sa « détermination sans faille à poursuivre la construction d’une véritable alternative de gauche » dans la ville.

Toutefois, la réalité arithmétique s’impose avec dureté : en recueillant près de 9 % des suffrages exprimés, le mouvement échoue aux portes du seuil fatidique des 10 %, pourcentage indispensable pour se maintenir de manière autonome lors du second tour de scrutin. Conséquence directe et immédiate de ce résultat électoral, la liste n’aura aucun représentant, ni au sein du futur conseil municipal de la ville de Nice, ni au sein du conseil métropolitain. Une absence qui pèsera lourd sur le paysage politique local.

La fracture assumée avec la liste écologiste

Si les urnes ont rendu leur verdict implacable, la pilule est d’autant plus amère pour la formation de gauche que la loi électorale en vigueur offrait une voie de recours claire. En effet, la législation prévoit explicitement qu’une liste ayant franchi la barre des 5 % peut fusionner avec une autre formation ayant obtenu au moins 10 % et qualifiée pour la suite des opérations électorales. Fort de ses 9 %, le mouvement ambitionnait logiquement de s’allier à la liste « Unis pour Nice », menée par Juliette Chesnel-Le Roux, afin de constituer un front commun solide face à la droite et à l’extrême droite.

Cependant, cette main tendue est restée lettre morte. Dans son analyse post-électorale, le Nice Front Populaire pointe du doigt la seule responsabilité de la tête de liste écologiste. « Mais cela n’a pas été possible du fait de la seule volonté de Juliette Chesnel-Le Roux et de ses colistiers », déplore le mouvement, qui accuse l’équipe adverse d’avoir refusé la fusion « avec un mépris total ». Pour les rédacteurs du document, cette fin de non-recevoir s’apparente à une véritable faute politique : en agissant de la sorte, la liste écologiste prendrait « la lourde responsabilité de tourner le dos à un rassemblement d’une véritable liste d’union de la gauche et de l’écologie, qui aurait pu créer une dynamique au second tour ».

Une opposition durablement amputée pour sept ans

Au-delà des simples querelles de partis, le collectif s’inquiète profondément des répercussions de cette division sur le fonctionnement démocratique. Le rejet catégorique de cette alliance empêche la constitution d’une opposition plurielle et structurée pour l’ensemble du mandat à venir. « Par son comportement, Juliette Chesnel-Le Roux empêche l’émergence d’une opposition réellement représentative de la diversité des sensibilités politiques exprimées au premier tour », fustige sévèrement le communiqué du Nice Front Populaire.

Cette situation, qualifiée sans détour de « pitoyable conception de la démocratie », risque d’affaiblir durablement la capacité d’action et de contestation au sein de l’hémicycle municipal pour les sept prochaines années. Le constat est particulièrement dommageable pour les 10 767 électeurs ayant accordé leur confiance à la liste. Ces citoyens, très souvent issus des quartiers populaires de Nice, se retrouvent de facto privés de représentation politique directe pour défendre leurs convictions sociales, démocratiques et écologistes face à la majorité qui sera élue.

Un appel urgent et solennel au barrage républicain

La division actée de la gauche niçoise intervient dans un climat politique départemental et régional particulièrement tendu, exacerbant les regrets de la liste éliminée. Le mouvement souligne avec gravité que cette désunion est « d’autant plus irresponsable à l’heure où l’extrême droite est en train de remporter de nombreuses villes et métropoles de notre département et de notre région ». Face à ce péril imminent aux portes du pouvoir local, le groupe estime fermement que « l’heure devrait être au sursaut, pas aux calculs ».

Malgré l’absence de ses propres candidats au second tour et la profonde rancœur exprimée envers ses anciens concurrents, le Nice Front Populaire refuse formellement d’adopter la politique du pire. Soucieux de l’intérêt général, le collectif donne une consigne de mobilisation claire et univoque à l’ensemble de ses sympathisants pour l’échéance électorale décisive à venir. « Nous invitons les électeurs à se mobiliser massivement pour le second tour en utilisant, en leur âme et conscience, le vote qui leur apparaît le plus utile et efficace pour faire barrage à l’extrême droite », exhorte solennellement le communiqué, avant de conclure sur une note d’espoir et de combativité : « Le combat continue ! ». En attendant l’issue du scrutin, le mouvement assure que les prochaines semaines verront émerger de nouvelles initiatives pour faire vivre la bifurcation écologique et la justice sociale sur le terrain.

via Press Agence.