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PARIS : Raphaël DI MEGLIO : « Les assurances sont le nouveau moteur de la hausse des charges de copropriété »
Le baromètre 2026 de Matera révèle une hausse de 4,7 % des charges de copropriété en 2025, désormais tirée par l’explosion des coûts d’assurance.
Le budget des copropriétaires a de nouveau été mis à rude épreuve en 2025. Selon la troisième édition du baromètre annuel publié par Matera, quatrième acteur de la gestion de copropriété en France, les charges ont connu une augmentation moyenne de 4,7 % sur l’année écoulée. Cette hausse, qui représente un surcoût de 43 euros par lot, révèle un changement de paradigme : après des années marquées par l’envolée des prix de l’énergie, la pression se déplace désormais sur les frais tertiaires, et plus particulièrement sur les contrats d’assurance.
L’assurance, nouveau fardeau des copropriétaires
L’analyse détaillée des dépenses montre une dynamique nouvelle. Si les copropriétés équipées d’un chauffage individuel ont vu leurs charges progresser de 3,9 %, celles dotées d’un chauffage collectif ont bénéficié d’une légère accalmie (-0,5 %), après la flambée post-crise énergétique. Le principal moteur de l’inflation en 2025 provient des services. Les primes d’assurance multirisques immeubles ont bondi de 16 %, tandis que les contrats de maintenance divers ont augmenté de 12 %.
Cette inflation s’explique en grande partie par la multiplication des sinistres liés aux aléas climatiques, tels que les inondations, les épisodes de sécheresse entraînant des fissures, ou encore les incendies. Ces risques croissants se répercutent directement sur les cotisations exigées par les assureurs. « Les assurances sont devenues le principal moteur de la hausse des charges de copropriété. Dans certaines régions, les augmentations peuvent être spectaculaires. Pour limiter la facture, il est nécessaire de mettre en concurrence chaque année les contrats d’assurance mais aussi de maintenance de la copropriété afin d’obtenir le meilleur rapport qualité-prix », commente Raphaël Di Meglio, Président de Matera.
De fortes disparités régionales liées au climat
L’étude met en évidence une France à plusieurs vitesses, où les territoires les plus exposés aux risques climatiques subissent des augmentations bien supérieures à la moyenne nationale. Trois régions se distinguent particulièrement :
– Les Pays de la Loire enregistrent une hausse record de +13,3 %, soit 80 euros supplémentaires par lot et par an, avec des primes d’assurance en hausse de 19 %.
– La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, confrontée aux risques accrus de sécheresse et d’incendies, a connu une augmentation de +8,2 % (40 € par lot), portée par une flambée de 18 % des coûts d’assurance.
– La Bretagne n’est pas en reste avec une progression de +7,1 % (42 € par lot).
À l’inverse, la région Grand Est affiche la progression la plus modérée du territoire, avec une hausse contenue à +2,7 %.
L’Île-de-France, championne des charges les plus élevées
Bien que la hausse en Île-de-France (+4,1 %) se situe dans la moyenne nationale, la région conserve son statut de territoire où les charges de copropriété sont les plus onéreuses. Un copropriétaire francilien a déboursé en moyenne 1 158 € en 2025, soit 27 % de plus que la moyenne française (913 €).
Les contrastes sont également marqués entre les départements. Le Val-de-Marne (+13,1 %) et la Seine-et-Marne (+13,9 %) ont subi les plus fortes augmentations. Paris reste de loin le département le plus cher, avec une charge moyenne de 1 423 € par lot par an, en hausse de 7,5 %. À l’opposé, les Yvelines ont connu une augmentation plus douce de 2,1 %.
Quelles solutions pour maîtriser les coûts ?
Face à cette inflation structurelle, Matera préconise plusieurs leviers d’action. Outre la renégociation systématique des contrats, des gestes simples peuvent avoir un impact significatif. « En complément de la renégociation des contrats, des ajustements simples peuvent produire des effets concrets, comme baisser d’un ou deux degrés le chauffage collectif. Les travaux de rénovation énergétique constituent aussi un levier efficace pour améliorer durablement la performance énergétique et réduire les dépenses », ajoute Raphaël Di Meglio.
Ce baromètre a été réalisé sur la base de l’analyse des comptes de 5 390 copropriétés clientes de Matera depuis au moins deux ans, représentant plus de 55 000 lots sur l’ensemble du territoire français.

