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ANNECY : Céline COLETTO : « L’instabilité du marché du neuf pourrait durer »
Le portail Trouver-un-logement-neuf.com révèle une baisse des prix du neuf dans deux tiers des villes, accentuant les contrastes du marché.
Le marché de l’immobilier neuf continue sa phase d’ajustement en ce début de printemps. Selon le dernier baromètre publié ce jeudi par le portail spécialisé Trouver-un-logement-neuf.com (https://www.trouver-un-logement-neuf.com/), le prix moyen d’un appartement de trois-pièces en France s’établit à 317 611 € en mars 2026, marquant un recul de 1,26 % sur les six derniers mois. Cette tendance nationale masque cependant de profondes disparités locales et une volatilité croissante, dans un contexte de raréfaction de l’offre.
« Le marché du neuf reste extrêmement contrasté. Certaines villes corrigent fortement tandis que d’autres voient leurs prix s’envoler lorsque quelques programmes haut de gamme arrivent sur le marché », analyse Céline Coletto, porte-parole de Trouver-un-logement-neuf.com.
Une correction majoritaire mais hétérogène
L’étude, qui porte sur 89 villes disposant d’au moins cinq programmes neufs en cours de commercialisation, confirme que la baisse des prix est le mouvement de fond. Sur ce panel, 56 localités, soit près de deux sur trois, enregistrent une diminution de leurs prix moyens, contre 33 qui affichent une hausse. L’ampleur des variations témoigne de la nervosité du secteur. Cette situation reflète la fragilité d’un marché où le faible nombre de nouveaux programmes accentue les fluctuations.
« Avec moins de programmes disponibles dans chaque ville, le prix moyen peut évoluer rapidement selon les opérations mises en vente. Le marché devient de plus en plus sensible aux dynamiques locales », souligne Céline Coletto.
Des écarts extrêmes, de Castelnau-le-Lez à Nice
Les corrections sont parfois spectaculaires. La plus forte baisse est observée à Castelnau-le-Lez, commune prisée près de Montpellier, où le prix d’un T3 chute de 19,85 % en six mois pour s’établir à 293 100 €. Selon l’étude, ce phénomène s’explique par une nouvelle offre orientée vers la primo-accession et par des rabais sur les logements en fin de commercialisation. D’autres villes connaissent des replis significatifs, comme Berck-sur-Mer (-18,32 %), Guidel (-15,60 %) ou Saint-Denis (-13,14 %). Les grandes métropoles ne sont pas épargnées : Orléans (-8,95 %), Villeurbanne (-8,22 %) et même des marchés réputés tendus comme Annecy (-7,49 %), Aix-en-Provence (-6,25 %) et Paris (-3,67 %) voient leurs prix s’ajuster.
À l’inverse, certaines villes connaissent une véritable flambée. Nice enregistre la plus forte hausse avec un bond de 24,25 %, portant le prix moyen d’un T3 à 607 600 €. Cette explosion s’explique par la commercialisation d’un programme de très haut standing, incluant un appartement de 85 m² à plus de 1,3 million d’euros, dans un marché local où l’offre globale est très limitée. Le dynamisme des marchés littoraux et touristiques se confirme également à Capbreton (+9,86 %), Saint-Laurent-du-Var (+7,13 %) ou encore La Rochelle (+6,35 %).
Paris en tête, un écart de un à quatre
Malgré son léger recul, Paris reste de très loin la ville la plus chère de France pour l’immobilier neuf, avec un prix moyen de 858 500 € pour un appartement de trois-pièces. À l’autre bout du spectre, des villes comme Saint-Paul-lès-Dax (204 700 €) ou Bourg-en-Bresse (205 200 €) offrent une accessibilité bien plus grande. L’écart illustre la fracture du marché national : il est possible d’acquérir près de quatre appartements neufs à Saint-Paul-lès-Dax pour le prix d’un seul dans la capitale.
Une volatilité appelée à durer
Cette instabilité, marquée par des variations allant de près de -20 % à +25 % en un semestre, s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs : la baisse du nombre de programmes mis en vente, une faible profondeur de marché et l’impact disproportionné de quelques opérations sur les moyennes.
« Tant que la production de logements neufs ne repartira pas réellement, cette instabilité pourrait durer. Certaines villes continueront d’ajuster leurs prix tandis que d’autres connaîtront des hausses rapides faute d’offre disponible », conclut Céline Coletto.
Les professionnels attendent de voir l’impact du nouveau dispositif Jeanbrun, destiné à encourager le retour des investisseurs privés, qui pourrait redynamiser certains segments du marché.
L’étude complète et le détail des prix ville par ville sont disponibles dans le baromètre de mars 2026.

