AVIGNON : Clémence PEYROT : « Les candidats aux municipales doivent se positionner »
L’association Pause IA interpelle les candidats aux municipales d’Avignon pour qu’ils signent sa charte sur les risques liés à l’IA.
À l’approche du premier tour des élections municipales, le débat sur l’intelligence artificielle (IA) s’invite dans la campagne locale. L’association Pause IA a lancé ce jeudi 12 mars un appel direct aux candidats d’Avignon, les incitant à prendre position sur les dangers potentiels de cette technologie en signant une charte d’engagement. Cette initiative s’inscrit dans une campagne nationale qui a déjà convaincu une dizaine de candidats dans plusieurs grandes villes françaises, de Paris à Nice en passant par Lille et Nantes.
Pour l’association, l’échelon local est un levier d’action pertinent et nécessaire pour sensibiliser à un enjeu qui dépasse largement les frontières communales. « Il y a une demande citoyenne qui doit être entendue, les candidats aux municipales doivent se positionner sur le sujet », insiste Clémence Peyrot, directrice exécutive de Pause IA.
Un engagement local pour un enjeu global
L’objectif de Pause IA est de faire des municipalités des relais d’opinion et des acteurs de la régulation démocratique du développement de l’intelligence artificielle. « Les collectivités jouent un rôle concret pour informer et porter la demande d’une pause du développement des modèles les plus avancés d’IA », explique Clémence Peyrot.
La démarche a déjà trouvé un écho favorable dans plusieurs métropoles. Dix candidats, dont certains à Paris, Metz, Brest, Grenoble, Clermont-Ferrand ou encore Périgueux, se sont déjà engagés en signant la charte proposée. L’association met en avant cette dynamique pour encourager les candidats avignonnais à suivre le mouvement. La liste complète des signataires et des engagements pris est disponible sur la plateforme de l’association (https://pauseia.fr/municipales-2026).
Une charte en quatre actions concrètes
La charte soumise aux candidats ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Elle propose une fois élus, une série d’actions concrètes visant à ouvrir le débat public et à exercer une pression sur les instances nationales. Les signataires s’engagent notamment à :
– Organiser une table ronde sur les risques existentiels liés à l’intelligence artificielle, afin d’informer les citoyens de la commune.
– Adopter un vœu municipal appelant officiellement le gouvernement français à réclamer une mise en pause du développement des modèles d’IA les plus avancés.
– Interpeller directement les parlementaires du territoire par le biais d’un courrier co-signé, pour porter le sujet au niveau législatif.
– Mettre en place une commission citoyenne ou un panel citoyen dédié à l’IA et à ses risques, pour garantir une réflexion démocratique et locale sur ces questions.
Des risques majeurs pointés du doigt
L’initiative de Pause IA est motivée par une inquiétude croissante face à la rapidité du développement de l’IA, qui selon l’association « dépasse déjà les capacités humaines dans des domaines de plus en plus nombreux ». L’organisation met en garde contre une série de menaces exacerbées par cette course technologique, citant notamment « le développement de pandémies artificielles, la manipulation des individus, y compris des enfants, la désinformation à grande échelle, les menaces pour la sécurité nationale et internationale, le chômage de masse et les violations systématiques des droits humains ».
Pause IA, la branche française du mouvement mondial Pause AI Global, est une association de bénévoles qui alerte les citoyens et les pouvoirs publics sur ces dangers. Elle milite pour un moratoire sur l’entraînement des systèmes d’intelligence artificielle générale (IAG) jusqu’à ce que des conditions de sécurité et un contrôle démocratique robustes soient établis. Plus d’informations sont disponibles sur leur site web : https://pauseia.fr/.