Passer au contenu principal

HYÈRES : Jean-Noël DROUIN : « L’abstraction permet d&…

Partager :

HYÈRES : Jean-Noël DROUIN : « L’abstraction permet d’utiliser la palette chromatique comme langage autonome »

Le Musée du Niel, à Hyères, dévoile dès le 1er mai sa nouvelle exposition explorant les luttes et les liens intimes entre couleur et abstraction.

Le jeudi 30 avril 2026 se tiendra le vernissage de la nouvelle exposition majeure du Musée du Niel, idéalement situé sur la presqu’île de Giens à Hyères. Intitulé « L’abstraction est une couleur », cet événement culturel ouvrira ses portes au public du 1er mai au 1er novembre 2026 pour une plongée inédite dans l’art de la seconde moitié du 20ème siècle. Selon le dossier dévoilé par l’institution varoise, l’objectif est d’interroger la place de la palette chromatique au sein de l’expressionnisme abstrait, en réunissant une sélection minutieuse de vingt-six artistes internationaux.

Un combat historique pour la lumière

Le titre même de cette exposition sonne comme un véritable manifeste. Il s’agit de retracer l’évolution complexe de la peinture d’après-guerre, une époque où les codes esthétiques dominants laissaient paradoxalement peu de place aux teintes éclatantes et se cantonnaient au noir, au blanc et au gris. « La couleur peine à s’imposer dans l’expression abstraite d’après-guerre dans un contexte esthétique qui accepte mal le recours aux éclats de la couleur », analyse Antoine Villeneuve, commissaire de l’exposition.

Pourtant, d’illustres créateurs ont su résister pour imposer leur vision colorée. Jean Dewasne s’est distingué par une approche géométrique affirmée, tandis que Georges Mathieu, Serge Poliakoff ou encore Hans Hartung ont fait appel à une puissante fibre lyrique. Outre-Atlantique, la réinvention de la peinture s’est nourrie de l’héritage matissien, portée par des figures incontournables telles que Shirley Jaffe, Sam Francis et Kimber Smith. « De ces combats, de cette résistance, de cette renaissance, de ces interconnexions, émergent une sensation, un sentiment, voire un langage, éclatants ou sombres, que l’on peut qualifier de « couleur abstraction » », poursuit le commissaire.

Le témoignage d’une quête esthétique

Après avoir exploré les origines de sa collection et les différentes avant-gardes lors des précédentes saisons, le musée propose aujourd’hui un nouveau regard. Le témoignage de son fondateur illustre parfaitement cette démarche intellectuelle et sensible. « En 2026, nous présentons une nouvelle facette de la collection du Musée du Niel. […] Si l’abstraction n’est pas une couleur en tant que telle bien sûr, elle permet en revanche à l’artiste, libéré des contraintes de la représentation, d’utiliser la palette chromatique comme langage autonome. Dans l’abstrait, la couleur ne sert pas le dessin, elle devient une entité à part entière, une forme couleur, l’essence même de l’œuvre », explique Jean-Noël Drouin, fondateur du lieu.

Cette certitude, le collectionneur l’a éprouvée intimement, décrivant une couleur qui condense la matière pour la transformer en lumière vibrante. « Loin d’être un simple choix esthétique, au-delà de la sensation visuelle, immédiate, quasi instinctive, chaque œuvre choisie pour cette exposition porte en elle une vibration et un sens propre », confie le passionné d’art, qui espère créer une communion directe entre les toiles et les visiteurs.

Une collection privée en perpétuel devenir

Le Musée du Niel abrite aujourd’hui plus de deux cents toiles représentant cent quinze créateurs de tous horizons. Entièrement privée, cette collection s’enrichit continuellement. « Fréquenter les salles de ventes, lire les catalogues, les monographies, visiter les lieux d’exposition, cela exerce l’œil et la pensée. Mais il m’a fallu aussi écouter les conseils d’experts, échanger avec eux, pour progressivement élargir ma sélection, découvrir ou redécouvrir des peintres européens, asiatiques et américains de grande qualité et affiner les acquisitions », détaille Jean-Noël Drouin. Des œuvres majeures de Nicolas de Staël, Karel Appel et Mark Tobey ont d’ailleurs récemment rejoint les cimaises de l’institution.

Immersion architecturale et gastronomique

L’expérience culturelle offerte repose également sur un écrin naturel d’exception au cœur du Parc National de Port-Cros. Le musée occupe une villa balnéaire de 1962 signée Jacques Chapon, minutieusement réhabilitée, entourée d’un vaste jardin méditerranéen. Cette escale entre art et mer se prolonge harmonieusement à la table du restaurant attenant, Le Mérou, qui propose une gastronomie en résonance directe avec les œuvres. En partenariat avec le Domaine de la Courtade, trois moments de dégustation rythmeront d’ailleurs la saison sous le signe de la couleur : le blanc en mai, le rosé en juillet et le rouge en octobre. L’ensemble de la programmation et la billetterie sont accessibles sur le site officiel de l’établissement (www.museeduniel.com).