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PARIS : Fouad SEVIMLI : « La réforme EPP est une obligation de plus pour des équipes sous tension »

Une enquête révèle que 61 % des entreprises ne sont pas prêtes pour la réforme de l’entretien de parcours professionnel d’octobre 2026.

L’année 2026 s’annonce particulièrement chargée pour les départements des ressources humaines. Entre la directive sur la transparence des salaires et le congé de naissance, les entreprises doivent désormais intégrer la réforme de l’Entretien de Parcours Professionnel (EPP), dont la mise en conformité est fixée au 1er octobre 2026. Pour mesurer l’état de préparation du marché, une vaste enquête a été menée auprès de 3 557 salariés et professionnels des ressources humaines par Staff & Go (https://staffngo.com/), un système d’information de gestion des ressources humaines français dédié aux petites et moyennes entreprises.

Un manque de préparation flagrant face à l’échéance

Les résultats de cette étude nationale dévoilent un retard préoccupant. À quelques mois de la date butoir, seulement 5 % des équipes RH se déclarent en totale conformité avec un déploiement à l’échelle et un suivi outillé. Plus inquiétant encore, 61 % des responsables n’ont pas encore véritablement entamé le processus, se trouvant soit au stade de la veille et du cadrage (42 %), soit n’ayant absolument rien lancé (19 %).

Le manque de clarté est également pointé du doigt. Près d’un professionnel sur deux (46 %) avoue avoir une visibilité partielle ou faible sur les nouvelles obligations. Parmi les sujets les plus complexes à appréhender, le Compte Personnel de Formation (CPF), avec ses mécanismes d’activation et d’abondement, représente le principal point de blocage pour 32 % des personnes interrogées.

L’urgence d’agir pour des équipes sous pression

Cette nouvelle contrainte réglementaire intervient dans un climat de saturation pour les gestionnaires. La nécessité d’accélérer la cadence se heurte à la réalité du terrain et au manque d’information des salariés, qui sont 53 % à ignorer l’existence même de cette réforme.

« La réforme EPP, c’est une obligation de plus sur une pile de réformes déjà très lourde pour des équipes RH sous tension. Or, le compte à rebours est lancé : dans six mois, les entreprises qui ne seront pas en règle s’exposeront à des abondements CPF imposés et à des risques de contentieux prud’homaux. Et six mois, c’est extrêmement court quand on sait que 61 % d’entre elles n’ont pas encore commencé. Les salariés et les professionnels des RH sont-ils bien au courant de cette évolution ? Et surtout, ont-ils les bons outils pour en assurer la gestion, l’organisation et la sécurisation ? », a souligné Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go.

Des risques juridiques et financiers considérables

L’analyse juridique de la situation vient confirmer la gravité de ce retard structurel. Les sanctions prévues par la législation ne laissent aucune place à l’approximation administrative ou aux processus incomplets. L’absence de sécurisation formelle expose directement la responsabilité de l’employeur.

« Les résultats de ce sondage m’inquiètent, même s’ils ne me surprennent pas vraiment. Lorsque 46 % des professionnels RH déclarent manquer de clarté sur leurs obligations et que 61 % n’ont pas encore entamé leur mise en conformité, on mesure l’ampleur du risque juridique qui peut se profiler. Il faut rappeler que l’EPP n’est pas simplement un entretien professionnel amélioré. Il s’agit d’un dispositif traçable, dont l’employeur devra être en mesure de démontrer la tenue et le contenu en cas de contentieux. Concrètement, l’absence de compte rendu, une signature manquante ou un suivi insuffisamment documenté peuvent rapidement placer l’entreprise en position de fragilité devant le conseil de prud’hommes. À cela s’ajoute un risque financier direct : un abondement du CPF de 3 000 euros par salarié lorsque l’employeur n’est pas en mesure de justifier de la réalisation de l’entretien et en l’absence de suivi d’une formation non obligatoire. Pour les PME, qui constituent l’essentiel du tissu économique français, il ne s’agit donc pas d’un risque théorique. L’exposition est bien réelle et peut rapidement représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros si la conformité n’est pas au rendez-vous d’ici octobre 2026 », a détaillé Cécile Dérouin, avocate et fondatrice de l’Académie RH.

Une nécessaire transition vers des outils adaptés

Pour surmonter ces défis, la structuration technique apparaît incontournable. Actuellement, seulement 22 % des professionnels disposent d’un outil informatique couvrant l’intégralité du processus, de la convocation à la traçabilité. Les développements en interne restent marginaux (23 %), laissant une vaste majorité d’organisations sans solution adéquate.

Cependant, une véritable prise de conscience émerge sur le marché : 68 % des services non équipés prévoient de choisir une solution numérique au cours de l’année. C’est précisément sur ce créneau d’accompagnement que se positionne Staff & Go (https://staffngo.com/). Conçue spécialement pour les petites et moyennes entreprises, cette plateforme propose un système entièrement modulaire intégrant une gestion fluide des entretiens professionnels, de la paie ou encore du recrutement, s’imposant ainsi comme une réponse technique directe aux défis de conformité imminents.