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PARIS : Municipales 2026 – Le RN en position de force…

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PARIS : Municipales 2026 – Le RN en position de force et les écologistes menacés de sanction

Une vaste enquête Ifop et Institut Terram dévoile une forte poussée du RN et un net recul des maires écologistes à l’approche du scrutin de mars.

À quelques jours du premier tour des élections municipales, le paysage politique local semble en pleine mutation. Loin d’être un simple scrutin de proximité, le rendez-vous des 15 et 22 mars 2026 pourrait bien préfigurer les grandes manœuvres de l’élection présidentielle à venir. C’est ce que révèle une enquête d’ampleur exceptionnelle menée par l’Ifop pour l’Institut Terram auprès de 10 000 personnes.

Si la dynamique locale reste prépondérante, les tendances nationales pèsent lourdement sur les intentions de vote. Le constat est clair : le Rassemblement National (RN) s’installe comme une force politique majeure à l’échelon municipal, tandis que la « vague verte » de 2020 semble refluer, laissant place à une demande accrue d’autorité et de bonne gestion.

Une poussée inédite du Rassemblement National

Le changement de paradigme est frappant par rapport au précédent scrutin. Selon l’étude, le RN est désormais le parti dont les électeurs souhaitent le plus la victoire. Alors qu’ils n’étaient que 13 % à espérer un succès du parti à la flamme en 2020, ils sont aujourd’hui 28 %. En ajoutant les intentions de vote pour Reconquête, le bloc de la droite radicale capte près d’un tiers des souhaits de victoire (31 %), devançant le bloc central (20 %) et l’ensemble des gauches (26 %).

Cette dynamique nationale pourrait se traduire par des basculements concrets, notamment dans le sud de la France.

« Les candidats RN/UDR semblent ainsi en mesure de jouer les premiers rôles dans la plupart des grandes villes du pourtour méditerranéen », analyse François Kraus, directeur du pôle Politique de l’Ifop.

Il cite notamment des progressions spectaculaires des intentions de vote en faveur du RN à Toulon (+24 points), Nice (+24 points) ou encore Marseille (+13 points). Si la conquête des métropoles reste difficile sociologiquement pour le RN, sa capacité de nuisance et de maintien au second tour pourrait priver la droite traditionnelle et le centre de réserves de voix cruciales.

La sécurité et la gestion au cœur des préoccupations

Ce glissement vers la droite s’explique par la hiérarchie des préoccupations des Français. Loin des débats abstraits, les électeurs réclament de l’ordre. Trois des cinq thèmes déterminants pour le vote du 15 mars sont liés à la sécurité : la protection des biens et des personnes (75 %), la lutte contre les incivilités (68 %) et le combat contre le narcotrafic (64 %).

Fait notable, ces enjeux ne sont plus l’apanage de l’électorat de droite. Ils sont devenus transpartisans. Même chez les électeurs du Nouveau Front Populaire, la sécurité figure en bonne place. Parallèlement, la rigueur budgétaire revient en force. La gestion des finances communales (70 %) et le niveau des impôts locaux (64 %) constituent un second bloc de priorités, dessinant un terrain électoral favorable aux candidats LR et Divers Droite, perçus comme les plus crédibles sur ces régaliens locaux.

Le reflux de la vague verte

À l’inverse, l’écologie politique traverse une zone de turbulences. Six ans après leurs succès historiques dans plusieurs grandes villes, les maires écologistes affrontent un risque élevé de vote sanction.

L’enquête révèle un désalignement fort : 30 % des électeurs ayant voté pour un maire EELV ou divers écologistes en 2020 regrettent leur choix, un taux trois fois supérieur à la moyenne nationale.

« La base écologiste, plus concentrée dans certains segments urbains spécifiques, se trouve mécaniquement diluée dans un électorat élargi », précise François Kraus pour l’Institut Terram.

La chute de l’intérêt pour les thématiques environnementales pèse lourd : la lutte contre le dérèglement climatique a dégringolé à la 17ème place des priorités municipales. Des villes comme Strasbourg, Lyon ou Bordeaux voient leurs édiles sortants en difficulté dans les sondages, bien que certains, comme à Poitiers ou Besançon, résistent mieux.

LFI progresse mais inquiète

La France Insoumise (LFI), qui avait largement impassed le scrutin de 2020, tente cette fois de s’implanter avec une stratégie offensive. Si la formation de Jean-Luc Mélenchon progresse dans les grandes villes (+5 points en moyenne), elle se heurte à un plafond de verre.

LFI est le parti dont la victoire est la plus redoutée : 36 % des votants craignent de voir la gauche radicale l’emporter dans leur commune.

Ce rejet pourrait favoriser des fronts « tout sauf LFI » au second tour, limitant les chances de conquêtes majeures malgré des scores de premier tour en hausse à Rouen, Lille ou Strasbourg.

Les difficultés du camp présidentiel

Enfin, pour la majorité présidentielle, le scrutin s’annonce périlleux. Le manque d’ancrage local et l’usure du pouvoir national pèsent sur les candidats Renaissance et Modem. Les intentions de vote en leur faveur s’effritent (-10 points). Des figures nationales comme Édouard Philippe au Havre ou Christian Estrosi à Nice, bien que favoris, voient leur assise s’éroder, payant parfois le prix de leur affiliation ou de leur proximité avec l’exécutif.

L’étude complète est disponible sur le site de l’Institut Terram (https://institut-terram.org/etudes/).