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PARIS : Société – Congé de paternité, la France reste…

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PARIS : Société – Congé de paternité, la France reste loin du top 10 mondial

Selon JobLeads, la France pointe au 18ème rang de l’OCDE pour le congé paternité, pénalisée par sa faible indemnisation malgré une durée notable.

Alors que le gouvernement français mise sur le « réarmement démographique » avec la mise en place prévue au 1er juillet 2026 d’un nouveau « congé de naissance », une question centrale demeure : où se situe réellement l’Hexagone par rapport à ses voisins internationaux ? Une nouvelle analyse réalisée par la plateforme carrière JobLeads (https://www.jobleads.com/fr) vient éclairer ce débat en comparant les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le verdict est mitigé : malgré des durées de congés théoriquement longues, la France peine à garantir un maintien de salaire compétitif, la reléguant à la 18ème place sur 43 pays étudiés.

L’Espagne, championne incontestée

Si la France cherche encore la bonne formule, l’Espagne semble l’avoir trouvée. Selon l’indice comparatif établi par JobLeads, nos voisins ibériques offrent les meilleures conditions de congé de paternité de toute l’OCDE, avec un score de 8,9/10. Les pères espagnols bénéficient de 16 semaines de congé rémunérées à 100 % de leur salaire initial.

Ce modèle place l’Espagne loin devant la concurrence en matière de sécurité financière pour les jeunes parents. À titre de comparaison, sur la base du salaire moyen local, un père espagnol perçoit l’équivalent de plus de 14 000 euros durant cette période. Le podium est complété par la Slovaquie (28 semaines rémunérées à 75 %) et la Norvège (15 semaines à 92,3 %). Ces pays ont fait le choix fort de lier temps de présence auprès de l’enfant et maintien élevé du pouvoir d’achat.

Le paradoxe français : la durée sans les moyens

Avec un indice de 7,3/10, la France se positionne en milieu de tableau, devancée par des pays comme la Roumanie, l’Estonie ou la Colombie. Pourtant, sur le papier, la France affiche une durée de congé réservée aux pères particulièrement longue : 31 semaines (cumulant congé paternité et part réservée du congé parental).

Cependant, le bât blesse au niveau du portefeuille. L’étude souligne que la prise en charge moyenne du salaire durant ces 31 semaines ne représente que 28,1 %. Concrètement, selon les calculs basés sur les données de l’OCDE, la rémunération moyenne perçue pendant cette période en France s’élève à environ 8 524 euros, pour un salaire annuel moyen de référence dépassant les 60 000 dollars.

Ce décrochage financier explique pourquoi la France se situe derrière des nations offrant des congés beaucoup plus courts (moins de 11 semaines pour la Roumanie) mais bien mieux indemnisés (près de 88 % du salaire). L’Hexagone devance tout de même de peu la Belgique (22ème), où la prise en charge salariale est similaire (28,7 %) mais la durée moindre (21,3 semaines).

Des disparités mondiales marquantes

L’analyse des données (disponibles ici : https://docs.google.com/spreadsheets/d/1AJTx2GOprGyQj-A4I4bNYf4hj9FZGyuRj3_gf6SFTwc/edit?gid=0#gid=0) révèle un paysage mondial extrêmement hétérogène. Si l’Espagne, le Chili, la Colombie ou encore la Turquie garantissent le maintien intégral du salaire (100 %), d’autres grandes puissances économiques font figure de mauvais élèves.

En bas du classement, à la 41ème place avec un indice de 1,5/10, on retrouve les États-Unis, Israël et la Nouvelle-Zélande. Ces trois pays de l’OCDE ne proposent aucun congé de paternité, ni congé parental ou de soins spécifiquement rémunéré pour les pères au niveau fédéral.

Méthodologie de l’étude

Pour établir ce classement, les experts de JobLeads se sont appuyés sur les données officielles de l’OCDE arrêtées au 2 septembre 2025. L’indice prend en compte deux facteurs principaux à parts égales : le nombre de semaines de congé rémunéré réservées exclusivement aux pères (non transférables à la mère) et le taux de remplacement du salaire durant ce congé.

Cette photographie internationale intervient à un moment clé pour la politique familiale française. Elle met en lumière l’enjeu crucial de l’indemnisation pour rendre les dispositifs de congé réellement attractifs pour les pères, au-delà de la simple durée légale inscrite dans le Code du travail.