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BANGUI : Numérique – La Centrafrique révolutionne son…

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BANGUI : Numérique – La Centrafrique révolutionne son administration avec la plateforme Dûnîa

La République Centrafricaine inaugure Dûnîa, une plateforme numérique réduisant de 70 % les délais administratifs au sein du ministère de l’Économie.

C’est une avancée majeure pour la modernisation de l’État en Afrique centrale. Le lancement officiel de la plateforme numérique Dûnîa, survenu le 23 février 2026 sous le patronage du Président Faustin Archange Touadera, marque une étape historique pour l’administration publique centrafricaine. Pour la première fois, un ministère entier, celui de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale (MEPCI), voit l’intégralité de ses processus numérisée, qu’il s’agisse de son fonctionnement interne ou de ses interactions avec les partenaires extérieurs.

Ce projet s’inscrit directement dans le cadre du Plan National de Développement (PND 2024-2028) et du programme « Ambition28 ». Il ne s’agit pas d’une simple informatisation de surface, mais d’une refonte structurelle de la gouvernance économique.

« Dûnîa est bien plus qu’un simple projet de gouvernement à vocation électronique. Il s’agit d’une plateforme numérique intégrée, modulaire et évolutive qui cartographie tous les processus administratifs, opérationnels et stratégiques du ministère », a déclaré le Professeur Richard Filakota, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale.

Des gains de productivité et d’efficacité

Les retombées opérationnelles de ce déploiement sont immédiates et quantifiables. La plateforme automatise désormais la gestion des ressources humaines, le suivi budgétaire, la gestion documentaire et les analyses macroéconomiques. Grâce à cette technologie, les délais de traitement administratif sont réduits d’environ 70 %. Cette automatisation permet de libérer près de 40 % des ressources humaines pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Sur le plan financier, les économies sur les frais administratifs récurrents pourraient atteindre 30 %. La robustesse du système est assurée par une architecture de micro services open source, garantissant une disponibilité de 99,8 % et une structure de données chiffrée pour une sécurité optimale.

Sécuriser et optimiser l’aide internationale

L’un des enjeux cruciaux de Dûnîa réside dans la gestion des financements. La plateforme intègre un registre central inédit regroupant tous les projets gouvernementaux, internationaux et humanitaires. Cette centralisation vise à éliminer les doublons et les lacunes d’information, permettant ainsi une utilisation plus rationnelle des fonds de développement. Cette gouvernance numérique est essentielle pour piloter la mise en œuvre du PND 2024–2028, pour lequel plus de 9 milliards de dollars ont été mobilisés lors de la table ronde de Casablanca en septembre 2025. En coordonnant numériquement ces projets, l’État espère réaliser des économies de 15 à 20 % grâce à la réduction des chevauchements, tout en accélérant les décaissements et en améliorant la traçabilité pour minimiser les risques de corruption.

Une souveraineté numérique affirmée

Le développement de Dûnîa illustre également la montée en puissance des compétences locales. Le projet a été réalisé en partenariat avec la société technologique centrafricaine EDEN TiiiT. Son dirigeant, Cédric Pidjou, a d’ailleurs préfinancé les phases initiales sur fonds propres, démontrant l’engagement du secteur privé national.

« Ce modèle souligne le rôle croissant du secteur privé local dans la transformation numérique du pays et envoie un signal fort aux partenaires et investisseurs internationaux », se félicite le Professeur Richard Filakota.

Pour le ministre, la Centrafrique se positionne ainsi comme un « pionnier de la modernisation administrative numérique » et un « modèle de souveraineté numérique ».

Le choix du nom n’est pas anodin : « Dûnîa » signifie « le monde » ou « l’univers » en sango, la langue nationale. Ce terme symbolise l’ouverture de la République Centrafricaine et sa volonté d’accélérer sa croissance grâce à l’innovation. La plateforme pose ainsi les bases d’une élaboration des politiques publiques fondée sur des preuves tangibles, renforçant la transparence et la responsabilité de l’État.