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MARSEILLE : Services publics – Mobilisation pour le maintien des guichets en gare Saint-Charles

Sud Rail et Nos services publics manifesteront le 6 mars à la gare Saint-Charles pour défendre l’accueil humain face à la dématérialisation.

À l’approche des élections municipales, la question des services publics locaux revient avec force dans le débat politique marseillais. Le vendredi 6 mars prochain, le syndicat Sud Rail et le collectif Nos services publics, accompagnés de diverses associations locales et nationales, organisent une journée d’action d’envergure. Le rendez-vous est fixé au square Narvick, sur le parvis de la gare Saint-Charles, de 11 heures à 15 heures. L’objectif affiché est clair : défendre des gares et des communes « humaines » et s’opposer fermement à la fermeture progressive des guichets physiques.

Une action à l’approche des municipales

Marseille, deuxième ville la plus peuplée de France, présente la particularité d’être l’une des métropoles les plus inégalitaires du territoire. Avec plus de 23 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, la cité phocéenne dépend crucialement de l’accessibilité de ses services publics pour lutter contre la ségrégation sociale.

C’est dans ce contexte tendu que s’inscrit cette mobilisation. Elle fait écho à une vaste campagne d’interpellation lancée en vue des élections municipales intitulée « Pour les services publics locaux ». Cette initiative est portée par une coalition regroupant une vingtaine d’organisations non gouvernementales, d’associations et de syndicats. Ensemble, ils ont défini 14 exigences fondamentales, dont la quatrième concerne spécifiquement les transports : demander aux futurs élus de s’engager pour le maintien du réseau ferroviaire et la réouverture des gares et guichets SNCF de proximité.

Le paradoxe de la gare Saint-Charles

Au cœur des revendications se trouve la gestion de la gare Saint-Charles. Les organisateurs pointent du doigt les projets de la direction de l’ESO TGV Méditerranée, qui prévoit une réduction de l’amplitude horaire des espaces de services et de l’accueil physique. Cette diminution de la présence humaine contraste fortement avec les investissements massifs annoncés pour les infrastructures.

En effet, la création du futur pôle multimodal et la construction de la gare souterraine représentent un investissement estimé à 3 milliards d’euros. Pour le collectif et les syndicats, il y a un paradoxe inacceptable entre ces dépenses colossales d’infrastructure et le recul du service rendu aux usagers au quotidien. Ils dénoncent des choix stratégiques qui privilégient le béton au détriment de l’humain.

La fracture numérique, vecteur d’exclusion

La dématérialisation accélérée des services est au centre des critiques. Selon les données relayées par le collectif, la fracture numérique touche aujourd’hui un Français sur deux, à des degrés divers. La suppression des guichets physiques et l’obligation de passer par des interfaces numériques entraînent un sentiment d’exclusion et de frustration croissant au sein de la population.

Les organisateurs vont plus loin dans leur analyse politique, estimant que cette frustration, née de l’éloignement des services publics, constitue l’une des sources alimentant le vote en faveur de l’extrême droite. L’interpellation des candidats aux municipales portera donc sur ces enjeux transversaux : de l’accès aux transports à la santé, en passant par la lutte contre cette fracture numérique qui isole les plus précaires.

Un collectif engagé pour le sens des missions

Le collectif Nos services publics (https://nosservicespublics.fr/), co-organisateur de l’événement, regroupe des fonctionnaires, des contractuels et des agents de la sécurité sociale. Ces professionnels, chargés de la mise en œuvre des politiques publiques, alertent sur le délitement de leurs missions dû au manque de moyens et à une gestion jugée déconnectée des besoins réels des citoyens. Ils plaident pour une vision du service public construite avec les usagers et les agents, au service de l’intérêt général.

Le programme de la mobilisation

La journée du 6 mars s’articulera autour de deux temps forts au square Narvick :

*   De 11h à 13h : Déploiement de banderoles et actions de sensibilisation auprès des usagers de la gare, accompagnés d’un moment convivial autour d’une rôtisserie et d’un barbecue.

*   De 13h30 à 15h : Rassemblement politique avec des prises de parole des représentants associatifs et syndicaux, suivi de l’interpellation directe des candidats aux élections municipales sur leurs engagements en matière de services publics.

Les organisateurs espèrent ainsi placer la question de l’accueil physique et de la proximité au centre des débats électoraux à venir.