PARIS : Guy ALBA : « Le dépistage néonatal sauve des vies »
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PARIS : Guy ALBA : « Le dépistage néonatal sauve des vies »
Une enquête révèle un soutien massif des Français pour le dépistage néonatal des leucodystrophies.
L’association ELA International met en lumière une urgence de santé publique méconnue. Une enquête exclusive, menée conjointement par les instituts IPSOS et BVA dans plusieurs pays européens, dresse un état des lieux contrasté : si la notoriété des leucodystrophies progresse en France, la compréhension de ces pathologies reste superficielle. Pourtant, l’adhésion de la population au dépistage néonatal est quasi unanime, ouvrant la voie à une révolution dans la prise en charge des malades.
Une notoriété en trompe-l’œil
Les résultats du sondage dévoilent un paradoxe français. L’Hexagone fait figure d’exception en Europe avec plus d’un répondant sur deux déclarant avoir déjà entendu parler des leucodystrophies, contre seulement une personne sur quatre chez nos voisins européens. Cette visibilité, fruit de décennies de combats médiatiques, masque toutefois une réalité plus complexe. Seuls 2 % des Français se disent capables d’expliquer clairement les mécanismes ou les conséquences de cette maladie à un proche.
Ailleurs en Europe, la méconnaissance est profonde. Les confusions sont fréquentes, la maladie étant souvent assimilée à tort à des troubles sanguins. Si l’origine génétique est parfois identifiée, la gravité extrême et les conséquences vitales de ces pathologies échappent encore au grand public.
Guy Alba, Président d’ELA International, s’alarme de ce déficit d’information : « Cette méconnaissance est en soi une urgence de santé publique. Une maladie rare reste abstraite tant qu’elle ne touche pas directement une famille. Pourtant, en France, plusieurs enfants naissent chaque semaine avec une leucodystrophie ».
Des vies brisées par l’errance médicale
Derrière ce terme médical complexe se cache une réalité dramatique. Les leucodystrophies regroupent des maladies génétiques neurodégénératives qui s’attaquent à la myéline, la gaine protectrice des nerfs. Ce processus entraîne une destruction progressive et rapide des fonctions motrices, sensorielles et vitales. En France, trois à six enfants naissent chaque semaine avec cette épée de Damoclès.
L’absence de diagnostic précoce condamne les familles à un parcours du combattant.
« Derrière ces chiffres, il y a des parcours marqués par l’errance médicale, des diagnostics trop tardifs et des vies brisées », rappelle Guy Alba.
« Informer, c’est déjà agir : on ne peut pas espérer des décisions fortes sans une compréhension claire de l’enjeu humain et médical ».
Un plébiscite pour le dépistage systématique
L’étude révèle cependant une donnée porteuse d’espoir : une fois informés de la nature de la maladie et de l’existence de traitements, les citoyens plébiscitent massivement le dépistage à la naissance. Le soutien est écrasant : 94 % en France, 95 % en Italie et jusqu’à 97 % en Espagne. Les sondés perçoivent clairement l’enjeu : permettre une prise en charge avant même l’apparition des premiers symptômes irréversibles. Pour deux formes particulièrement sévères, l’adrénoleucodystrophie (ALD) et la leucodystrophie métachromatique (MLD), la science a fait des progrès considérables. Des thérapies existent, mais elles partagent une contrainte absolue : elles doivent être administrées précocement.
Une course contre la montre
L’efficacité des traitements actuels, qu’il s’agisse de greffes de cellules souches ou de thérapie génique, dépend exclusivement de la rapidité de l’intervention. Un diagnostic néonatal permettrait de traiter l’enfant avant que la maladie ne détruise son système nerveux, augmentant drastiquement les chances de survie et de guérison. Pour le président de l’association, la voie à suivre est claire et s’inspire de modèles étrangers réussis.
« Le dépistage néonatal sauve des vies. Pour l’ALD et la MLD, il n’existe pas d’alternative : diagnostiquer à la naissance, c’est la seule façon de rendre les traitements efficaces », insiste Guy Alba.
Il cite en exemple les États-Unis, où des programmes similaires ont déjà fait leurs preuves : « Là où ce dépistage existe, comme aux États-Unis, les résultats sont là. Chaque jour gagné avant les symptômes change le destin d’un enfant ».
En cette Journée mondiale, le message envoyé par ELA International et soutenu par l’opinion publique est sans appel : la technologie existe, les traitements existent, il ne manque plus que la volonté politique de généraliser le dépistage pour sauver ces enfants.


