Passer au contenu principal

NANTES : Économie – Le SC Club lance la première fran…

Partager :

NANTES : Économie – Le SC Club lance la première franchise de strip clubs de l’Hexagone

Le SC Club bouscule les codes du monde de la nuit en ouvrant son concept à la franchise pour structurer et normaliser un secteur souvent stigmatisé.

C’est une petite révolution dans le paysage entrepreneurial français. Alors que la franchise a su modéliser des activités allant de la boulangerie au coaching sportif, elle s’était jusqu’ici arrêtée aux portes des établissements de nuit pour adultes. Ce mercredi 25 février 2026, le SC Club brise ce plafond de verre en annonçant l’ouverture officielle de son concept à la franchise. L’objectif est clair : transformer un secteur jugé « sulfureux » en un modèle économique structuré, duplicable et rigoureusement encadré. Pour Laurent Roué, entrepreneur nantais et fondateur de l’enseigne, il s’agit de répondre à un paradoxe de marché. Le secteur existe, la demande est réelle, mais l’offre souffre d’un déficit cruel de structuration et d’image.

« La franchise française s’est bâtie sur des modèles rassurants, reproductibles et socialement consensuels. Elle a longtemps évité les territoires jugés complexes », analyse la direction du groupe.

En appliquant les recettes classiques du commerce organisé à l’univers du strip-tease, le SC Club entend prouver qu’une activité marginalisée peut devenir un cas d’école entrepreneurial.

Une distinction nette avec les bars à hôtesses

Le cœur du projet repose sur une clarification sémantique et opérationnelle de l’activité. L’enseigne tient à se distancer des amalgames persistants avec les « bars à hôtesses » ou les établissements aux pratiques opaques. Le concept (https://sc-club.com) se définit strictement comme un lieu de divertissement nocturne basé sur des prestations artistiques.

L’expérience client est codifiée : tarifs affichés, règles de comportement strictes et absence de consommation forcée. « Ni bar à hôtesses, ni établissement hybride, ni concept ambigu », martèle le fondateur.

Les danseuses y sont considérées comme des artistes proposant des spectacles publics ou privés dans un cadre sécurisé. Cette transparence vise à rassurer non seulement la clientèle, composée majoritairement de cadres et de professionnels en déplacement, mais aussi les partenaires financiers et administratifs.

Structurer l’instructurable

Pour rendre ce modèle transmissible à des franchisés, le SC Club a dû modéliser l’intégralité de son savoir-faire. Cela passe par la gestion d’un Établissement Recevant du Public (ERP), le respect des normes de sécurité, mais surtout par la gestion des ressources humaines, point névralgique de l’activité. L’enseigne a mis en place une école de formation interne. Celle-ci a pour vocation de professionnaliser les artistes, de garantir un niveau de prestation homogène sur tout le territoire et d’offrir de véritables plans de carrière aux collaborateurs.

« Le management responsable, les rituels managériaux et un formalisme rigoureux constituent des éléments clés du concept », précise l’entreprise sur sa page dédiée à la franchise (https://sc-club.com/franchise/). Cette approche vise à sécuriser les futurs franchisés, qu’ils soient professionnels du CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants) en quête de diversification ou cadres en reconversion.

Un développement prudent sur dix ans

Derrière cette initiative se trouve l’expertise de Laurent Roué, figure du secteur depuis plus de trente-cinq ans. Après avoir fondé l’agence « Charme & Séduction » dans les années 90, puis exploité « Le Petit Théâtre Coquin », il a ouvert le Strip Café Club à Nantes en 2001, posant les bases du réseau actuel.

Son parcours illustre la nécessité de la constance dans un milieu volatil : « Une activité sensible, certes, mais qui exige rigueur, constance et professionnalisme ».

Malgré le caractère inédit de l’offre, l’ambition de développement reste mesurée. Le groupe ne cherche pas une croissance exponentielle immédiate mais vise l’ouverture d’une vingtaine d’établissements en France d’ici une décennie. Cette stratégie de « temps long » est dictée par la nécessité de sélectionner rigoureusement les partenaires capables d’assumer les standards éthiques et de gestion imposés par la marque.

L’enjeu de la normalisation économique

Au-delà de l’aspect commercial, cette ouverture à la franchise pose une question de fond sur l’intégration économique des secteurs dits « sensibles ».

Le monde de la nuit, fragilisé par les crises successives, peine souvent à accéder aux financements bancaires classiques. En apportant des bilans, des processus et une logique de réseau, le SC Club espère redonner de la crédibilité à cette industrie auprès des institutions. Les investissements restent lourds et les normes exigeantes, comparables à celles de la restauration haut de gamme. En sortant le strip club de sa zone grise pour le faire entrer dans la lumière de l’entrepreneuriat organisé, le SC Club parie que la rentabilité et la transparence peuvent faire bon ménage, même une fois la nuit tombée.