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PARIS : Salon de l’agriculture – Garder les agneaux et la valeur ajoutée au bercail

Présente à Paris, la Région Sud déploie un plan de bataille offensif pour relocaliser l’engraissement des bêtes, sécuriser les débouchés et assurer l’indépendance alimentaire du territoire.

C’est une délégation offensive qui a investi les allées du Salon International de l’Agriculture ce mardi 24 février. Bénédicte Martin, Vice-Présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge de l’Agriculture, et François de Canson, Vice-Président en charge du développement économique, ont inauguré le stand régional de 1 200 m². À leurs côtés, les présidents des Départements, dont Jean-Louis Masson, Président du Département du Var, sont venus afficher un front uni. L’objectif est clair : défendre les savoir-faire locaux et, surtout, consolider les filières face à la volatilité des marchés.

Pour Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’enjeu dépasse la simple vitrine promotionnelle. Il s’agit de souveraineté. « La Région Sud porte une ambition simple : défendre ceux qui nous nourrissent et préparer l’avenir », a martelé le Président lors de sa visite, rappelant que l’agriculture est au cœur de l’identité régionale.

Stopper l’hémorragie de la valeur ajoutée

Le constat dressé par les services régionaux est sans appel. Si l’élevage est un pilier de nos territoires ruraux, une partie de la richesse échappe encore aux producteurs locaux. Le point faible ? L’engraissement. Cette dernière étape avant la commercialisation, cruciale pour la rentabilité, fait souvent défaut sur nos terres.

En conséquence, de nombreux animaux, notamment les agneaux et les chevreaux, sont expédiés hors de la région pour être engraissés ailleurs. Ce transfert forcé prive le territoire de valeur ajoutée et d’emplois, tout en fragilisant l’autonomie des filières ovines et caprines. Face à l’augmentation des coûts de production, cette perte de maîtrise sur la chaîne de valeur n’est plus soutenable pour une profession qui cherche à pérenniser ses exploitations.

Des investissements concrets pour relocaliser

La Région a décidé de passer à l’offensive pour combler ce « maillon manquant ». L’exemple le plus frappant concerne la filière caprine. Suite à la fermeture du seul site régional d’engraissement en 2024, toute la filière s’est retrouvée menacée. La réponse ne s’est pas fait attendre : un nouveau site a ouvert ses portes début 2025 en Vaucluse, soutenu par une aide régionale de 100 000 €. Cette infrastructure permet désormais de conserver la production ici et de sécuriser les débouchés des éleveurs.

La même logique s’applique à la filière ovine. Avec l’appui de la coopérative Agneau Soleil, des ateliers d’engraissement collectifs se développent. L’ambition est de répondre à une forte consommation locale — les habitants du Sud veulent manger local — tout en améliorant la compétitivité des éleveurs. En gardant les agneaux au bercail, la Région entend transformer une agriculture de matière première en une agriculture de produits finis.

2026, année du pastoralisme et de l’avenir

Cette stratégie de reconquête s’inscrit dans un cadre symbolique fort : 2026 est l’année internationale des parcours et du pastoralisme. Avec plus de 870 000 hectares d’alpages et 605 000 ovins en estive, le pastoralisme est vital pour l’entretien de nos paysages. Au-delà de l’engraissement, la Région investit dans la modernisation des cabanes de bergers (40 projets en 2025) et la structuration d’une filière laine régionale, transformant ce qui était considéré comme un déchet en ressource textile.

En sécurisant chaque étape, de l’installation des jeunes — aidée par le prêt d’honneur agricole — à la transformation finale, Renaud Muselier et son équipe tracent la route d’une agriculture « forte, durable et ancrée dans ses territoires ». Pour nos éleveurs varois et provençaux, c’est la garantie que la valeur de leur travail restera, enfin, en Provence.