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PARIS : François GOMBERT : « La hausse tarifaire de Ouigo constitue une trahison de marque »
François Gombert décrypte l’envolée des prix Ouigo comme une rupture brutale du contrat de confiance et une erreur stratégique majeure de la SNCF.
La question ne relève plus seulement du pouvoir d’achat, mais de la crédibilité même de l’opérateur ferroviaire historique. Dans sa dernière publication datée de ce jeudi 19 février 2026, l’expert en communication et leadership François Gombert livre une analyse sans concession de la stratégie tarifaire de la SNCF concernant son offre à bas coût. S’appuyant sur les données récentes de la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports), il pointe du doigt une dérive inquiétante : une augmentation de 75 % des prix en sept ans, transformant le « Low Cost » en « Low Service » sans l’avantage tarifaire promis.
Une promesse initiale non tenue
Pour François Gombert, auteur de la newsletter de référence « Com’On En Parle ! » (https://comonenparle.substack.com/), le constat est celui d’une rupture du pacte moral. « Une marque, c’est une promesse. Celle de Ouigo tient en trois lettres : BAS (prix). Ce n’est pas le confort. Ce n’est pas le service. Ce n’est pas la ponctualité. C’est littéralement sa raison d’être », rappelle-t-il.
Or, les chiffres de l’Autorité de régulation des transports, relayés par la FNAUT, brisent ce contrat. Entre 2017 et 2024, le prix moyen du billet est passé de 19,80 euros à 34,70 euros. Plus spectaculaire encore, le prix au kilomètre a bondi de 68 %, et le plafond tarifaire atteint désormais 119 euros. « 119 euros pour un billet « low cost ». Relisez cette phrase », s’indigne l’expert, soulignant le paradoxe d’une offre censée être accessible à tous.
La comparaison avec l’offre premium est cruelle pour la filiale discount. Sur la même période, les TGV Inoui n’ont augmenté que de 8 %. « La marque de luxe a davantage tenu sa promesse de stabilité que la marque discount n’a tenu sa promesse d’accessibilité », analyse François Gombert.
Le piège du transfert massif de voyageurs
L’analyse va plus loin que le simple constat comptable et met en lumière une mécanique stratégique redoutable, qualifiée de « Bait and Switch » (l’appât et la substitution). Selon les données exposées, l’offre Ouigo a explosé de 185 % en sièges-kilomètres, tandis que l’offre classique Inoui reculait de 13 %.
La manœuvre semble limpide pour l’analyste : « La SNCF a transféré massivement ses voyageurs vers le low cost (en supprimant des TGV classiques), puis, une fois le client captif, elle a augmenté les prix du low cost ». Le résultat est une forme de captivité pour l’usager. « Vous pensiez prendre le Ouigo pour payer moins cher ? Vous le prenez aujourd’hui parce qu’il n’y a plus d’Inoui à cette heure-là. Et vous le payez au prix fort », déplore François Gombert.
Un problème de réputation majeur
Au-delà de l’aspect économique, c’est la communication de la SNCF qui est ici remise en cause. Là où une compagnie comme Ryanair assume un cynisme clair — un simple transport d’un point A à un point B sans fioritures — Ouigo continue de cultiver une image cool et accessible en décalage complet avec la réalité vécue par les voyageurs.
« Ouigo a construit toute son identité sur « le TGV à 10 euros ». Les ventes flash, les campagnes de pub colorées… Tout hurlait : « On est le train pour ceux qui n’ont pas les moyens du TGV classique » », explique François Gombert. Ce décalage entre la publicité et le prix réel payé par l’usager constitue un « poison lent » pour la marque.
Pour l’expert, la direction de la SNCF commet une erreur de diagnostic en traitant cette crise sous un angle purement tarifaire (« Pricing ») alors qu’il s’agit d’un sujet de réputation. « C’est techniquement vrai (il reste des billets pas chers). Mais c’est stratégiquement mensonger », assène-t-il.
Restaurer la confiance perdue
La conclusion de cette analyse sonne comme un avertissement pour les décideurs de l’entreprise publique. Une promesse de marque étant un engagement public, elle ne peut être modifiée unilatéralement sans conséquences sur la confiance des clients.
François Gombert estime que la SNCF a encore la possibilité de rectifier le tir, mais cela exige un changement de paradigme. Il est urgent d’arrêter de considérer Ouigo comme un simple « robinet à cash » pour le traiter comme une véritable marque, avec une identité, une promesse claire et des comptes à rendre à ses usagers.
L’analyse complète est disponible sur la publication « Com’On En Parle ! » : https://comonenparle.substack.com/p/ouigo-75-sur-les-billets-fin-du-low


