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PARIS : Sylvain LE FALHER : « L’électrification, un enjeu de pouvoir d’achat et de souveraineté »

Publiée ce 12 février, la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) mise sur une électrification massive des usages.

Après près de trois ans de blocages politiques, la feuille de route énergétique de la France a été officiellement publiée par décret ce jeudi 12 février. Cette nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe des objectifs ambitieux pour la décarbonation du pays, en prévoyant de porter la part de consommation d’énergie décarbonée de 42 % en 2023 à 60 % en 2030. Pour y parvenir, le texte mise sur une montée en puissance de l’électricité, dont le poids dans le mix énergétique national doit passer de 27 % à 34 %.

Toutefois, si l’électrification est présentée comme un pilier de cette stratégie, la PPE ne fixe pour l’heure aucun objectif chiffré concret pour les usages, contrairement au parc de production. Le futur plan d’électrification, annoncé pour mai 2026, devra donc combler ce manque en ciblant prioritairement les transports, le bâtiment et l’industrie pour stimuler la demande et organiser la transition. L’enjeu est de taille : il s’agit de substituer l’électricité aux énergies fossiles, qui représentent encore 60 % de la consommation française et une facture de 60 milliards d’euros par an, un retard déjà souligné par RTE.

La pompe à chaleur, fer de lance de la rénovation énergétique

Dans le secteur résidentiel, cette nouvelle orientation se matérialise déjà par une évolution des aides publiques. Le dispositif MaPrimeRénov’, dont le guichet devrait rouvrir à la fin du mois de février, recentre ses financements sur l’électrification des logements. Certains gestes d’isolation sont ainsi écartés au profit de la décarbonation du chauffage, via l’installation de pompes à chaleur (PAC). Cette même logique s’applique aux certificats d’économies d’énergie (CEE), réorientés pour financer en priorité les PAC et les voitures électriques.

Selon une étude de la société Hello Watt, spécialiste de la transition énergétique des particuliers, le passage à la pompe à chaleur est un levier efficace de pouvoir d’achat. En intégrant les coûts d’achat et d’usage, le coût de revient d’une PAC est 28 % moins cher qu’une chaudière à gaz et s’amortit en moyenne en 7 à 8 ans. Une analyse (https://www.hellowatt.fr/pompe-a-chaleur/pompe-chaleur-air-eau/chauffage-plus-economique) basée sur 900 000 logements révèle que le remplacement d’un chauffage au gaz par une PAC air-eau permet une réduction moyenne de la consommation d’énergie de 62 %. Ces chiffres corroborent les récentes données de l’Ademe, qui évoquent une consommation divisée par trois et des factures de chauffage divisées par deux.

Le solaire comme accélérateur de la transition

Si la nouvelle PPE ralentit la cadence pour les grands parcs photovoltaïques, elle reste volontariste pour la filière avec un objectif de 55 à 90 GW de capacité installée en 2035. Au niveau résidentiel, Hello Watt constate que les ménages équipés de panneaux solaires sont plus enclins à adopter une pompe à chaleur ou un véhicule électrique. La possibilité d’alimenter ces équipements avec une électricité gratuite autoproduite accélère en effet leur rentabilité.

L’installation de panneaux solaires permettrait ainsi de réduire de 31 % en moyenne sa consommation d’électricité soutirée au réseau, et jusqu’à 41 % avec une batterie de stockage. Cet investissement est généralement rentabilisé en 10 ans, pour des équipements dont la durée de vie dépasse 30 ans.

Flexibilité : le pilotage de la consommation, enjeu de demain

Le développement du nucléaire et des énergies renouvelables, bien que largement décarbonés, pose le défi de leur pilotage. La flexibilité électrique des particuliers devient donc un enjeu central pour équilibrer le réseau. Ce mécanisme, qui consiste à moduler sa consommation lors des pics de demande, est encore largement sous-exploité. Les batteries des voitures électriques, les pompes à chaleur ou le chauffage électrique représentent un gisement de flexibilité important qui, via des opérateurs d’effacement, pourra être mobilisé à grande échelle.

« L’enjeu est simple : remplacer le plus rapidement possible les énergies fossiles que nous utilisons pour nous chauffer et nous déplacer par de l’électricité produite chez nous, à partir du nucléaire et du renouvelable. Développer les véhicules électriques, les pompes à chaleur ou les panneaux solaires sur nos toits, ce n’est pas « juste » réduire les émissions de CO2. C’est aussi plus de pouvoir d’achat, des emplois non délocalisables, et plus de souveraineté énergétique », analyse Sylvain Le Falher, cofondateur d’Hello Watt.

Hello Watt (https://www.hellowatt.fr/) se présente comme le spécialiste de la transition énergétique pour les particuliers, proposant un accompagnement complet allant du choix d’un fournisseur d’énergie à l’installation de solutions de rénovation (isolation, PAC) et d’autoproduction (panneaux solaires) via une application téléchargée plus de deux millions de fois.