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PARIS : Crise agricole – Le groupe RDSE réclame une stratégie à long terme au-delà de l’urgence
Suite au projet de loi d’urgence agricole, le groupe sénatorial RDSE appelle à une vision de long terme et non à des mesures palliatives.
Face à la crise profonde qui secoue le monde agricole français, le groupe RDSE (Rassemblement Démocratique et Social Européen) au Sénat a pris position ce mercredi 11 février 2026, suite à une consultation menée par Annie Genevard, ministre de l’Agriculture. Si les sénateurs centristes saluent l’initiative gouvernementale d’une loi d’urgence, ils mettent en garde contre des solutions superficielles et appellent à l’élaboration d’une véritable stratégie nationale.
Le groupe, représenté par les sénateurs Nathalie Delattre (Gironde) et Henri Cabanel (Hérault), a pris acte de la volonté de l’exécutif de répondre à une situation critique, marquée par la dégradation de la balance commerciale agricole, les impacts croissants du changement climatique et une série de crises sanitaires.
L’urgence ne doit pas occulter la stratégie
Pour le groupe RDSE, les mesures d’urgence, bien que nécessaires, ne sauraient suffire. Il insiste sur la nécessité de les inscrire dans une vision ambitieuse pour garantir la souveraineté alimentaire de la France, accompagner la transition agroécologique et assurer une juste rémunération aux agriculteurs. Le message se veut clair et direct, loin des solutions de façade. « Le paysan en colère ne demande ni rustines ni effets d’annonce, il demande un cap lisible, des règles stables et des moyens pour investir et vivre dignement de son travail », rappellent les membres du groupe dans leur communiqué.
Cette demande d’un cap stratégique vise à offrir une stabilité et une prévisibilité indispensables à une profession confrontée à de multiples incertitudes.
Un projet de loi sous haute surveillance
Le projet de loi actuellement en préparation s’articule autour de trois axes prioritaires : la gestion de l’eau, la problématique de la prédation lupine et la sécurisation des moyens de production. Le groupe RDSE a annoncé qu’il serait particulièrement attentif à la cohérence de ce texte avec les engagements récents pris par le Gouvernement.
Parmi ces engagements figurent l’interdiction d’importer des produits traités avec des substances phytosanitaires prohibées en France, un encadrement plus strict des achats de denrées hors Union européenne pour la restauration collective publique, ainsi que la simplification des procédures administratives pour les petites exploitations bovines. La vigilance portera également sur l’articulation de cette loi d’urgence avec les dispositions de la loi de finances pour 2026, notamment les aides prévues pour les filières de la viticulture, des fruits et légumes, des protéines végétales et les investissements dans la gestion de l’eau.
Pour une politique de planification agricole
En conclusion, le RDSE prévient que « l’enchaînement des textes d’urgence ne peut se substituer à une politique agricole de planification ». Selon les sénateurs, seule une stratégie de long terme, fondée sur une analyse précise des forces et des faiblesses de l’agriculture française, pourra garantir la pérennité des exploitations, le revenu des agriculteurs, la souveraineté alimentaire du pays et le redressement de sa balance commerciale.
Le groupe s’est dit prêt à prendre toute sa part dans ce défi et a lancé un appel à l’ensemble des syndicats agricoles pour qu’ils se mobilisent conjointement sur ces objectifs, « dans un esprit de responsabilité et de compromis au bénéfice de l’intérêt général ».


