BONDY : Urbanisme – La pépithèque Mariama Bâ fusionne…
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BONDY : Urbanisme – La pépithèque Mariama Bâ fusionne culture et entrepreneuriat au cœur de la ville
Est Ensemble et la Ville de Bondy ont inauguré à la Noue Caillet un lieu hybride de 2 000 m2 réunissant bibliothèque et pépinière d’entreprises.
C’est une réponse architecturale et sociale audacieuse aux besoins du territoire. Le samedi 24 janvier 2026, l’établissement public territorial Est Ensemble et la municipalité de Bondy (Seine-Saint-Denis) ont officiellement ouvert les portes de la pépithèque Mariama Bâ. Installé dans les locaux réhabilités de l’ancien site de la MGEN, ce nouvel équipement de plus de 2 000 m² se distingue par sa nature double : il abrite sous un même toit une bibliothèque publique et une pépinière d’entreprises.
Située au cœur du quartier de la Noue Caillet, au nord de la commune, cette structure incarne une volonté politique de décloisonnement. L’objectif affiché est de proposer, dans un espace unique, des solutions concrètes en matière d’accès à la culture, mais aussi de formation, d’emploi et de création d’activité. Le lieu porte le nom de Mariama Bâ (1929-1981), écrivaine sénégalaise et figure de l’émancipation féminine, auteure du célèbre roman *Une si longue lettre*. Un choix symbolique fort pour un site dédié au savoir et à l’autonomie.
Un levier pour le développement économique local
La composante « pépinière » de l’équipement répond à une réalité économique précise du nord de Bondy. Dans ce secteur, près de la moitié des créations d’entreprises sont le fait de micro-entrepreneurs ou d’indépendants qui peinent souvent à trouver des locaux professionnels adaptés et abordables.
Pour soutenir ce tissu économique local, la structure propose 17 bureaux, six postes en espace de coworking ainsi que plusieurs salles de réunion. La gestion de ces espaces a été confiée à INTERFACES, un acteur spécialisé dans l’accompagnement des entrepreneurs. L’offre inclut un hébergement à coût maîtrisé pour une durée limitée à quatre ans, permettant de sécuriser le démarrage de l’activité.
Outre l’hébergement, la pépithèque intègre cinq bureaux de permanence accueillant divers dispositifs d’aide à la création et à l’insertion (Mission locale, ADIE, BGE Parif, etc.). Ce guichet unique vise à simplifier le parcours des porteurs de projet. Cette pépinière vient compléter le réseau économique d’Est Ensemble, s’ajoutant à l’Atrium de Montreuil et aux Ateliers Diderot de Pantin.
Rééquilibrer l’offre culturelle
L’autre facette du projet est sa bibliothèque de proximité. Elle vient combler un manque dans ce secteur de la ville où l’offre de lecture publique était jusqu’alors limitée. Pensée comme un lieu de vie, elle s’adresse aux familles et aux jeunes, mais cible également les demandeurs d’emploi et les publics allophones grâce à des collections spécifiques.
La transversalité est le maître-mot du projet : au rez-de-chaussée, un fonds documentaire dédié à la formation et à l’entreprise crée une passerelle directe entre les deux vocations du bâtiment. L’ouverture de cet espace permet aussi d’assurer la continuité du service public alors que la bibliothèque Denis Diderot s’apprête à connaître une rénovation lourde en 2026.
Une réhabilitation écologique modèle
La pépithèque Mariama Bâ se veut également un démonstrateur de la transition écologique. Plutôt que de démolir l’ancien site MGEN acquis en 2019, les maîtres d’ouvrage ont opté pour une réhabilitation respectueuse de l’existant. Cette stratégie a permis de limiter drastiquement l’empreinte carbone du chantier.
L’approche bioclimatique a guidé les travaux : récupération des eaux de pluie pour les sanitaires, installation de panneaux photovoltaïques et isolation en laine de bois. Le projet fait la part belle à l’économie circulaire avec un réemploi massif des matériaux sur site. Les dalles de béton issues de la trémie du patio ont été transformées en assises, les anciens châssis de fenêtres réutilisés pour le jardin d’hiver, et le mobilier a été « upcyclé ». Les arbres existants ont été préservés et complétés par de nouvelles plantations pour favoriser la biodiversité et créer des îlots de fraîcheur.
Un investissement de près de 12 millions d’euros
Ce projet représente un investissement total de 11,7 millions d’euros hors taxes. Le financement a mobilisé de nombreux partenaires : l’ANRU (2,6 millions d’euros), l’État via le Fonds vert et la DRAC, la Région Île-de-France et la Métropole du Grand Paris.
La livraison de cet équipement marque la première étape structurante du vaste projet de renouvellement urbain du quartier de la Noue Caillet, programmé jusqu’en 2034. Ce plan ambitieux prévoit par la suite la réhabilitation des logements sociaux, la végétalisation des espaces publics et le désenclavement du sud du quartier pour offrir un cadre de vie plus ouvert aux habitants.


