PARIS : Agri-Éthique, territoire en expansion
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PARIS : Agri-Éthique, territoire en expansion
Inventé pour la rémunération des producteurs agricoles lointains, le commerce équitable se développe dans les échanges intranationaux.
Porté par l’origine France, Agri-Éthique domine ce marché, en attirant des marques et en se diversifiant dans la restauration.
Longtemps, le concept de commerce équitable fut assimilé au soin accordé aux conditions de production des matières premières lointaines : cacao, café, bananes, etc. Son pionnier, Max Havelaar et son label Fairtrade imposèrent les règles de juste rémunération des producteurs, de projets collectifs, d’engagements sociaux, notamment pour la scolarisation des enfants… Progressivement, les tensions observées sur le marché national et les difficultés croissantes de l’agriculture française ont encouragé à envisager une approche analogue à l’intérieur de nos frontières.
Au Nord-Sud s’est donc ajouté le Nord-Nord –dimension intégrée par Max Havelaar en France en 2021 –, d’abord timidement puis résolument, à tel point que ce second axe pèse désormais presqu’autant dans les ventes françaises que le premier : selon le baromètre du commerce équitable, le chiffre d’affaires a atteint 2,65 milliard d’euros en 2024, marquant un rebond de 25 % après un plafonnement causé par le Covid, l’inflation et le déclin du bio qui y est souvent assimilé. Alors qu’elles ne pesaient presque rien en 2014, les filières franco-françaises représentent 49 % des ventes, avec une croissance de 65 %. L’année 2014 a connu l’adoption d’une définition légale du commerce équitable avec la loi sur l’Économie sociale et solidaire, quelle que soit l’origine géographique des produits, internationale ou française (en 2021, la loi Climat et Résilience y a ajouté les critères environnementaux).
Agri-Éthique est né dans ce contexte, alors que la volatilité des marchés agricoles devenait la règle, et la paupérisation de bon nombre d’exploitations sa conséquence. C’est en 2013 qu’un collectif d’agriculteurs vendéens a lancé la démarche, avec l’ambition de créer un modèle économique plus juste. Sur quoi repose-t-il ? La contractualisation bien sûr, avec la signature de contrats de filière pluriannuels (trois ans minimum) entre les intervenants (producteurs, premiers acheteurs, transformateurs, etc.). À une condition toutefois : tendre vers une transparence accrue des prix, avec un tarif de matière première construit à partir des coûts de production et un accord commercial engageant à un volume sur cette base. Une « sanctuarisation » que reprendra à son compte la loi Égalim…
Ce mécanisme s’accompagne d’un cahier des charges dont l’application est contrôlée chaque année par l’organisme tiers Certipaq. Fin 2025, le label Agri-Éthique profite à 4 620 agriculteurs, sur 1 858 exploitations agricoles cumulant 911 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit les deux tiers des ventes réalisées par le commerce équitable français. Il figure sur plus d’un millier de produits, commercialisés par 47 filières et 38 marques partenaires.
SOURCE : ILEC – La Voix des marques.


