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JOHANNESBURG : Énergie – Benedict PETERS hisse le groupe Aiteo au rang de champion africain

Fondateur d’Aiteo, Benedict Peters a bâti la plus grande entreprise énergétique locale d’Afrique en misant sur l’expansion régionale et l’innovation.

Dans le paysage complexe des hydrocarbures sur le continent, la trajectoire de Benedict Peters fait figure d’exception. À la tête du groupe Aiteo, cet entrepreneur a réussi la transformation d’une structure de négoce locale en un géant de l’énergie intégré, capable de rivaliser avec les majors internationales. Selon les informations communiquées par la Chambre africaine de l’énergie (https://energychamber.org/), l’entreprise s’impose aujourd’hui comme la plus grande société énergétique autochtone d’Afrique, diversifiant ses activités de la production pétrolière nigériane aux infrastructures gazières au Mozambique.

Une ascension stratégique.

Le parcours de Benedict Peters débute bien loin des sommets actuels, au sein d’Ocean and Oil Services (devenu Oando) puis de MRS Oil & Gas. C’est en 1999 qu’il fonde Sigmund Communecci, une entité d’abord focalisée sur l’approvisionnement et le négoce de produits pétroliers. Une décennie plus tard, l’entreprise gère l’un des plus importants parcs de stockage du Nigeria.

Le véritable tournant s’opère en 2008 avec le changement de nom pour Aiteo Group et une réorientation vers l’amont. L’acquisition en 2015 de l’OML 29 (Oil Mining Lease) et du pipeline Nembe Creek Trunk Line auprès de Shell marque un coup de maître. Ce portefeuille comprend onze champs pétroliers et gaziers dans le delta du Niger, dont le site historique d’Oloibiri. En l’espace d’un an, Aiteo a réussi à faire bondir la production de ce site de 25 000 à près de 90 000 barils par jour, démontrant une capacité opérationnelle rare pour un acteur local.

L’innovation avec le brut Nembe.

L’ambition du groupe ne s’arrête pas à l’extraction. Sous l’impulsion de son PDG, l’entreprise a développé et commercialisé le « brut Nembe », une qualité de pétrole à faible teneur en soufre. Lancé entre 2023 et 2024 en collaboration avec la NNPC (compagnie pétrolière nationale nigériane), ce brut est désormais exporté vers les raffineries européennes.

Cette percée est symbolique : c’est la première fois qu’une qualité de brut développée principalement par des entités nigérianes pénètre le marché mondial, prouvant la viabilité commerciale des entreprises locales sur la scène internationale. Malgré les défis inhérents au delta du Niger, notamment le vol de pétrole et les sabotages, l’entreprise maintient une production avoisinant les 100 000 barils par jour, soit environ 5 % de la production nationale du Nigeria.

Cap sur le Mozambique et le gaz.

Si le Nigeria reste son ancrage historique, Aiteo déploie désormais une stratégie panafricaine ambitieuse. L’entreprise a pris une participation dans le bloc gazier de Mazenga au Mozambique, qui abrite l’une des plus grandes réserves de gaz terrestres d’Afrique subsaharienne, estimée à 19 000 milliards de pieds cubes.

En juillet 2025, cette expansion s’est concrétisée par la signature d’un accord majeur avec le gouvernement mozambicain et la société publique Petromoc. L’objectif est de développer une raffinerie capable de traiter 240 000 barils par jour, un projet destiné à réduire la dépendance du pays aux importations. Parallèlement, via sa filiale Aiteo Power, le groupe investit dans des centrales électriques alimentées au gaz pour soutenir l’industrialisation locale.

Un leadership reconnu.

Cette approche intégrée, mêlant production en amont, raffinage et production d’électricité, vaut à Benedict Peters une reconnaissance au-delà des frontières nigérianes. « Benedict Peters s’investit pleinement dans le développement énergétique de l’Afrique et la prospérité des Africains. Pour lui et Aiteo, l’autonomisation du continent grâce au développement durable de l’énergie est un engagement de toute une vie », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie.

Pour l’expert, le dirigeant incarne une forme de leadership enraciné : « C’est un leader qui peut côtoyer les rois sans perdre son sens du commun », ajoute NJ Ayuk. Aujourd’hui, en équilibrant croissance mesurée et modernisation des infrastructures, Aiteo tente de démontrer que le secteur privé africain détient les clés de la souveraineté énergétique du continent.