LYON : Photographie – Une plongée intime et politique…
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LYON : Photographie – Une plongée intime et politique dans le quotidien d’une famille à la rue
Le centre Le Bleu du Ciel inaugure ce jeudi une exposition documentaire mêlant photos, textes et dessins pour témoigner de la précarité d’une mère exilée et de ses enfants face à l’impasse administrative.
C’est un travail au long cours qui s’expose sur les murs du Bleu du Ciel, dans le 1er arrondissement de Lyon. Du 5 au 14 février 2026, l’exposition « Ada face à la violence d’État » propose un regard croisé sur l’exclusion, fruit de la collaboration entre le photographe Antoine Boureau, la journaliste Estelle Levresse et le plasticien Robin Suiffet. En partenariat avec Mediacités, ce projet documentaire offre une immersion brute dans la réalité du sans-abrisme.
Une histoire de fuite et d’impasse.
Au cœur de ce récit photographique se trouve Ada, une mère de famille de 26 ans originaire de Guinée. Arrivée à Lyon au printemps 2025 avec ses deux fils, Mohamed et Kylian, âgés respectivement de 7 et 6 ans, elle fuyait des violences familiales dans l’espoir de trouver un refuge en France. La réalité fut tout autre. Rapidement, la promesse d’hébergement s’effondre et la famille bascule dans la rue.
Leur situation administrative, complexe, ne rentre pas « dans les cases », les privant de droits et d’accès au logement. Durant plusieurs mois, c’est au sein d’une école du quartier de la Croix-Rousse que la famille trouve un abri de fortune pour passer ses nuits. L’exposition retrace ce quotidien sous contrainte, où chaque journée devient une lutte pour la survie : trouver de quoi se nourrir, se soigner et tenter de vaincre le désespoir de ne pouvoir se projeter dans l’avenir.
La violence institutionnelle en images.
Au-delà du parcours individuel, l’exposition entend mettre en perspective une « violence d’État systémique ». Les clichés d’Antoine Boureau (https://www.antoine-photos.com), accompagnés des textes et des dessins, documentent l’errance de lieu en lieu et l’abandon institutionnel dont sont victimes les personnes exilées les plus vulnérables.
Ce travail, qui a fait l’objet d’une enquête détaillée publiée par Mediacités (https://www.mediacites.fr), questionne directement les conditions d’accueil en France. Le vernissage se tiendra ce jeudi 5 février à 18h30 au 12 rue des Fantasques. Pour prolonger la réflexion, une table ronde intitulée « Sans-abrisme, pourquoi et comment les plus vulnérables sont-ils aujourd’hui délaissés ? » sera organisée le jeudi 12 février à 18h, au cœur même de l’exposition.


