Passer au contenu principal

PARIS : Nicolas POTIER : « Le Far West de la location touri…

Partager :

PARIS : Nicolas POTIER : « Le Far West de la location touristique touche à sa fin »

Nicolas Potier, expert chez Orisha Real Estate, décrypte l’impact du Règlement européen qui impose dès cette année une transparence totale aux plateformes de location et redéfinit les règles du jeu pour les hébergeurs.

C’est un véritable changement de paradigme pour le secteur de la location saisonnière. En cette année 2026, l’entrée en vigueur effective des mesures issues du Règlement européen 2024/1028 marque la fin d’une ère de flou juridique.

Pour Nicolas Potier, Directeur de Flag Systèmes chez Orisha Real Estate, le constat est sans appel : « Le Far West de la location touristique touche à sa fin. Et tous les acteurs ne sortiront pas indemnes de cette mise à nu ».

Une transparence imposée par l’Europe.

Adopté en avril 2024, ce règlement déploie désormais ses effets concrets. Il oblige les plateformes et les hébergeurs à une clarté absolue. Les nouvelles obligations incluent l’enregistrement de chaque logement, l’attribution d’un numéro unique vérifiable et surtout la transmission automatique des données aux autorités. Identité du loueur, adresse, nombre de nuitées et revenus générés ne sont plus des secrets.

« Ce texte va uniformiser un marché éclaté entre 27 législations. Il va surtout permettre aux États de voir, pour la première fois, qui loue quoi, quand, et combien il gagne », analyse Nicolas Potier.

Pour les plateformes comme Airbnb, il s’agit d’un changement structurel majeur, tandis que pour les hébergeurs, c’est un véritable « test de maturité ».

La fin de la zone grise.

Pendant plus d’une décennie, le marché a prospéré dans une certaine opacité, créant une concurrence souvent jugée déloyale par les professionnels de l’hôtellerie et de l’immobilier.

« Certaines annonces échappaient à toute déclaration, des centaines de milliers de logements étaient impossibles à tracer », rappelle l’expert.

Cette situation a engendré des tensions avec les collectivités locales et une perte de revenus fiscaux. L’effondrement de ce modèle est perçu comme une opportunité pour les acteurs structurés.

« La nouvelle réglementation crée un terrain de jeu plus clair, plus sain, et plus favorable à ceux qui ont investi dans la qualité, la conformité et la transparence », assure Nicolas Potier.

Cela permet aux professionnels de consolider un modèle pérenne et de rassurer leurs partenaires institutionnels.

Une marche haute pour les amateurs.

La contrepartie de cette normalisation est une exigence accrue. La charge administrative, la nécessité de se conformer aux normes et le besoin d’outils de reporting précis risquent d’exclure les propriétaires les moins préparés. « 2026 ne fera plus de place à l’improvisation », prévient le directeur.

Selon lui, la qualité et la conformité deviennent les nouveaux critères de visibilité sur les plateformes. Orisha Real Estate (https://realestate.orisha.com), éditeur de logiciels pour les professionnels de l’immobilier, observe que cette transition nécessite une montée en compétence technologique pour gérer ces flux de données.

Vers une économie de la confiance.

Loin de voir cette régulation comme une menace existentielle pour le secteur, Nicolas Potier y voit un levier de croissance pour ceux qui sauront s’adapter.

« La vraie question n’est pas : « la location touristique survivra-t-elle ? », elle est : « qui survivra à la fin de l’opacité ? » », conclut-il.

Les acteurs qui anticipent ces changements bénéficieront d’un avantage compétitif dans un marché désormais plus mature et exigeant.