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PARIS : Olivier LAMBERT : « La souveraineté numérique est un enjeu de terrain, pas un décret »
Au lendemain des annonces gouvernementales sur la souveraineté numérique, l’expert Olivier Lambert appelle à une approche pragmatique pour transformer l’ambition politique en autonomie stratégique concrète.
La feuille de route pour la souveraineté numérique française et européenne, présentée ce lundi 26 janvier par la ministre chargée du Numérique, Anne Le Hénanff, a fixé un cap clair : inciter l’État et les entreprises à privilégier les solutions locales pour réduire la dépendance aux géants technologiques étrangers. Si le signal politique est fort, sa mise en œuvre sur le terrain soulève des questions cruciales pour les organisations.
Pour Olivier Lambert, co-fondateur de VATES, un éditeur français de solutions open source de virtualisation, l’enjeu dépasse largement le cadre réglementaire. « La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit à travers des choix d’architecture, des migrations progressives et des arbitrages budgétaires et techniques bien réels », analyse-t-il.
Un défi d’architecture et d’exploitation.
Selon l’expert, dont l’entreprise accompagne des administrations et des entreprises stratégiques, l’autonomie numérique ne signifie pas une rupture brutale avec les infrastructures existantes. Il s’agit plutôt de « reprendre la main », étape par étape. La question centrale n’est pas tant de remplacer l’ensemble des technologies en place que de comprendre comment les faire évoluer pour maîtriser les données et les opérations critiques. Cette vision pragmatique s’oppose à une approche dogmatique qui risquerait de transformer la souveraineté en une contrainte paralysante pour les organisations.
L’open source, levier d’une souveraineté durable.
Dans cette quête d’autonomie, les solutions open source jouent un rôle clé. Elles offrent une alternative crédible aux technologies propriétaires qui créent souvent une forte dépendance, aussi bien technique que financière. Pour Olivier Lambert, l’open source est un levier fondamental pour une souveraineté à la fois pragmatique et durable, car il garantit la transparence, la réversibilité des choix et la capacité d’adapter les outils à des besoins spécifiques sans être lié à un fournisseur unique.
Éviter l’écueil de la contrainte.
La réussite de cette transition reposera sur la capacité des décideurs à intégrer la souveraineté comme un atout de performance et de sécurité, et non comme une simple obligation réglementaire. L’enjeu est de trouver le juste équilibre entre l’ambition politique affichée par le gouvernement et les réalités opérationnelles des acteurs publics et privés, en s’appuyant sur des solutions technologiques qui garantissent une réelle maîtrise de leurs infrastructures numériques.


