PARIS : Emploi – La fonction de manager peine à sédui…
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PARIS : Emploi – La fonction de manager peine à séduire face à la lourdeur des responsabilités
Une étude dévoilée ce jour par Michael Page confirme le désintérêt croissant des cadres pour le management, pointant un manque critique d’accompagnement et de moyens pour exercer cette fonction.
La tendance se confirme en ce début d’année 2026 : l’encadrement ne fait plus recette. Longtemps considéré comme le graal de l’évolution professionnelle, le poste de manager subit une crise de vocation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon une enquête Ipsos, seuls 52 % des jeunes actifs envisagent désormais d’accéder à un poste de manager.
Ce désamour dépasse la simple fracture générationnelle. La dernière étude de l’APEC souligne un recul net de l’attractivité chez les cadres installés. Entre 2022 et 2025, la part des cadres non-managers souhaitant prendre des responsabilités hiérarchiques a chuté de 42 % à 34 %, soit une baisse significative de 8 points en trois ans.
Un sentiment d’isolement face aux difficultés.
Pour comprendre les ressorts de ce désengagement, le cabinet de recrutement Michael Page a interrogé un panel de 1 500 personnes en décembre 2025 dans le cadre de son étude « Être manager en 2026 ». Le constat est sans appel : un manager sur deux estime ne pas être suffisamment accompagné par sa direction.
Ce sentiment de solitude est particulièrement prégnant lorsqu’il s’agit de gérer l’humain dans ses aspects les plus complexes. Ainsi, 53 % des managers se sentent démunis pour gérer les conflits au sein de leur équipe, et 51 % manquent de soutien pour accompagner un collaborateur en difficulté personnelle. La gestion des difficultés professionnelles (45 %) et le maintien du dialogue d’équipe (44 %) figurent également parmi les points de friction majeurs.
Du temps et des moyens pour agir.
Au-delà du constat, les encadrants formulent des demandes précises pour redonner du sens et de l’efficacité à leur mission. Leurs attentes prioritaires concernent les ressources, qu’elles soient temporelles ou financières.
45 % des répondants réclament davantage de temps pour se consacrer aux véritables enjeux du management, souvent cannibalisés par l’opérationnel. Par ailleurs, 43 % souhaitent disposer de moyens financiers supplémentaires pour pouvoir reconnaître et valoriser concrètement la performance de leurs équipes. Enfin, 38 % appellent de leurs vœux un accompagnement RH renforcé, qui soit mieux adapté aux réalités du terrain.
Un changement de paradigme nécessaire.
Pour les experts du secteur, ces résultats imposent une révision du rôle même de l’encadrant. « Ces résultats rappellent une réalité souvent sous-estimée : le manager n’est pas un opérationnel comme les autres », analyse Anne-Laure Cordier, Practice Manager chez Michael Page.
Elle ajoute : « Les managers font face à une pression accrue, devant concilier des objectifs de performance élevés avec des attentes renforcées en matière d’agilité, d’engagement et de soutien aux équipes. Face à l’élargissement de leurs responsabilités, ils ne peuvent remplir pleinement leur rôle sans disposer des moyens, du temps et du soutien nécessaires ».
Michael Page (https://www.michaelpage.fr/) est un cabinet de conseil en recrutement spécialisé et d’intérim, appartenant au PageGroup.