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PARIS : Emploi – L’intelligence artificielle ac…

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PARIS : Emploi – L’intelligence artificielle accélère les envies de départ des salariés

Une étude inédite de FLASHS et Swapn révèle que l’intelligence artificielle incite 35 % des salariés à la démission et un million de patrons au départ.

Le marché du travail français entame l’année 2026 sous le signe de la mobilité, voire de la rupture. Selon les résultats du baromètre publié en ce début de mois par l’agence FLASHS pour Swapn, les résolutions professionnelles prennent une tournure radicale. Alors que près de six salariés sur dix (57 %) expriment une volonté de changement, plus d’un tiers (35 %) envisagent purement et simplement de quitter leur poste. Au cœur de ce bouleversement figure un catalyseur inattendu : l’intelligence artificielle générative.

L’effet miroir de l’IA

Loin d’être un simple gadget technologique, l’IA est devenue le véritable bras droit des aspirants entrepreneurs. L’enquête indique que 85 % des salariés envisageant de se lancer à leur compte ont utilisé l’IA générative pour préparer leur projet. Pour 46 % d’entre eux, l’outil a servi à clarifier une idée de business, et pour 27 % à prototyper des éléments concrets comme un nom ou un logo.

Les analystes de l’étude décrivent ce phénomène comme un « shining effect » : une projection positive qui dédramatise l’acte d’entreprendre. L’impact psychologique est majeur, puisque 97 % des utilisateurs estiment que l’IA renforce leur confiance. Pour près d’un aspirant entrepreneur sur deux (49 %), la création d’entreprise paraît désormais plus accessible grâce à ces technologies, créant parfois un décalage entre la facilité de la simulation et la réalité du marché.

Le loup dans la bergerie

Cette démocratisation de l’entrepreneuriat s’accompagne d’une prise de distance vis-à-vis de l’employeur actuel. La loyauté laisse place à l’opportunisme : plus d’un salarié sur cinq (21 %) désirant entreprendre déclare avoir utilisé l’IA pour évaluer un projet susceptible de concurrencer directement son entreprise actuelle.

Les motivations restent classiques, dominées par la recherche de liberté (64 %) et l’envie de mieux gagner sa vie (56 %). Toutefois, l’IA permet désormais de mener ces démarches exploratoires en parallèle de l’emploi salarié, facilitant le double jeu avant le grand saut. L’outil est même utilisé par 34 % des sondés pour tenter de comprendre et d’optimiser les enjeux fiscaux, dans un climat politique jugé incertain.

Un million de patrons sur le départ

Si l’IA donne des ailes aux salariés, elle sert d’outil d’introspection, parfois sombre, pour les dirigeants en place. L’étude met en lumière une fatigue managériale préoccupante : 15 % des entrepreneurs, soit l’équivalent d’un million de dirigeants en France, envisagent un ralentissement ou un arrêt de leur activité en 2026.

Pour ces patrons, l’intelligence artificielle ne sert pas à construire, mais à déconstruire. Près de 30 % d’entre eux l’ont utilisée pour explorer des scénarios de sortie ou de bifurcation. Fait marquant, 8 % des dirigeants interrogés avouent avoir directement demandé à l’algorithme s’ils devaient continuer ou tout arrêter. Un usage qui illustre les tensions traversant le monde entrepreneurial, où la technologie accompagne aussi bien l’élan de création que la décision de cesser l’activité.

ETUDE COMPLETE