PARIS : Littérature – La Fondation Del Duca prime la…
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PARIS : Littérature – La Fondation Del Duca prime la nouvelle garde des lettres françaises
Sur proposition de l’Académie française, la Fondation Simone et Cino del Duca distingue trois auteurs émergents pour la singularité de leur univers.
C’est une reconnaissance prestigieuse pour la jeune création littéraire. La Fondation Simone et Cino del Duca, abritée par l’Institut de France, dévoile ce vendredi les noms des trois lauréats de ses Prix d’Encouragement. Eliot Ruffel, Anouk Schavelzon et Maud Ventura rejoignent ainsi une liste illustre de prédécesseurs, parmi lesquels figurent Erik Orsenna ou encore le prix Goncourt Hervé Le Tellier.
Dotés de 5 000 euros chacun, ces prix créés en 1952 sont les plus anciennes récompenses de la Fondation. Ils visent à soutenir des écrivains de langue française dont le talent a su capter l’attention de la Commission des prix de l’Académie française.
Des écritures visuelles et musicales
Le jury a choisi de mettre en lumière des styles affirmés et hétéroclites. Eliot Ruffel est récompensé pour une œuvre marquée par une approche quasi cinématographique. Auteur de *Après ça* (Editions de l’Olivier, 2024) et *Spacious Great Deals* (Halte Books, 2025), il explore le passage de l’adolescence à l’âge adulte. L’académicienne Dominique Bona salue chez lui une écriture où « le langage des corps fascine », notant qu’il existe « une violence physique dans ce premier roman mais l’auteur la maîtrise et l’explore d’un œil décalé et poétique ».
Maud Ventura, révélée par le succès de *Mon mari* (L’Iconoclaste, 2021), est également primée. Avec son ouvrage *Célèbre* (2024), elle poursuit son exploration des névroses contemporaines. Pour l’académicien Dany Laferrière, ce texte confirme un « talent éclatant », décrivant une protagoniste pour qui « la célébrité n’est pas une victoire, plutôt une vengeance ».
Enfin, Anouk Schavelzon complète ce trio avec *Le bleu ne s’abîme pas* (Seuil, 2024). Son roman sur le métissage se distingue par sa rythmique particulière. Dominique Bona évoque à son sujet « une écriture musicale au rythme syncopé, avec des ruptures et des dissonances », qualifiant ce premier roman de véritable « talisman » pour son auteur.
Une cérémonie sous la Coupole
Cette annonce marque le lancement de l’année 2026 pour la Fondation, qui distribue près de 2 millions d’euros par an au travers de diverses dotations artistiques et scientifiques. Elle poursuit ainsi l’action philanthropique initiée il y a un demi-siècle par Simone et Cino del Duca.
Les Prix d’Encouragement seront officiellement remis le 3 février prochain lors de la conférence de presse annuelle de la Fondation, à l’Hôtel Pereire à Paris. L’événement se tiendra en présence de Xavier Darcos, Chancelier de l’Institut de France, et permettra également d’évoquer les grands rendez-vous à venir, notamment la deuxième édition du Prix Del Duca pour la jeunesse.