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NICE : La réouverture de la ligne Nice – Breil &#8211…

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NICE : La réouverture de la ligne Nice – Breil – Tende inaugurée par Renaud Muselier

La Région a financé les travaux à hauteur de 54 millions d’€, soit plus de 70% du montant total.

Dans le cadre de la réouverture de la ligne Nice-Breil-Tende, Renaud MUSELIER, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est monté à bord du Train des Merveilles ce jour pour se rendre à Breil-sur-Roya aux côtés notamment de Philippe TABAROT, ministre des Transports, de Laurent HOTTIAUX, préfet des Alpes-Maritimes et de Jean CASTEX, Président Directeur Général du Groupe SNCF. À cette occasion, le président a rappelé l’importance de cette ligne de vie, véritable outil de développement économique et de désenclavement. 

Discours de Renaud MUSELIER,

Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur,

Président délégué de Régions de France.

Nous sommes aujourd’hui réunis, nombreux, pour un moment rare et attendu. Le retour du train dans la Vallée des Paillons et de la Roya ! Après 15 mois de travaux et dans le respect du calendrier annoncé, nous rendons la ligne Nice-Breil Tende à la Vallée et à ses habitants. Nous fêtons ce grand moment ici à Breil et je veux vous remercier Monsieur le Maire, pour votre accueil. Je veux aussi remercier tous les élus et tous les habitants du département et des Vallées. Nous avons un lien particulier. Aujourd’hui c’est la fête mais nous avons tous en tête la tempête Alex. Vous avez vécu le choc d’une catastrophe naturelle qui a pris des vies et qui a presque tout emporté.

Dans ce moment terrible, la solidarité nationale et la solidarité régionale n’ont pas fait défaut :

– Dans l’urgence pour aider les sinistrés et organiser le ravitaillement de la Vallée par hélicoptère mais aussi par la voie terrestre grâce au train !
– A plus long terme pour aider à la reconstruction de la Vallée et de ses infrastructures.

Un grand merci également à l’attention de Monsieur Jean CASTEX. Vous étiez Premier Ministre en octobre 2020 quand la tempête Alex a soufflé sur la Vallée et vous étiez sur place dès le 3 octobre pour organiser le déploiement de moyens humains et matériels exceptionnels. C’est avec vous, 3 mois plus tard en janvier 2021, que nous avons signé, notre premier contrat d’avenir 2021-2027 doté de 5,1 milliards d’€ avec un axe 12   (307 millions d’€) consacré à la reconstruction des vallées détruites des Alpes-Maritimes.

Aujourd’hui, vous revenez dans la Vallée en tant que PDG de la SNCF pour :

– Fêter l’achèvement des travaux dont SNCF Réseau est maître d’ouvrage et co-financeur,
– Inaugurer la reprise des circulations ferroviaires entre Nice, Breil et Tende par SNCF Sud Azur, une filiale née de l’ouverture à la concurrence – preuve que le groupe SNCF sait évoluer et se réorganiser pour mieux répondre aux attentes des voyageurs et du client.

Je veux enfin remercier le ministre des Transports, Philippe TABAROT. Toi aussi, tu étais présent en octobre 2020, en tant que Vice-Président de la Région. Tu t’es multiplié pour organiser le ravitaillement et tu as transformé le TER en train de marchandises.

Aujourd’hui, tu es ministre des Transports, un ministre de plein exercice, et le moins que l’on puisse dire est que tu n’as pas oublié la Vallée et ses habitants :

– Signature le 3 novembre de l’avenant Mobilité du Contrat de Plan pour financer les compléments de travaux de Nice-Breil et lancer la régénération des tronçons vers Coni et Vintimille,
– Réouverture du Tunnel de Tende en juin dernier – un tunnel qui sera ouvert toute la journée pour les fêtes de fin d’année (et pour lequel la Région a déjà investi 35 millions d’€),
– Réouverture aujourd’hui de la ligne Nice-Breil.

Les preuves d’amour ne manquent pas pour la Vallée mais aussi plus largement pour la Région. Une région chère à ton cœur certes mais aussi et surtout une région solidement engagée dans une révolution ferroviaire unique en France ! La France compte 28 000 kilomètres de lignes ferroviaires dont 1800 kilomètres dans notre région ! Dans un contexte où ne pouvons plus faire de routes et autoroutes, ces 1800 kilomètres de lignes sont un véritable trésor régional et le socle de notre révolution des transports.

Une révolution en 3 axes :

1) Moderniser nos infrastructures – le choc d’investissement

Notre réseau ferroviaire est vieillissant – il est, pour l’essentiel, un héritage du passé – il souffre, depuis les années 80, d’un manque chronique d’investissement.
A notre prise de fonction, il y a 10 ans, nous avons décidé de protéger et moderniser nos lignes.

Nous l’avons fait, en sortant de notre champ premier de compétences et en investissant, avec l’Etat et les collectivités, dans :

– Le réseau structurant – C’est notamment le projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur – un projet devenu chantier de 3,6 milliards d’€ (phase 1 et 2) pour faire des travaux sur voie de Marseille à Nice, la modernisation de la signalisation, la gare et la traversée souterraine de Marseille, la navette toulonnaise et la gare de Nice Aéroport. C’est un investissement Région de 300 millions d’€ pour des livraisons de travaux entre 2030 et 2035,
– Les « petites lignes » – c’est la ligne de la Côte Bleue de Marseille à Miramas et vers Avignon (54 millions d’€ dont 20 millions d’€ Région), c’est la ligne des Alpes de Marseille à Briançon (un investissement record et sans précédent de 342 millions d’€ – dont 150 millions d’€ Région
– permis par les Jeux 2030), la ligne du Train des Pignes (130 millions d’€ portés par la Région seule) et la ligne Nice-Breil que nous fêtons aujourd’hui.

Ces travaux sont indispensables pour enrayer la dégradation du réseau, lever les réductions de vitesse et faire plus de trains. C’est un effort important de la Région qui mériterait d’être pris en considération notamment dans le calcul des péages. Mais, sans ces travaux, notre politique de l’offre est en panne.

2) Faire plus de trains – le choc d’offre

Ces 1800 kilomètres de lignes sont les plus intensément utilisés de France mais aussi les plus fréquentés. Au lendemain de la crise épidémique en 2021, nous faisions circuler 501 TER par jour. Aujourd’hui, en 2025, nous sommes passés à 672 TER et en 2026, nous passerons à 710 TER/jour – Soit + 41%.

Ce choc d’offre est notamment permis par l’ouverture à la concurrence, que nous avons engagée les premiers, avec des résultats probants pour nos 2 premiers lots :

– Plus de trains sur la Côte d’Azur (+ 75% depuis le 15 décembre 2024) et entre Marseille-ToulonNice (+ 100% depuis le 29 juin 2025),
– 38 trains neufs et rénovés (410 millions d’€) + 2 nouveaux sites de maintenance à Nice (102 millions d’€),
– Une régularité qui progresse très sensiblement – 80% en 2016 – 90% aujourd’hui,
– Une fréquentation qui s’envole – 700 000 voyageurs/jour en 2016 – 1,2 million en 2025 et objectif 1,5 million en 2030. C’est au passage 200 000 tonnes de CO2 économisées chaque année.

3) Relier les modes (trains-bus-vélo) pour relier les territoires

Pour assurer le maillage fin du réseau, l’offre de train est complétée par un réseau de 1700 autocars (dont 85% sont décarbonés), 4000 kilomètres d’aménagement cyclables et des services nouveaux de covoiturage. C’est l’axe 3 de notre révolution des transports. Ce réseau complet est articulé autour de nos 145 gares – rénovées et équipées d’abris-vélo dans le cadre du contrat de performance signé avec SNCF Gares et Connexions (40 millions d’€ pour 500 opérations). La ligne Nice-Breil-Tende a été inaugurée en 1928. Elle relie les Vallées des Paillons et de la Roya au littoral. Elle est aussi une des 3 liaisons ferroviaires transfrontalières avec l’Italie que compte notre pays.

La ligne des Merveilles occupe une place particulière dans le cœur des habitants de la Vallée :

– D’abord parce qu’elle est un outil de désenclavement et de développement économique,
– Mais aussi, parce qu’elle est la ligne de vie qui, au lendemain de la tempête Alex, alors que la Vallée était coupée du monde, a permis les déplacements et le ravitaillement des habitants,
– Et enfin parce que 4 appartements de la gare de Breil ont été mis à disposition des sinistrés d’Alex.

Pour ces raisons, nous n’avons pas hésité quand la question de la rénovation et du sauvetage de la ligne a été posée.

Nous avons pris notre part et même plus pour lancer en septembre 2024 un chantier colossal de 74 millions d’€ (dont 54 millions d’€ ont été pris en charge par la Région) qui a visé :

– La consolidation de la voûte de deux tunnels (notamment ceux du col de Braus et de Mont-Grazian),
– La sécurisation de douze ouvrages en terre contre les risques d’éboulement,
– Le remplacement d’un pont-rail et la rénovation de plusieurs sections de voie ferrée.

Aujourd’hui, c’est le retour du train dans la Vallée.

Avec un nouvel opérateur Sud Azur et une grille horaire renforcée, plus lisible et élargie en soirée :

– 54 TER par jour entre Nice et Drap en semaine contre 21 en 2024 – c’est-à-dire un train/30 min,
– 24 TER par jour entre Nice et Breil en semaine contre 21 en 2024 – c’est-à-dire un train/heure,
– 6 TER par jour de mai à septembre entre Breil et Tende et 4 par jour d’octobre à avril.

Avec 6 gares rénovées (6 millions d’€) – Façades, toitures, éclairages, abris de quais, abris vélo, accessibilité pour les personnes handicapées – Breil, Tende, L’Escarène, La Brigue, Sospel, FontanSaorge.

Avec 8 RAMES rénovées (24,5 millions d’€) pour :

– Améliorer le confort des voyageurs (siège, éclairages, sanitaires, information voyageurs)
– Réduire les émissions polluantes grâce à de nouveaux filtre à particules ou l’usage du biocarburant.

En ce qui concerne la vente des titres de transport, je sais que la fermeture du guichet de la gare de Breil a suscité inquiétudes et interrogations. D’abord et avant tout, la gare n’est pas fermée. Nous l’avons même rénovée !

Et pour le guichet, le nombre de transactions et le redéploiement des effectifs de la SNCF nous ont conduit à proposer des solutions alternatives solides :

– La vente des titres de transports à bord du train sans surcoût,
– A partir du 1er décembre, la vente des billets TER dans les bureaux de poste de Breil, Tende, La Trinité, L’Escarène et Sospel,
– La finalisation d’un partenariat avec les Régions Ligurie-Piemont et Trenitalia pour la vente des titres, l’information des voyageurs (mais aussi les correspondances).

Enfin, les travaux que nous venons d’achever, entre Nice et Breil ne sont pas un point final. Nous souhaitons poursuivre la modernisation de la ligne au-delà de Breil vers Tende-Coni et Vintimille pour lever les restrictions de vitesse qui pénalisent les performances du train.

– 56 millions d’€ d’études et de travaux dans l’avenant CPER signé le 3 novembre dernier.

Crédit photo : Lara BALAIS et Régis CINTAS-FLORES.