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PARIS : Webinaire de la mer à l’assiette, le vrai pri…

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PARIS : Webinaire de la mer à l’assiette, le vrai prix du poisson

La Fondation de la Mer alerte sur les dangers et conséquences dévastatrices de la pêche illégale.

Un an après avoir dévoilé, le premier rapport consacré à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) et à l’occasion de la COP30, la Fondation de la Mer a organisé ce jour un webinaire pour rappeler les impacts environnementaux, sanitaires, économiques et humains et dévoiler les leviers pour contrer cette pêche qui détruit notre planète.

Au programme  

– l’état des lieux de la pêche dans le monde ;

– l’impact de nos habitudes de consommation ;

– les enjeux de traçabilité et le fléau de la pêche illégale (INN) ;

– les conséquences humaines et sociales de ces pratiques ;

– les avancées juridiques et diplomatiques récentes.

Intervenants :

– Alexandre Iaschine, Directeur Général de la Fondation de la Mer

– Philippe Vallette, Océanographe, membre du Conseil d’administration et du Conseil scientifique de  la Fondation de la Mer

– Amélie Giardini, Responsable plaidoyer Océan à Environmental Justice Foundation (EJF).

À travers ce webinaire, la Fondation de la Mer donne au plus grand nombre les clés pour mieux comprendre, choisir et agir dès maintenant.

SYNTHÈSE.

Aujourd’hui, 1 milliard de personnes dépendent du poisson comme principale source de protéines et 3,2 milliards en dépendent pour au moins 20 % de leur apport en protéines animales.

Des chiffres alarmants :

80 millions de tonnes de poissons sont pêchées chaque année (FAO).

35,5 % des stocks halieutiques mondiaux sont surexploités, un pourcentage qui grimpe à 93 % en Méditerranée.

Les pressions sur certaines espèces comme le thon atteignent des niveaux critiques. Cette situation menace à la fois la biodiversité marine, l’équilibre économique des filières et la sécurité alimentaire mondiale.

Une consommation sous tension.

L’Europe compte parmi les plus grands consommateurs mondiaux de produits de la mer.

La France fait partie des pays qui consomment le plus = 32 kg par habitant et par an, loin devant la moyenne mondiale (20 kg).

70 % des poissons consommés en France sont importés, ce qui accentue notre impact sur les stocks mondiaux déjà fragilisés.

Il y a urgence à consommer moins et surtout mieux.

Face à une demande croissante et des ressources raréfiées ou détruites

la Fondation de la Mer rappelle la nécessité de réduire notre consommation, idéalement à 10–12 kg par an et par personne pour assurer le renouvellement des ressources halieutiques et de mieux choisir nos produits, en tenant compte :

-> de la saisonnalité des espèces ;

-> de la zone de pêche (zones FAO 27 et 37 à privilégier) ;

-> des techniques de pêche utilisées ;

-> et de la diversification des espèces consommées.

Labels, traçabilité, produits transformés : un manque de cohérence et de transparence alarmant. Si l’étiquetage apporte certaines informations, il reste largement insuffisant.

Pour 38 % des produits de la mer transformés vendus en France, il est impossible d’identifier avec certitude l’espèce, la provenance ou la technique de pêche.

Des labels, censés aider le consommateur, ont encore des progrès à faire :

Le plus connu d’entre eux, MSC, garantit une pêche dite “durable”

-> certifie des pêcheries pratiquant la pêche au chalut, destructrice pour l’environnement

-> manque de cohérence dans ses processus d’attribution ;

-> l’audit indépendant des conditions de travail en mer n’est pas systématique

La pêche illégale : une menace économique, écologique et humaine.

La pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) représenterait entre 20 et 30 % des captures mondiales, soit jusqu’à 26 millions de tonnes par an.

On estime que près d’1 poisson sur 5 provient de la pêche INN.

Ce trafic est considéré comme le troisième crime environnemental le plus lucratif, après la drogue !

Les conséquences de la pêche illégale sont dévastatrices :

-> effondrement de stocks déjà fragiles ;

-> concurrence déloyale pour les pêcheurs artisanaux ;

-> travail forcé, exploitation et violences à bord de certains navires ;

-> blanchiment de captures par absence de traçabilité…

The Environmental Justice Foundation (EJF) recense notamment 128 000 pêcheurs victimes de travail forcé20 observateurs, qui surveillent et contrôlent les pratiques de pêche sont morts ou ont disparu ces 15 dernières années.

Des avancées récentes, mais encore insuffisantes.

L’année 2025 a été marquée par des progrès significatifs : 

-> l’adhésion de la Chine à l’accord de la FAO sur les mesures du ressort de l’État du port (PSMA) ;

-> l’entrée en vigueur de l’accord historique de l’OMC sur les subventions à la pêche ;

-> la poursuite de la politique de « cartons » de l’Union européenne, qui pousse certains États à se mettre en conformité ;

-> de nouveaux engagements en faveur des droits humains dans la pêche ;

-> et la mise en œuvre progressive du traité BBNJ, destiné à protéger la biodiversité en haute mer.

Ces évolutions démontrent une dynamique encourageante mais nécessitent une adoption plus large et une application plus stricte pour être réellement efficaces.

Les recommandations de la Fondation de la Mer.

Dans la continuité de son rapport sur la pêche INN de 2024, la Fondation appelle à :

– un consommateur plus responsable :

-> faire attention à l’étiquetage (choix des zones et techniques de pêche plus respectueuses, réduction des espèces surconsommées), à la saison et favoriser les circuits courts.

– une filière plus rigoureuse :

-> une réforme des labels : renforcement des critères environnementaux et sociaux, transparence accrue, impartialité dans les attributions.

– des états plus impliqués :

– rendre obligatoire la traçabilité pour tous les produits, y compris transformés ;

– mettre en place des sanctions dissuasives contre la pêche illégale ;

– utiliser les technologies de suivi pour plus de transparence ;

– harmoniser les règles au niveau international.

– Remettre l’Océan au centre de notre écosystème vital.

Mobilisée aux côtés des entreprises, du grand public et des décideurs, partenaire de l’Éducation nationale et observatrice auprès de l’ONU, la Fondation de la Mer œuvre chaque jour pour protéger les écosystèmes marins, gérer durablement les ressources et lutter contre la pollution.

Connaître le vrai prix du poisson, c’est connaître son prix écologique et humain. Alors que la surpêche et la pêche illégale mettent en danger des hommes et la sécurité alimentaire mondiale, nous pouvons tous apprendre à mieux consommer. Adopter une consommation éclairée et responsable est un moyen efficace pour protéger l’Océan et notre avenir ”, déclare Alexandre Iaschine, Directeur Général de la Fondation de la Mer.

A propos de la Fondation de la Mer.

Depuis plus de 10 ans, la Fondation de la Mer mobilise donateurs particuliers et entreprises mécènes pour accélérer la protection de la biodiversité et des écosystèmes marins. Elle soutient ainsi des centaines d’acteurs de terrain et agit pour lutter contre les pollutions en mer, soutenir la recherche, encourager l’innovation, informer et sensibiliser tous les publics, petits et grands. Son statut d’observateur à l’ONU lui permet de prendre part aux décisions majeures en faveur de l’Océan.