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LA SEYNE SUR MER : Secours Catholique du Var – Trente ans après, la nécessité d’un sursaut
Il y a trente ans, le Secours Catholique faisait le choix de documenter, chiffres à l’appui, ce que ses bénévoles observaient au quotidien : la pauvreté, dans toutes ses réalités.
Année après année, ce rapport est bien plus qu’un outil statistique. C’est une vigie, un baromètre du visage changeant de la pauvreté, mais aussi un cri adressé à la société et aux pouvoirs publics.
Et maintenant, on fait quoi ?
L a tentation peut être forte, face à un défi tel que l’aggravation de la pauvreté, de vouloir dresser l’inventaire des réponses à apporter. Mais si on commençait par écouter ce que demandent les personnes concernées ? Demander de l’aide n’est jamais simple. Aussi les demandes le plus fréquemment adressées au Secours Catholique donnent-elles une indication assez claire des besoins essentiels des personnes confrontées à la précarité.
Depuis vingt ans et de façon relativement constante, celles que nos bénévoles entendent le plus (chez 40 à 60% des personnes rencontrées selon les années) sont, alternativement, une demande d’aide alimentaire et une demande d’écoute. Mais avant d’esquisser les grands axes de ce que pourrait être une politique de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, encore faut-il que, collectivement, nous en fassions une priorité.
Trente ans après, la nécessité d’un sursaut
La santé d’une société se mesure au sort réservé aux plus vulnérables de ses membres. Voilà une conviction forte du Secours Catholique. Car si l’on s’accoutume à ce que la dignité des plus faibles soit bafouée, c’est la promesse de fraternité qui soude notre société, celle de nous traiter comme des êtres humains, qui est rompue. Or la mondialisation de l’indifférence, fustigée par le pape François, nous menace. « Au moins à l’époque il y avait un peu d’attention face à de telles situations, estime un groupe de personnes en précarité. Aujourd’hui les rues de Toulouse sont pleines de SDF mais plus personne ne les voit ».
Trente ans en arrière, la lutte contre l’exclusion a su souder notre pays qui en a fait sa grande cause nationale, par-delà les appartenances partisanes. S’en est suivi un réel mouvement de recul de la pauvreté dans les années qui ont suivi. En 2008, la loi réaffirme que « La lutte contre la pauvreté et les exclusions est un impératif national (…) et une priorité de l’ensemble des politiques publiques ».
En 2015, la France s’engage devant les Nations unies à éliminer l’extrême pauvreté d’ici 2030. Mais, de tous les pays européens, elle est celui qui prend le moins au sérieux cet engagement. Dans son rapport de septembre 20256 , la Cour des comptes reproche d’ailleurs à l’État de ne s’être donné aucun objectif chiffré dans la lutte contre la pauvreté. L’heure est donc au sursaut collectif et à l’adoption d’objectifs structurants pour l’action publique. Dans un pays divisé, une mobilisation générale pour éliminer la grande pauvreté pourrait devenir un objet de fierté partagée et rassurer chacune et chacun sur le fait que la société ne laisse aucun de ses membres au bord de la route.
- Cour des Comptes, Le pilotage par l’État de la politique de lutte contre la pauvreté, mai 2025

