PARIS : Rapport 2025 – « Un service public pour tous…
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PARIS : Rapport 2025 – « Un service public pour tous, vraiment » ?
Rapport sur l’état des services publics 2025.
« Un service public pour tous et toutes, vraiment ?
Quand les inégalités dépassent la question territoriale”.
Le collectif Nos services publics publie ce jour son troisième rapport annuel sur l’état des services publics, consacré à l’égalité d’accès aux services publics, et intitulé « Un service public pour tous et toutes, vraiment ? Quand les inégalités face aux services publics dépassent la question territoriale”.
Au travers de ses 300 pages d’analyse mêlant données statistiques, analyses juridiques et témoignages de terrain, le rapport met en lumière une réalité préoccupante : l’accès aux services publics se fragmente, se complexifie, et ne permet pas de garantir des droits universels.
Ce rapport est nourri d’une analyse détaillée sur six secteurs – santé, éducation, enseignement supérieur, logement, eau, services administratifs – ainsi que quatre zooms territoriaux, sur le Jovinien dans l’Yonne, Saint-Paul à la Réunion, Meylan en Isère et Villeurbanne dans le Rhône, qui illustrent et enrichissent ces analyses par des récits de vie.
Trois principaux messages se dégagent de ce rapport :
1. Le patrimoine de ceux qui en ont déjà ? Un accès aux services publics de plus en plus difficile.
Le recul des implantations territoriales de services publics « historiques » (guichets, poste, éducation) sans être uniforme, a été marqué durant les 40 dernières années. Sa compensation par la présence de maisons France services, si elle permet un retour de l’accompagnement humain, souffre de limites réelles, en particulier pour les publics les plus vulnérables. L’implantation territoriale ne suffit pas à garantir l’accès aux services publics, et l’accès aux services n’est qu’une dimension de l’accès effectif aux droits.
2. Ni France des villes, ni France des champs, mais un recul de l’accès aux services publics qui nourrit des fractures sociales.
Il conduit tout d’abord à un recul des droits : renoncement aux soins, accès limité au logement social ou à l’eau, non-recours aux droits sociaux. Si l’Outre-mer, les territoires ruraux enclavés ou les quartiers populaires sont tendanciellement délaissés, les fractures sociales analysées ne recoupent pas la distinction schématique « rural / urbain », mais laissent plutôt place à une multiplication des clivages et exclusions.
3. Et si l’égalité devenait un objectif ? Des leviers identifiés pour endiguer cette aggravation des inégalités.
Nous identifions des mécanismes institutionnels qui tendent non pas à compenser ces inégalités mais à les aggraver automatiquement, en particulier dans l’allocation des moyens aux services publics. Sont notamment concernées :
- l’affectation des professionnels, les moins expérimentés et les moins payés étant plus nombreux dans les endroits réputés les plus difficiles ;
- la multiplication des financement par projets, qui donnent tendanciellement plus aux services publics les mieux dotés,
- ou encore les mouvements de décentralisation qui n’ont pas été accompagnés des moyens suffisants.
Ce rapport donne des outils d’analyse pour essayer de penser les inégalités d’accès au service public. Il se donne également comme ambition d’identifier des leviers concrets d’action : si demain l’égalité d’accès était un réel objectif de service public, peut-être faudrait-il commencer par revenir sur les mécanismes agissant en sens contraire.
Collectif Nos services publics :
Fonctionnaires, contractuels, agents de la sécurité sociale, etc. nous sommes un collectif d’agents chargés de la conception, de l’évaluation et de la mise en œuvre des politiques publiques et engagé·e·s pour retrouver le sens qui fonde nos missions au quotidien.
Ce sens du service public, nous le voyons se déliter de plus en plus, du fait du manque de moyens, de modes de fonctionnement pesants, de déconnexion des décisions de l’intérêt des citoyens et des citoyennes ou de l’absence de vision à long terme. Dans le contexte de crise multiple que nous connaissons, nous pensons qu’il y a urgence à défendre une autre vision du service public, construit avec les usager·e·s et les agents publics, au service des citoyen·ne·s et de l’intérêt général.

