TANNERON : Alix ABELLO, le mimosa 2.0
Au cœur de l’hiver, la Côte d’Azur se pare d’un soleil nouveau.
Celui des mimosas en fleurs. Dès la fin décembre et jusqu’au début du mois de mars, les collines du Tanneron s’embrasent de jaune, les vallons s’illuminent d’un éclat tendre et l’air se parfume d’un souffle chaud et poudré.
Bienvenue sur la Route du Mimosa, le plus doux des itinéraires d’hiver de Bormes-les-Mimosas à Tanneron, 8 communes -du Var et des Alpes-Maritimes- célèbrent la plus lumineuse des fleurs d’hiver. L’occasion de troquer les doudounes contre les lunettes de soleil !
Sur la Côte d’Azur, l’hiver n’est pas une saison, c’est un état d’âme. On y roule les fenêtres ouvertes et l’air porte un parfum d’or. Pour les gourmands, le mimosa se décline en glaces, en sirops, en douceurs sucrées.. Dans les maisons, il s’invite sous forme de bougies et de parfums d’ambiance… On se perd dans les ruelles des villages, sur les sentiers, à la rencontre des mimosistes… Et quand on repart, on peut garder sur soi quelque chose de cette lumineuse Côte d’Azur, comme un éclat d’or coincé entre deux pages de carnet et une promesse de printemps.
LES VILLES DE LA ROUTE DU MIMOSA :
Bormes-Les Mimosas
Rayol-Canadel sur Mer
Sainte-Maxime
Saint Raphael
Tanneron (Pays de Fayence)
Mandelieu-La Napoule
Pégomas
Grasse (Pays de Grasse)
Avec le précieux soutien de COTE D’AZUR FRANCE TOURISME et VAR TOURISME.
Alix Abello, le mimosa 2.0
Des collections de bikini au Brésil, de la restauration à Mandelieu jusqu’aux… champs de Pégomas, il n’y a qu’un pas. Ou presque. Alix Abello a « quelque peu baroudé » avant de reprendre l’exploitation créée par son grand-père (qui y a travaillé jusqu’à 90 ans) et un grand-oncle. Le retour sur sa terre promise était sans doute dans l’ordre naturel des choses. « J’ai grandi là, j’étais tout le temps derrière mon grand-père. Il y a une sorte de continuité, de dynamique à reprendre le flambeau qui avait sauté une génération », confie le quadragénaire. Cet ancien élève au lycée horticole d’Antibes a donc poursuivi l’œuvre construite à la force des bras par ses aïeux. « La légende dit qu’ils sont partis à dix bonhommes du bas de la colline pour arracher des chênes, des pins, à la charrue. Ils dormaient trois à quatre heures par jour.
Ils ont mis un an pour l’aménager, planter… », racontet-il. Aujourd’hui, l’exploitant possède une dizaine d’hectares, dont un tiers de mimosa pour une récolte annuelle de 30 tonnes effectuée avec l’aide d’une dizaine de personnes en saison. Une grande partie est envoyée en parfumerie en respectant un cahier des charges très strict. Le reste est exporté en Hollande pour les bouquets. Mais Alix Abello explore d’autres pistes qui tendent à moderniser l’offre autour de ce végétal qu’il considère « comme la plante écolo numéro 1, sans parasite, sans besoin de pesticides et sans arrosage ». En partenariat avec le grand chef, anciennement doublé étoilé à l’Hôtel Martinez à Cannes, Christian Sinicropi, il œuvre à la conception d’un inédit thé au mimosa millésimé. « On défait glomérule par glomérule. Puis on sèche et affine légèrement, détaille-t-il, afin de créer une combinaison avec des thés d’ombrage. Quand on boit ce thé, on voyage à travers l’odeur du feuillage et des racines de la terre de ce massif si particulier. »
Une manière parmi d’autres de donner un élan supplémentaire à la filière. De monter en gamme aussi « avec cette fleur très compliquée à travailler ». Si le producteur reconnaît « être de plus en plus loin de ce que faisait le grand-père », l’essence même des origines demeure : « pour moi le mimosa n’est pas seulement une fleur, c’est un héritage vivant, présent dans la mémoire et le cœur de nos aînés. Hier, admiré pour sa beauté et son parfum, demain je suis persuadé qu’il continuera de surprendre à travers de nouvelles créations, notamment le parfum ou le culinaire », estime-t-il. Effectivement, les temps changent. L’ère du « mimosa 2.0 » est lancée.