PARIS : Ça commence aujourd’hui « Bataclan : 10 ans a…
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PARIS : Ça commence aujourd’hui « Bataclan : 10 ans après, où en sont-ils ? », jeudi 13 novembre sur France 2
Du lundi au vendredi à 13h55 sur France 2, les invités de Faustine Bollaert partagent leurs témoignages.
Dix ans se sont écoulés depuis la nuit du 13 novembre 2015. Ce soir-là, au Bataclan, des dizaines de personnes ont perdu la vie, des centaines ont été blessées et des milliers d’autres marquées à jamais. À l’occasion de ce triste anniversaire, Ça commence aujourd’hui consacre une émission spéciale à celles et ceux dont le destin s’est brisé, mais qui ont trouvé la force de se reconstruire. Autour de Faustine Bollaert, rescapés, témoins et acteurs de cette nuit reviennent sur leur parcours : Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du RAID, revient sur la complexité d’une intervention sans précédent. Arthur, survivant du Bataclan et président de l’association Life for Paris, évoque le long travail de résilience mené avec d’autres victimes. Maximilien et Chantal, dont le lien est né dans l’épreuve, racontent cette rencontre improbable entre un survivant et celle qui lui a ouvert sa porte. À travers leurs récits bouleversants, ils reviennent sur la force du lien humain, la résilience et la mémoire d’un événement qui a marqué toute une génération.
- JEAN-MICHEL FAUVERGUES, 68 ans, ancien chef du RAID (2013-2017)
« Mon rôle c’était de diriger cette unité, parfois au péril de leur vie. En tant que chef, on a toujours au fond de l’âme cette angoisse terrible : celle de ne pas ramener tout le monde chez soi. Le souvenir du Bataclan est gravé à jamais dans ma mémoire. Je suis entré en premier. Ce que j’ai vu en arrivant, c’était un tapis de corps. L’esprit humain normalement constitué ne peut pas imaginer un tel massacre. Pour avancer, nous traînions volontairement les pieds afin de ne pas marcher sur les cadavres ou sur les blessés. Je n’avais jamais vu un tel amoncellement de cadavres. Psychologiquement, à un moment, ça bloque. J’ai dû me concentrer sur un souvenir heureux. Nous étions confrontés à quelque chose d’inédit en France. Des kamikazes ».
- ARTHUR, 39 ans, président de l’association Life for Paris
« Le soir du 13 novembre 2015, j’étais un mec de 29 ans, heureux, insouciant. Fan de musique, j’étais venu voir les Eagles of Death Metal. Au bout de 40 minutes, j’ai entendu un bruit de pétard, puis j’ai compris que c’était une arme automatique. J’ai été projeté au sol. J’ai rampé sur des corps jusqu’à la sortie. J’ai pris conscience de la gravité de ce qu’il m’était arrivé bien plus tard. Ces cinq minutes d’horreur ont changé ma vie. J’ai dû faire le deuil de moi-même. Aujourd’hui, je vais bien, je suis plus fort. Depuis ce 13 novembre, il n’y a pas un jour où je ne me dis pas que je suis heureux d’être vivant ».
- Maximilien, 35 ans, Paris
« Le soir du 13 novembre, j’ai retrouvé des amis près du Bataclan. Je n’étais même pas censé aller à ce concert. Placés au balcon, nous avons entendu les coups de feu. Je me suis caché derrière un siège, puis j’ai vu un des assaillants, très calme, avec une arme immense. Quand j’ai atteint le rez-dechaussée, j’ai vu un océan de corps, mais je ne pouvais pas m’arrêter. Je suis parvenu à sortir, seul, sans savoir ce qu’étaient devenus mes amis. J’ai trouvé refuge chez Chantal, une inconnue qui a ouvert sa porte aux rescapés. J’étais perdu, épuisé, mais j’ai trouvé là un soutien et une bienveillance inespérés. Ce drame m’a brisé, mais m’a aussi offert une rencontre précieuse, un lien qui dure encore aujourd’hui ».
- Chantal, 71 ans, Lanvollon (Côtes d’Armor)
« Le soir du 13 novembre, je dînais avec ma famille quand on a compris ce qu’il se passait au Bataclan. En quelques minutes, j’ai recueilli une vingtaine de rescapés chez moi. On leur a donné des vêtements, des gâteaux. J’ai même soigné une blessure avec du whisky ! Je me souviens de visages hagards, du silence, de la peur. Et puis il y a eu Maximilien. On a continué à se voir, il est resté vivre quelque temps avec nous. Aujourd’hui, il fait partie de notre famille. C’est le fils que je n’ai pas eu, et il le restera toujours »
Avec les spécialistes : Marc Geiger, avocat et Natacha Espié, psychologue.

